Chronique d'une victoire difficile

Bernard Laporte élu

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51,47% des voix? Les médisants ne pourront plus dire qu'il n'y a pas de démocratie à la FFR et que l'on assiste à une élection Stalinienne. Jamais dans le sport, dans une fédération il n'y a eu autant de débats, de prises de positions et de propositions. 

Tout d'abord, félicitons le perdant. Il y a mis les moyens, les convictions, les arguments pour essayer de renverser l'équipe en place. Le score est-il flatteur ? Oui, surement, mais cela reste une défaite et l'opposition, tout en gagnant quelques sièges restera un faire-valoir pour les 4 prochaines années. Tout au plus 9/10 élus sur 38 qui siègent au Comité Directeur. 

Personnage clivant, attachant ou haïssable, Bernard Laporte rempile donc pour un deuxième mandat afin de continuer sa politique mise en oeuvre il y a 4 ans. Deuxième et dernier mandat, puisqu'il l'a instauré, un président ne peut plus faire plus de 8 ans. 

Pourquoi un score si serré ?

La première raison vient surement du renouvellement des présidents de clubs. En effet, combien de nouveaux présidents ont pris place en 4 ans et donc ne pouvaient comparer l'ancienne mandature avec la nouvelle. De ce fait, l'argumentation de l'opposition sur une gestion hasardeuse, le fait de pointer des actions judiciaires à venir ont pu convaincre ces nouveaux présidents d'un retour à l'ancienne gouvernance.

L'autre point est la gestion COVID. Trop vite mise en oeuvre, la réforme des fédérales 1 et 3 se sont faites sans vraiment d'analyse cohérente. On a fait appeler le président pour convaincre de la nécessité d'un changement alors qu'un vote à distance aurait été plus juste. Plus juste car tous les clubs se seraient exprimés, pas seulement les clubs intéressés par la nouvelle organisation ou bien menacés de rétrogradation. On a occulté tous les clubs qui étaient en milieu de tableau et qui eux, représentaient la majorité. Certains clubs se sont rendus comptes aussi, qu'ils étaient descendus d'un niveau. Dans les séries territoriales, l'effet domino a appauvri certains secteurs et cela n'a pas jouer en la faveur de l'équipe dirigeante.

Enfin, sur cette élection, il y a eu un vrai adversaire. L'échec de Pierre Camou en 2016 a montré qu'il fallait être mieux préparé, mieux organisé et séduire à nouveau un électorat qui les avait lâchés il y a 4 ans. 

Ce n'est pas passé loin mais tous ces points n'ont fait perdre que 3 % à Laporte par rapport à 2016 avec une mobilisation encore plus importante. Le noyau dur de clubs est donc encore là, confiant en la politique menée, avisé des résultats et des bienfaits pour le rugby amateur des actions mises en place. Mais il y a aussi un électorat défiant qu'il faudra convaincre à tout instant. 

Quoiqu'on en dise, la redistribution de ressources, la mise en place des CTC, l'allègement de contraintes comme les amendes administratives et les obligations ont redonnés du souffle aux clubs. Ces actions commencent à porter leurs fruits, puisque la courbe des licenciés semble repartir à la hausse. Reste nos équipes de France qui ont montré de belles choses sur ces dernières années. Le 7 a franchi un cap et notre XV de France a réalisé de belles prestations sous la houlette de Fabien Galthié.

C'est reparti pour un tour et nous sommes en route pour la coupe du monde 2023 qui sera l'achèvement de la gouvernance Laporte et le début d'une nouvelle ère.

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