5 propositions de merde pour le rugby amateur

Pour faire écho aux 7 propositions CHOCs de Florian Grill

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Ce qui est énervant avec le buzz, c'est qu'il faut que je parle soit de la division nationale en balançant un classement britannique dont personne ne comprend le fonctionnement, soit il faut que je parle de Florian Grill pour faire venir ses sbires et les faire dégoupiller sur la page Facebook de RF. Là, je dois dire que ça m'amuse…

Comme il n'y a pas grand chose à dire sur le rugby amateur en ce moment et que Christian Dullin, le secrétaire général m'a félicité sur Linkedin pour mes dix ans d'anniversaire professionnel dont je ne savais même pas qu'on pouvait te le souhaiter, je me dis que Christian a fait ça pour me rappeler le désert affectif dans lequel je suis depuis mon départ l'année dernière et que je ferais mieux de rester éloigné des affaires ou bien, c'est un appel du pied car ils gèrent le rugby amateur aussi bien que le gouvernement gère la nouvelle attestation de déplacement. Dans tous les cas, je suis dans la merde.

Et donc, parlons caca car cela pourrait plaire aux scatophiles des troisièmes mi-temps et constituer mon nouveau positionnement de communication.

Ce que j'aime avec Florian Grill. Ce sont les effets d'annonce : 7 propositions chocs pour la relance du rugby amateur !

Tout tourne autour du triptyque habituel : moins de licenciés, pas de thunes, c'est la faute à Simon qui est trop payé. Nous allons donc vite commenter les 7 propositions chocs qui sont au tremblement de terre ce que la flatulence de la fourmi est à la nuisance sonore : le néant.

Premier point : je copie les idées de Laporte et je les faits miennes 

C'est ce qu'il se passe lorsqu'on demande la gratuité des licences pour la prochaine saison. C'est ce qui a été fait pour cette saison. Postulat très intéressant lorsque dans le même temps, on nous dit : la fédé dépense des sous alors qu'on n'en a p'us et Simon il devrait montrer l'exemple et travailler gratuitement comme tous les esclaves de la coupe du monde au Qatar !

Donc, rien de nouveau !

Deuxième point : lancer une grande campagne de recrutement de bénévoles

Je ne sais pas qui a eu cette idée de génie, peut-être la même personne qui voulait revaloriser les bénévoles en les invitants à Marcoussis, mais lancer ce genre de truc, ça ne va pas atterrir bien loin.

Parce qu'un bénévole, c'est complexe. C'est un papa ou une maman qui inscrit son fils et qui voit l'éducateur qui est plutôt bon et qui se dit : pourquoi pas moi.  Et on se retrouve en un rien de temps avec un sifflet, des jolis crampons tous neufs et la progéniture ennuyée de voir son parent l'espionner. Bref, le bénévole, c'est du local, c'est du travail de club, c'est pas une affiche dans le Midol ou une belle vidéo gênante qui dit : maman, n'aies pas peur ! 

Troisième point : remettre les CTC à temps plein quand ça recommence

Celle là, elle m'amuse : quand ça repart, faut que les CTC soient là. Je pense, que c'est quand même le plan au niveau de la FFR. Parce qu'en ce moment, faire bosser les CTC, c'est comme vouloir vendre des marrons chauds dans le Sahara !

Quatrième point : Donner des moyens aux ligues

Je peux le comprendre. Depuis le changement de gouvernance, les élus locaux qui avaient pour seules missions de taxer les clubs et de récupérer les pouvoirs ne peuvent plus s'autofinancer. Je ne sais pas pour les autres ligues, mais je ne suis pas inquiet pour la ligue Aura qui a vu revenir les “anciens” barrons qui ne tarderont pas à remettre dîmes et collectes en expliquant que c'est la faute à la fédé. 

Pour le reste, financer le rugby territorial quand celui-ci est éteint, c'est compliqué et les 35 milliards d'accompagnements doivent être tournés vers les clubs, pas les ligues.

Cinquième point : évolution exceptionnelle de catégories d'âge

Ce qui me dérange, c'est encore une fois de parler de manque de formation pour passer de junior/cadette en senior.e. Encore une fois, on veut une solution alors qu'on ne sait pas si le problème existe. De surcroît, si on fait une évolution exceptionnelle, comment gère-t-on le coup d'après qui est le retour à la normale. Quels championnats ? Bref, on met le comment, sans avoir s'il y a un quoi, c'est le propre des propositions politiciennes.

