Les (dés)-espoirs

ou les sacrifiés de demain

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Ô rage ! ô (dés) espoir !*

A l'instar de ce qui se faisait pour les équipes 1, des passerelles ont été instaurées pour les équipes espoirs afin de permettre aux futurs acteurs de notre sport de pratiquer à un niveau qui est le leur. On pouvait monter en espoirs Accession, Voir en devenir champion et ainsi se retrouver au sommet de la hiérarchie ou au niveau au dessous avec une première phase de brassage  qui déterminait pour la seconde phase des oppositions plus équilibrées. 

Ainsi, nous avions en espoirs Élite, Narbonne et Massy, pensionnaires de Fédérale 1 chez les séniors, Albi et Bourg-en-Bresse en accession et donc 4 clubs de pro-D2 séniors en espoirs Fédéraux. Il y avait donc une logique d'indépendance qui lorsque cela a été voté permettait de régionaliser les rencontres et donc diminuer les coûts puisque la plupart des clubs dissociaient déjà les seniors des réserves et n'étaient pas contents des contraintes que cela représentait.

D'autre part, cela mettait en avant la formation et plus de 30% des espoirs Fédéraux faisaient au moins 5 feuilles de match en Fédérale 1.

Un changement incompréhensible à cause d'une méconnaissance des dirigeants

Avec la pandémie, les instances fédérales se sont contentées des complaintes de dirigeants de ligues occitans pour décider de coupler les espoirs avec les séniors sans même comprendre le fonctionnement de ces championnats. C'était à l'époque de la Fédérale 1 à 60 clubs.

Avec la nouvelle division à 14 clubs, 14 équipes de jeunes issues de quatre niveaux de pratique différents (suite à des relégations arbitraires) vont être regroupées dans un championnat de 26 journées avec des déplacements souvent lointains, parfois le vendredi et sans possibilité d?évolution autre que celui lié à leur équipe une.

Pour vous donner un ordre d'idée, c'est comme si en sénior, on décidait de faire jouer le Stade Français du Top 14 contre le Blagnac de Fédérale 1. Tout ça, un peu plus de 18 mois après le décès tragique de Nicolas Chauvin. Où sont passées les questionnements sur la sécurité des joueurs ? 

Des pertes de licenciés, des forfaits calculés et un championnat faussé.

En novembre 2019, la plupart des clubs de Fédérale 1 avaient démontés cette argumentation qui affirmait qu'il était dangereux de faire jouer des pros contre des amateurs en Fédérale 1. La plupart des présidents expliquaient qu'en Fédérale 1, les joueurs amateurs étaient suffisamment entrainés pour jouer à ce niveau. 

En revanche, en espoirs, on a encore des problèmes de morphologie entre des jeunes de 18 ans et ceux de 20 à 22 ans, voire des séniors qui peuvent encore jouer en fédérale 1. 

Tout le monde s'est focalisé sur l'équipe 1 sans penser à l'impact sur les espoirs qui vont suivre les grands, mais avec des contraintes de jeunes, comme le travail et les études. Et là, que va-t-il se passer ? Des pertes de licenciés, des forfaits calculés et un championnat faussé.

Alors quand on vous dira :

Les gars, on a pas pu faire autrement , Il faut y aller sinon le club va être sanctionné, Demain départ 4h00 et n?oubliez pas d?emmener un casse croute, quant à nous, on part aujourd'hui et on dormira à l'hôtel !

Demandez vous s'il est juste de sacrifier la moitié de vos week-ends parce que vous êtes devenus une obligation règlementaire ? Demandez-vous si ses longs déplacements vous apporteront plus de joie que de peine ? Demandez-vous si les efforts consentis sont justifiés ?

Ne pensez pas que rugby ! Vous ne deviendrez pas tous professionnels, vous avez une vie devant vous et une carrière à préparer et à assurer. Les seniors sont dans leur rôle, eux en retirent un salaire, pas vous.

Nous estimons que ces aspects ne devraient pas être occultés au moment de faire vos choix et nous vous souhaitons beaucoup de courage car vous en aurez besoin.

Article co-écrit par Bernard, administrateur de RF

*Merci à Pierre Corneille.

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