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Statut Amateur, statut pro, status quo

Le rugby amateur n'existe pratiquement plus

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La fédérale 1 a toujours été une division sujette à divisions. Étant le dernier échelon avant les divisions professionnelles, elle entretient ce déchirement entre ce que certains considèrent le rugby amateur et ce que d'autres nomment des statuts professionnels dans les divisions fédérales.

Le rugby amateur existe-t-il toujours ?

L'argent dans le rugby n'a jamais été un problème, le vrai problème ayant été de parler de professionnalisme. De surcroît, le rugby Français a toujours été un sport de dissensions. Les avants contre les trois-quarts, le sud contre le nord, les gros contre les petits, les amateurs contre les pros sont de sempiternels débats et cela ne date pas d'hier. 

Ainsi, l'une des cause de l'exclusion de la France du tournoi des 5 nations en 1931 est son professionnalisme déguisé. N'oublions pas que les nations britanniques combattaient la professionnalisation du rugby, ce qui eu pour conséquence une fracture à la fin du dix-neuvième siècle et la création du rugby à XIII. Pour plus d'information je vous renvoie vers cet article sur l'exclusion de la France du tournoi des 5 nations en 1931.

L'argent dans le rugby Français a donc toujours été, camouflé pendant des décennies sur la notion de valeurs de ce sport. Mais est-ce que l'argent fait du joueur un professionnel ? Oui et non. Rémunérer un joueur lui donne des obligations que l'on n'a pas lorsque l'on est licencié. En effet, le propre d'un club de sport est de venir pratiquer sa passion, pas d'en faire une obligation. 

L'exigence se paye, et donc les compétences qui vont avec. Dans ce cas, on ne peut plus parler de rugby amateur à partir du moment où les joueurs sont payés et donc du Top 14 jusqu'en Honneur, voire Promotion d'Honneur, des joueurs sont payés. Mais ce ne sont pas des professionnels pour autant. Le statut de professionnel est lié au fait qu'un joueur vit de son métier, dans ce cas le rugby.                                                                              

En plus, avec le temps, les contraintes ont augmentées. Il y a 15 ans, en Fédérale 1, nous avions, en général, deux entrainements par semaine et des séances de musculation. Aujourd'hui, pour bien figurer, il faut être au-delà de 3 entrainements par semaine. Comment voulez-vous impliquer des joueurs sans les contractualiser. L'équipe première d'un club, arrivée à un certain niveau, est un outil économique qui permet de faire venir plus de licenciés, plus de partenaires et plus d'intérêts de la part des institutions. 

Quel statut pour les divisions fédérales ?

Il ne faut pas croire que seule la Fédérale 1 est tiraillée entre amateurs et professionnels. Seuls quelques clubs sont véritablement professionnalisés. Néanmoins, le modèle économique évolue et une grande majorité des clubs décident de revoir leur mode de fonctionnement. Joueurs pluri-actifs, constructions des projets personnels et professionnels sont les atouts d'un retour à la stabilité. 

Bien sur, certains clubs fonctionnent toujours à l'ancienne avec des enveloppes, des rémunérations déguisées. Mais les outils à disposition des instances sociales et fiscales amènent une certaine recrudescence des contrôles. Une nouvelle donne aussi est à prendre en compte. Les joueurs acceptent de moins en moins un statut précaire qui ne leur apporte ni couverture sociale, ni assurance et encore moins la prise en compte de leur investissement comme métier. 

La pandémie risque de révéler ce genre de pratiques et de nettoyer bien malgré eux, les clubs qui jouent avec le feu. 

La bulle du rugby risque d'exploser avec des conséquences à tous les niveaux. L'argent sera toujours présent, mais il faudra penser le système différemment si ce sport veut perdurer. 

Aujourd'hui des clubs le comprennent, d'autres non, mais on ne peut pas parler de rugby amateur. Il y a le rugby fédéral et le rugby territorial. 

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