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L'impact du racisme dans le sport

Grand chelem mais quand même weekend de merde

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Je voulais célébrer le Grand Chelem a ma façon, mais ce weekend a été très particulier et douloureux. Je vais vous raconter une histoire qui est liée au décès, en fait non, au meurtre de Federico Martin Aramburu, ex-international de rugby argentin ayant fait sa carrière en France.

Mais revenons à mon histoire. Je joue en loisirs dans un club de basket. Pourquoi me direz-vous ? Probablement par confort et ne pas jouer dehors l'hiver. Je joue avec des anciens qui ont un sacré niveau mais aussi des plus jeunes. C'est le cas de Vincent qui est arrivé cette année et qui s'est investi de façon remarquable en entrainant l'équipe 2 qui ne gagnait pas un match avec des joueurs démotivés. Pour info et même si je n'aime pas l'écrire, Vincent est noir. C'est important pour la suite de l'article.

Vincent est ouvert aux critiques et nous demande souvent des conseils pour gérer son équipe. L'équipe commence à gagner, les joueurs sont présents à l'entrainement, une dynamique est créée. Toutefois, le dernier match à domicile s'est mal passé. L'équipe menait à la mi-temps mais a connu un passage à vide en début de troisième quart-temps. Les joueurs ont commencé à s'énerver et notamment à cause de décisions arbitrales. Bref, match perdu de façon stupide. 

Vincent est venu nous voir et je lui ai dit que l'arbitre une fois qu'il a sifflé ne reviendra pas sur sa décision et donc qu'il faut apprendre à vivre avec et être concentré sur le match. Le rapport à l'arbitre n'est pas du tout le même qu'en rugby.

Et puis ce weekend, nous avons joué dimanche matin et nous sommes restés pour voir le match de l'équipe féminine, chose que les loisirs font pour les encourager. A la fin, un joueur de l'équipe 2 nous apprend que Vincent a eu une faute technique la veille lors du match contre le leader de la poule. Cela nous a fait rire et j'ai posté un message à ce sujet sur notre groupe WhatsApp. Message qui avait un ton formel pour amener l'humour dans la deuxième partie.

La réaction de Vincent a été très violente, me traitant de tous les noms. Personne n'a réellement compris ce qu'il se passait. Bien sûr, de mon côté, j'en ai rajouté sur le ton de l'ironie pensant qu'il verrait le décalage entre les écrits et sa réaction. 

Je reçois donc un message privé me disant qu'on allait s'expliquer mercredi avant l'entrainement. Chose à laquelle j'ai répondu : j'ai l'impression que tu n'as pas capté que c'était de l'humour, lis jusqu'à la fin. Vincent a fini par présenter ses excuses, mais au delà de ça, m'a expliqué que ça avait fait ressortir de vieilles blessures liées au racisme quotidien dont il a été et est victime avec des gens qui le regardent de haut. 

Cette histoire me rappelle donc que je suis privilégié uniquement par la couleur de ma peau, voire ma nationalité. Et même si je n'ai absolument aucune pensée raciste, antisémite ou xénophobe, parfois, une note d'humour incomprise peut faire mal et réveiller des choses qui n'auraient jamais du exister.

Vincent, c'est donc à moi de te présenter mes excuses.

Je dédie cet article à Federico Martin Aramburu qui a été assassiné ce samedi par un extrémiste Français, simplement parce qu'il n'était pas natif de France. Toutes mes pensées vont à ceux qui le connaissaient, famille, amis, collègues et supporteurs.

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