Archives : quand on parlait de la poule élite/Pro D3 en janvier 2016…

Pro D3 ou Elite amateur : Pures conneries !

fearTech XV a proposé à la FFR la création d’une pro D3 calée sur feu la promotion nationale et l’UCRAF propose une élite amateur à 10 clubs. Aucune de ces propositions ne peut fonctionner pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, l’idée maîtresse d’une troisième division professionnelle est de vouloir mieux préparer les clubs à la pro D2. Rien qu’en écrivant cette phrase, il y a une petite voix qui rigole dans ma tête. Pour préparer à la deuxième division professionnelle, nous créons une division professionnelle. Nous allons donc avoir les mêmes contraintes, mais pas les mêmes avantages. Moins d’exposition, moins de budget, des joueurs théoriquement moins bons et des partenaires moins intéressés. Parce qu’il existe cette constante que plus vous descendez dans les divisions, moins le montant des sponsors est important. Financièrement parlant, quel est l’intérêt pour des investisseurs à participer à un championnat moins exposé ? De l’autre côté, nous avons une élite à 10 clubs. Là aussi, la petite voix rigole. 10 clubs ! 18 matches et une promotion dans une division où l’on joue 30 matches ? Encore un fossé qui ne peut être comblé en 3 mois de préparation, c’est prouvé, c’est ce qui se passe actuellement.

Créer une division ou un championnat intermédiaire, c’est déplacer le problème, pas le résoudre. Pourquoi les budgets ont explosé en fédérale 1 ? Parce que les vannes sont toujours fermées et qu’il faut de plus en plus de moyen pour accéder au monde professionnel et y rester. Bourg-en-Bresse s’est planté, Massy s’est planté, Périgueux s’est planté, Limoges s’est planté, Lannemezan s’est planté, Saint Etienne s’est planté, Pays d’Aix s’est planté, Gaillac s’est planté, Blagnac s’est planté. La moitié de ces clubs a connu une relégation financière. Les seuls clubs qui ont réussi sont les clubs qui avaient une histoire en pro D2 : Béziers, Colomiers, Montauban, Grenoble, Bègles, Grenoble et Aurillac.

Depuis la réforme Duzan de 2010 et le resserrement du nombre de clubs par division, beaucoup de clubs ont connu des problèmes financiers, les ressources ont baissée de 10%. Il y a 10 ans, un club de fédérale 1 avec un budget de 1 millions d’euros jouait la montée, aujourd’hui il joue le maintien avec cette somme.

Quelles sont les solutions ?
Ouvrir les vannes, revenir en poules de 12 au niveau amateur et accepter des clubs semi-amateurs en pro D2. Avec l’augmentation des droits de diffusion, la pro D2 aurait très bien pu se reconstruire avec 2 poules de 12, une descente par poule, des derbys et un calendrier calé sur la fédérale. Cohérence, c’est ce qu’il manque dans tous les projets proposés. On arrive avec des idées sans faire de projection et analyser ce qui ne marche pas. La promotion nationale n’a pas marché. Pas de médiatisation, des frais de déplacement qui explosent et des clubs qui ont galéré pour se reconstruire.

Le rugby pourrait se permettre d’avoir 40 clubs professionnels, mais sur 2 divisions seulement. Top 14, pro D2 avec 24 clubs en 2 poules, fédérale 1 à 48 clubs, 2 relégations par poule, fédérale 2 à 96 clubs et fédérale 3 à 192 clubs. C’est simple, c’est pyramidal et ça réduira la flambée des budgets avec moins de pression pour la relégation et une passerelle pro/amateur plus douce qui laisse le temps aux clubs de se construire sur le terrain professionnel. Toute solution proposant une nouvelle division aura l’effet inverse.

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11 réponses à Archives : quand on parlait de la poule élite/Pro D3 en janvier 2016…

  1. armand dit :

    Et même un TOP 12 qui aurait le double avantage de réduire les fameux doublons et limiterait le nombre de clubs pro à 36 (12+24): une augmentation de 20% (de 30 à 36) ne me paraît pas rédhibitoire quand on avance constamment la vision d’un rugby élargi à tout le territoire.
    Qu’ elle s’appelle « élite » ou « accession » la poule 1 de fédérale 1 n’a guère de raison d’être : il suffit de lire les échanges actuels sur lrs clubs retenus par la DNACG à jouer la montée, pour comprendre que c’est une mascarade.

  2. Le Dromois dit :

    Bonjour Olivier,
    Aujourd’hui le vrai débat est : le rugby est-il en train de se mordre la queue. Autrement dit, les diffusions à haute dose, sur Canal Moins en particulier, n’ont-elles pas un effet pervers allant à l’inverse du but recherché, suite au KO en direct du jeune de Clermont et au rugby stéréotypé et ennuyeux pratiqué par toutes les équipes? Les audiences baissent, les stades sont moins garnis, la FFR perd des licenciés et elle se ridiculise en vidant Guy Novés d’une manière peu courtoise, mais….. heureusement les tiroirs caisse des clubs sont pleins. Qu’en pensez-vous?
    PS: on parlera de l’EDF après le tournoi.
    Cordialement.

