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La fédérale 1 en faillite

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FFR-ma-tuerLille dépose le bilan et demandera la liquidation judiciaire de la SAS ce lundi. L'association devrait aussi déposer le bilan, sans savoir s'il y aura redressement ou liquidation. On peut parler de gâchis, de mauvaise fortune. Le constat est très lourd pour le rugby cette saison. Déjà deux clubs en liquidation, Rodez, Bergerac rétrogradés administrativement, Chalon sur Saône qui disparait, sans parler des contrôles URSSAF dans pratiquement tous les clubs. On peut s'en prendre aux dirigeants, c'est normal, ils sont les premiers responsables. Mais quand il y a autant de clubs dans le rouge, qui détournent la loi ou qui se retrouvent en faillite, il faut quand même se poser les bonnes questions. Cela fait des années que la situation empire. Georges Duzan a mis en marche des changements et des réformes mal pensés sans en analyser les effets néfastes qui aujourd'hui sont plus importants que les bénéfices escomptés. Voici les points qui flinguent le rugby et dont il faut se débarrasser au plus vite. 1 - poules de 10 Cela fait des années maintenant que c'est en place, que les clubs n'en veulent pas, que les sponsors n'en veulent pas, que les supporteurs n'en veulent pas, que les joueurs n'en veulent pas et que Duzan n'écoute pas. C'est avant tout une question économique. Ne pas jouer au rugby contribue au désintéressement général 2 - masse salariale bloquée à 30% du budget Ce n'est pas un spécialiste des budgets de club qui a eu cette idée. Cette limitation a été mise en place afin d'éviter que la majorité du budget passe au financement de l'équipe première. Pourtant, les dirigeants savent très bien combien coute une école de rugby, les équipes de jeunes et l'administratif. Ce qui veut dire que pour être compétitif, les clubs vont utiliser tous les artifices possibles pour passer outre cette limitation. On en revient aux bonnes vieilles indemnités kilométriques, on met en place des auto-entrepreneurs et l'on paye des salaires de misère. Si l'on voulait montrer l'exemple pour la précarité de l'emploi, c'est gagné. 3 - les licences de couleur Là encore, comment n'ont-ils pas vu sentir la perversité du système : le chantage à la licence blanche. J'ai 4 ans de licence, je ne suis pas un super joueur, mais je négocie un salaire sans jouer pour que le club puisse remplir les conditions imposées sur les feuilles de match. D'autre part, quelle est donc cette idée consanguine de vouloir faire rester un joueur dans un club ? Est-ce que Barcella aurait eu cette carrière avec ce principe de licence ? Valence d'Agen l'aurait-il laissé partir pour Auch ? Et Auch, l'aurait-il laissé partir à Biarritz ? Et aurait-il joué en équipe de France ? Parce que nous, le Fabien Barcella qu'on a connu sur RF, c'était déjà le meilleur pilier du championnat alors qu'il était juste sevré. On dit que c'est pour éviter le pillage. Il y avait déjà un règlement qui permettait aux clubs de refuser des mutations si cela mettait en danger l'équipe concernée. N'était-ce pas suffisant ? 4 - le cahier des charges pour monter en pro D2 Imaginez que vous êtes sur une liste pour une promotion. Cette promotion multiplie par 2 votre salaire. Or pour obtenir cette promotion, on vous demande déjà d'aménager votre bureau, à vos frais avec un super ordinateur, un bureau en bois exotique et de vous habiller avec des costumes sur mesure. Mais on ne vous promet pas cette promotion car vous êtes en compétition avec d'autres personnes. C'est exactement le principe du cahier des charges. Depuis quand, dans un système économique, on demande à un projet d'en être déjà à l'étape suivante alors que la marche n'est pas franchie ? Oui, les dirigeants sont les premiers responsables. Il est important de ne pas faire plus que ce qu'il est possible de faire. Des clubs réussissent avec des gestions strictes, mais ce n'est pas la majorité. Il faut changer les règles. Il faut que les clubs soient en mesure de faire ce qu'ils entendent de l'argent qu'ils ont. Il y aura toujours des clubs formateurs et des clubs qui se construisent autour de l'équipe première. Ce sont des choix stratégiques qui ne méritent pas un jugement car souvent, au delà de la volonté politique, c'est aussi ce qui fait venir les supporteurs au stade.

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