Faut-il rétrograder administrativement ?

Nantes : du déjà vu et championnats faussés

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Il y avait peu de chance pour que le Stade Nantais puisse espérer un retournement de situation au Tribunal Administratif. En effet, quand la procédure en arrive à ce stade, il est très rare de voir un jugement contraire aux deux recours précédents. Seul Lille avait pu sauver sa tête, il y a 10 ans, mais avait quand même été condamné sur le fond par la suite. 

Le problème se pose alors de l'intégration du club en Fédérale 3. Une rétrogradation administrative n'est pas anodine et il y a deux possibilités. Soit le club n'a plus de moyens et rentre dans le rang, soit l'ossature reste la même et là, pendant deux ans, il faut éviter de croiser la route de ce genre de club.

Les déclarations du nouvel homme fort du Stade Nantais laissent présager une équipe largement au-dessus du lot pour la Fédérale 3. Alors que faire ? 

Repêcher le club est politiquement dangereux

La fédération souhaitait que le Stade Nantais reste en Fédérale 1. En effet, la sanction et les recours règlementaires ont été confrontés à un retournement de situation avec l'arrivée d'un investisseur qui souhaite stabiliser le club et se projeter chez les professionnels dans peu de temps. Donc, du côté du club, la situation devient clean. Malheureusement, les anciens dirigeants n'ont pas respecté leurs engagements et c'est, bien entendu la personne morale, ici le Stade Nantais qui est responsable. 

La fédération ne peut aller à l'encontre de ses propres règlements et le repêchage du club aurait pu confronter la fédération à un précédent qui pourrait faire jurisprudence. Alors ces règlements sont ils adaptés à ce genre de situation et au-delà de ce cas, les rétrogradations administratives sont-elles souhaitables ?

Arrêtons de rétrograder et réinventons le système

En fait, un club en difficulté plonge dans des procédures assez fermées et faites par mesure d'équité. En revanche, la rétrogradation, bien souvent déséquilibre les divisions dans lesquelles sont reversées les fautifs. Marseille et Chalon sur Saône sont les exemples types avec des titres assez faciles à aller chercher grâce à une organisation maintenue de Fédérale 1? Mais en Fédérale 2 ou 3. Nantes est parti pour faire la même chose. 

Il serait peut-être temps de changer les mentalités. L'idée maîtresse serait de maintenir le club dans la division où il a fauté, si celui-ci a gagné son maintien sur le terrain. Certains diront, certes, mais ils ont faussé le championnat. Sauf que si on les rétrograde, ils vont aussi fausser le championnat où ils seront reversés. C'est le double effet Kisscool. L'idée serait donc de pouvoir mettre le club sous tutelle, mais la encore ne sommes-nous pas dans l'ingérence fédérale. 

Un club en danger, c'est aussi des jeunes en compétitions, des féminines, une école de rugby qu'il faut protéger et faire en sorte que cette dynamique persiste pour la fonction sociale d'un club, la survie locale du rugby et éviter la perte des licenciés.

La solution n'est pas facile, le reversement en fédérale 3 va empêcher certains clubs de progresser, barrés par un club qui n'a rien à faire là, mais qui a fauté. La véritable punition est pour qui ?

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