  3. Allez Massy dit :

    Bonjour Olivier,

    « Massy s’est planté » ? « Les seuls clubs qui ont réussi sont les clubs qui avaient une histoire en pro D2 » ?, je trouve bizarre que tu nous embarques de force par ces phrases dans ta démonstration !!!

    Pour rappel, Massy a joué une demie d’accession au ProD2 en 2011 (perdue à Périgueux), a connu sa première promotion en 2012, a été relégué sportivement en 2013, est remonté en 2014, a été relégué sportivement en 2015, a joué une demie d’accession au ProD2 en 2016 (perdue face à Vannes) et est remonté en 2017…. et est actuellement en situation de réussir son maintien en fin de saison.

    Tu disais planté ??? Au vu du parcours de ces 8 saisons, je dirais plutôt que Massy est en train de réussir son pari de s’ancrer en division professionnelle malgré le plus faible budget pro de la division (et le plus fort budget associatif?) grâce à sa politique de formation. Et avec depuis l’ère Tingaud (préalable à la période évoquée), une gestion budgétaire de bon père de famille.

    Je ne rentre pas dans ton débat sinon pour dire que la poule « élite » de Fed1 créée la saison dernière a probablement offert les conditions de la préparation sportive au marathon de la ProD2, avec 18 matchs « difficiles » à jouer au cours de la saison et une date de fin de championnat permettant bien mieux qu’auparavant de préparer la saison en ProD2 que ce soit en terme de préparation physique que de renforcement de l’effectif.

    Non, on ne peut écrire décemment que Massy (dont 10 ex-joueurs issue de sa formation étaient par ailleurs alignés le dernier week-end sur les pelouses du top14) s’est planté.

    • Olivier dit :

      Bonjour,
      Cette article date de 2 ans et oui, à l’époque les montées de Massy en pro D2 ont été un échec.

      Espérons que cette année soit la bonne…

  4. Barack dit :

    Vannes a réussi. Angoulême a réussi. Nevers a réussi. Massy a réussi. En 3 saisons, 40% de la ProD2 se sera renouvelée, sans descente financière.
    La poule d’accession est donc un succès. Elle prépare au monde professionnel.
    Je terminerai qu’il y aucune raison de changer le championnat et le format de ProD2 qui fonctionne. Aucun club de ProD2 n’y sera favorable.

    • Olivier dit :

      Je répète, l’article date de janvier 2016 et mettait déjà en-avant les problèmes qui se sont accentués depuis…

  5. Doudds dit :

    D’accord avec Barack et Allez Massy car les faits plaident pour eux . J’ajouterai que l’arrivée de l’Equipe 21 amène à la fois une visibilité qui est un + pour les sponsors et pour attirer les joueurs et donne une image valorisante du rugby , car moins Golgoth.
    Le problème est que le CC financier type PD2 est trop lourd pour des clubs qui viennent se rôder . Le sportif devrait primer jusqu’à la fin du championnat.Et le tri s’effectuer après, ou alors ré basculer les 2 premiers non sélectionnés pour les PO d’accession en PO Jean Prat . Mais le filtre de la fed 1 access a en tout cas fait ses preuves. Il faudrait peut-être élargir la base pour avoir 12/13 clubs tout en gardant le tamis fin pour les critères de montée.

    • Olivier dit :

      JE re-reépète, l’article date de janvier 2016 et le constat à l’époque parlait des clubs en difficultés, difficultés toujours présentent et qui s’accentuent…

  6. Le Dromois dit :

    Bonjour, Décidément et à l’image de la forme de son ballon, le rugby « bleu blanc rouge » ne tourne pas rond. La FFR vient en effet de publier la liste de cinq clubs de Fédérale 1 Elite dont les dossiers sont en règle pour jouer la montée en Pro D2.: Aix en Provence, Rouen, Tarbes, Albi et Bourg en Bresse. Les autres clubs dont les dossiers n’ont pas été acceptés sont donc condamnés à finir la saison sans aucun objectif, hormis le fait de ne pas finir dernier. Changer de règlement en cours de saison ne me parait pas vraiment catholique car à partir de ce moment le championnat est faussé. Je prends l’exemple de Roval Drôme XV, fusion de Romans et Valence, dont les dirigeants annonçaient avec force leur ambition de jouer la montée, histoire de fédérer des sponsors et de se faire bien voir des politiques donneurs de subventions. Aujourd’hui ils ont le bec dans l’eau vu que leur dossier n’était pas carré.
    Pas très sérieux tout ça……
    Cordialement.

  7. Olivier dit :

    Sauf que ce n’est pas le changement de règlement qui a retoqué le Roval Drôme, c’est le fait d’avoir « omis » une provision suite à un redressement URSSAF en 2015 qui fait que les fonds propres ne sont plus dans les clous (>= 100 000 euros).

    Je n’invente rien, c’est le communiqué du club du 9 janvier qui le dit…

    • Le Dromois dit :

      C’est exact, mais alors pourquoi la FFR a laissé Roval Drôme XV s’engager en Elite en sachant que le club était plombé par l’Urssaf? Ce n’est quand même pas clair.

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