Sixième point : investir massivement sur le scolaire

Bon, apparemment, là aussi le yakafokon fait fi de la réalité. On ne fait plus ce que l'on veut à l'école en terme de sport. Comment faire aimer le rugby quand tu dois avoir au moins deux mètres entre chaque enfant ?

Septième point : s'unir avec d'autres fédérations et négocier une augmentation de la déduction fiscale des dons

Le problème c'est pas la déduction, le problème c'est la peur du lendemain. Comment peut-on croire à une augmentation des dons aux associations quand on est en pleine crise sanitaire, économique et sociale. Ce genre de crises fait que l'humain se recentre sur lui et ne regarde que très peu ailleurs et c'est normal. 

Bref, tout ça, c'est vraiment pas terrible. Alors moi, j'ai réfléchi à 5 propositions de merde du plus important au moins important

Repenser les championnats territoriaux

C'est le moment, car avec cette crise les forces en présence risquent d'être bouleversées au mois de septembre, si cela reprend. Nous risquons d'avoir des clubs qui seront largués sur le niveau sportif et tout est inconnue.

De ce fait, il faudrait imposer une phase de brassage afin de fixer les niveaux comme on le fait chez les M18 et M16 et partir sur 3 divisions territoriales à l'issue.

Cela permet aussi d'enfin généraliser la réduction du nombre de divisions en séries qui est la principale cause de forfaits et abandons puisque les “bouchons” sont au niveau des divisions Honneur et Promotion, ni au-dessus, ni au-dessous.

Redessiner la carte fédérale

Là encore, la concertation doit être de rigueur. Aujourd'hui, la fédérale 2 est surement la division la plus stable, que ce soit au niveau sportif ou au niveau financier. Elle ne doit en aucun cas être une variable d'ajustement pour la fédérale 1. Néanmoins, il manque 3 clubs en fédérale 1 et des poules de 11 ont des conséquences négatives pour les clubs (manque de visibilité, décalage sportif).

En revanche en fédérale 3, il y a une vraie problématique liée à la régionalisation. Il faudrait peut-être réfléchir à basculer cette division au niveau des ligues ou supra-ligues afin d'optimiser l'impacte locale et ne pas maintenir une uniformité qui déséquilibre ce championnat.

Auditer les clubs de Fédérale 1 et nationale

Il est important de travailler dans la transparence et savoir exactement où en sont les finances des clubs. Un club qui disparait, c'est un déséquilibre au niveau de la division, c'est une catastrophe économique car on laisse des créanciers sur le carreau, c'est un désastre social car beaucoup de bénévoles, joueurs et familles jettent l'éponge. Un club qui connait ça perd jusqu'à 20% de ses effectifs et c'est une baisse constatée de 30% du budget quand vous descendez de division.

Il est donc important de savoir et surtout d'aider si la situation est compliquée pour les clubs. La sanction ne doit pas être de rigueur, mais la rigueur doit prévenir la sanction. 

Supprimer les réserves et créer des équipes 2 de bassin

La aussi, ce serait une belle avancée. Le rugby d'aujourd'hui ne peut plus se permettre d'organiser une compétition sous le seul prétexte qu'on déplace deux équipes le dimanche. Les autres fédérations nous montrent qu'un championnat doit être linéaire et pas parallèle. Alors oui, chez les féminines cela pose problème. Mais la contre-partie est liée à la solidarité des clubs. En effet, si Bourg-en-Bresse propose une équipe 2 qui joue à Villars-les-Dombes, vous êtes certains d'avoir du monde au stade ou encore si Tarbes envoie une équipe à Bordères-sur-l'Échez.

Aujourd'hui le rugby se doit d'être solidaire et ces quelques 700 équipes de réserves doivent venir renforcer les championnats territoriaux afin de réduire les distances dans les petites divisions, créer du lien entre les clubs et redynamiser la pratique.

Gagner le tournoi 2021

Parce que mine de rien, une équipe nationale qui gagne des titres, ce sont des licenciés en plus et de la publicité gratuite pour recruter des bénévoles dans les clubs. 

Voilà, donc 5 bonnes idées de merde, mais qui, de mon point de vue, nous ferait gagner du temps sur le situation post-covid

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