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division Nationale : et si ça foire ?

a-t-on prévu le coup d'après ?

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il y avait un règlement, il y avait des process en place qui permettaient de réguler au mieux les clubs de fédérale 1. Un championnat, qui contrairement à ce qui était affirmé n'était pas si déséquilibré que ça, sauf pour les trois ou quatre ténors et des clubs qui jouaient le jeu. Ceux qui continuaient à prendre des risques financiers ou bien ne pas respecter les règles, étaient rattrapés par la patrouille. Ils avaient ensuite, et c'était nouveau, une proposition de la FFR pour les aider à rentrer dans le droit chemin. Bref à l'arrivée, après deux saisons, un seul club avait été sanctionné. 

Le covid est arrivé et là tout est parti en vrille. Pas de relégations, mais des promotions, ce qui fait que cela a bouché en Fédérale 1 et eu un effet Destop en Fédérale 3. Les dirigeants fédéraux se sont aperçus qu'en année électorale, il n'était pas bon de faire un championnat ou 30% des clubs seraient relégués à la fin de la saison suivante. De ce fait, la solution de la division intermédiaire était proposée. Au lieu de faire un vote démocratique par internet, un lobbying bien organisé a permis d'obtenir une adhésion plutôt controversée par la suite. 

La division Nationale est là et bien là, petite fille de la promotion nationale et fille de la poule d'accession.

Or, depuis cette nouvelle organisation, il semble que certains clubs recrutent à tout va, notamment des joueurs passés récemment par le Top 14 ou la Pro D2, et ce, pas seulement pour la Nationale, mais aussi pour la Fédérale 1. C'est le retour de la surenchère. Or, en nationale, la moitié des clubs a déjà connu des problèmes financiers, voire même pour certains des faillites. On peut donc considérer qu'il y a danger pour la suite et vues les sommes engagées en situation post-covid par certains clubs, avec une baisse annoncée de 30 à 40% du sponsoring, l'équation semble compliquée à résoudre. 

La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s'attendre à un résultat différent (Albert Einstein)

Et puis, il y a le chant des sirènes, penser que des annonceurs vont résoudre les problèmes, des droits TV, du naming? On oublie que l'on parle de la troisième division nationale et que le rugby a cette particularité d'être le deuxième sport médiatisé alors que c'est la huitième fédération en terme de licenciés. Donc jusqu'à quel point, les annonceurs et diffuseurs vont être intéressés ? Si on a le choix entre la première division de handball et la troisième de rugby, quel championnat a le plus de potentiel ? N'oublions pas que les sports collectifs d'intérieur ont ces avantages d'avoir des temps morts, des mi-temps plus courtes et surtout une facilité de diffusion que l'on n'aura pas spécialement lorsque l'on joue de nuit sur un terrain pluvieux?

Que va-t-il se passer si ça ne marche pas ?

Par deux fois, le resserrement de la troisième division a montré que ce n'était pas viable. Des clubs font faillite et le ratio charges/recettes ne plaide pas en faveur d'une économie bénéficiaire. Si, comme la poule d'accession, ce championnat venait à disparaitre, la situation serait plus compliquée car nous avons 12 clubs de trop et il faudrait de toute façon rétrograder au moins vingt clubs pour revenir à une division équilibrée de 48 clubs, voire plus, si encore un génie souhaitait ré-essayer de réduire la voilure en Fédérale 1. Si c'est le cas, on pourra dire que Maurice Buzy-Pucheu a été un visionnaire lorsqu'il a parlé de réguler la fédérale 1 à 60 clubs l'année suivante.

Toutefois, bon vent à cette division nationale, qui aura quand même un sacré avantage pour rugbyfederal : augmentation du trafic de 20% pour la saison prochaine, ce qui sera, de toute évidence, plus facile à vendre à nos annonceurs. Tout le monde n'en sort pas perdant?

 

 

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