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Les donneurs de leçon...

Qui ne vont plus à l'école !

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Cela faisait longtemps que je n'avais pas écrit de billet, me contentant de quelques interventions sur Facebook pour titiller l'opposition (et ça marche !).

Mais en ce vendredi 13, franchement les donneurs de leçon étaient de sortie et je dois dire que j'en ai pris pour mon grade. 

Tout a commencé ce matin, avec une déjection de l'opposition qui reprochait à Bernard Laporte de ne pas réagir face au coronavirus. Ce qui est intéressant, c'est que ce contenu a disparu au cours de la journée. Alors oui, la FFR a attendu ce matin pour communiquer à l'inverse de certaines fédérations qui dés hier soir ont annoncé : on arrête tout. Oui, c'est plus facile quand on peut jouer 2 fois par semaine comme en basket, ce qu'il s'est passé déjà cette semaine puisque certaines salles étaient réquisitionnées pour les élections de ce weekend. 

Le rugby, c'est plus compliqué car on ne peut jouer qu'une fois par semaine. C'est compliqué, notamment en fédérale 3, car le calendrier est très serré jusqu'à fin juin. Il faut donc bien sur suspendre les compétitions, mais avec quelles solutions, penser au coup d'après et déjà rassurer les clubs qui en plus sont abreuvés de fausses informations comme le gel des montées ? Bref, au final, je reprochais aux personnes qui jugeaient la non-réaction immédiate de Bernard Laporte qu'elles pouvaient par elles-mêmes prendre des mesures, choses qui ont été faites dans la plupart des départements où les présidents n'attendent pas après les autorités locales pour décider. Je me suis fait quand même traiter de connard par un président de comité départemental qui en a profité pour dire que la fédération était dirigée par des incompétents. 

Ensuite, afin d'illustrer ce qu'il se passe dans le monde, j'ai trouvé une photo de sièges vides dans un stade et j'ai fait un photomontage avec une bouteille de Corona. Le but étant de signifier la désolation qu'un petit truc de rien du tout peut provoquer. Et je ne sais pas pourquoi, certains y ont trouvé de l'humour et m'ont fait la leçon de ne pas respecter les morts causés par ce virus. Il n'y a rien de drôle sur la photo, comment peuvent-ils y voir de l'humour. C'est un symbole !

Pour compléter cette semaine de merde, dans la section "vintage" du club de basket dans laquelle je joue, on a perdu un pote. Il n'est pas mort parce qu'il a oublié de tousser dans son coude, il est mort d'une maladie qui continuera à faire des dégats quand le Covid 19 sera parti. Cela m'a donné envie d'écrire un texte que je vous mets ici, car ça parle d'être une équipe, qu'importe le sport, qu'importe les gens, à croire que certains l'ont oubliés...

L’équipe…

Quand on passe la porte d’un gymnase ou d’un stade, on ne sait pas ce que l’on va trouver. Notre seule motivation est de jouer. Basket, Rugby, Foot, Hand et tous ces sports qui nous rassemblent… 

On vient pour jouer, puis on vient pour progresser et enfin on vient pour les copains… Les copains… Ceux avec qui nous rions, nous pleurons, nous festoyons. Être ensembles, partager, supporter quand l’un de nous ne va pas bien, rire de nos erreurs, se moquer parfois, mais toujours être bienveillants. 

Lorsque je suis arrivé, il y a 4 ans, il y avait ce noyau dur. Pat, Cathy, les Papin, Dom, Micka, Pascal, les Nico, Caro, Jean, Les Loué, Jean Marc et Gilles. 

Gilles, on aimait bien être dans son équipe. C’était la force tranquille, le shoot facile. Parfois il râlait, parfois, il avait ce petit mot sympa. Il avait toujours le sourire les jours d’entraînement. On savait qu’avec ces gens-là, nous serions souvent au moins 10 à l’entraînement. Il riait de mes bêtises. Et puis un jour, on a su que Gilles n’allait plus jouer mais se battre pour vivre. Et là, on se retrouve gêné, parce que l’on ne sait quoi dire. On prend des nouvelles de temps en temps, parfois rassurantes, d’autres fois moins. J’ai eu l’occasion de le croiser à plusieurs reprises à Auchan. La dernière, je ne l’avais pas vu, c’était l’automne et il m’appela : hooo ! Il donnait des nouvelles rassurantes, un nouveau traitement, il parlait de revenir jouer, me demandait si Dom annonçait enfin ses fautes, que tout ça lui manquait…

Il y a des gens détestables qui vivent trop longtemps et il y a des gens biens qui partent trop tôt. Gilles était quelqu’un de bien et il est parti beaucoup trop tôt. Alors, on ne sait pas trop quoi faire, des gestes symboliques, du soutien à la famille. Il y a beaucoup de nouveaux depuis 2 ans, je voulais juste essayer, avec mes mots, de vous faire connaître Gilles. Je ne l’ai pas connu bien longtemps, mais nous étions, comme vous, dans la même équipe. 

Alors mercredi soir, si vous n’avez rien d’autre à faire, blessés ou non, ce serait bien de passer, car je pense que certains d’entre nous en aurons gros sur la patate. On a tous passé la porte d’un gymnase ou d’un stade, sans savoir ce que l’on allait y trouver. Au TAC, on a trouvé une équipe et on a trouvé des potes. Merci Gilles d’avoir été là et ce message je te l’envoie avec toute mon affection ainsi qu’à Claude que je ne connais pas et à qui, je me permets de présenter les condoléances de l’équipe vétéran dont tu as été un pilier.

Et comme on dit dans le rugby : salut poulet !

 

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