Vous êtes rétrogradés !

Toi, toi, et oui toi aussi là !

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Dans quelques semaines, lors du 153ème congrès de la Fédération, les clubs seront amenés à voter pour la nouvelle réforme des compétitions. Quand on y regarde de plus près, le rugby passe de 11 à 10 divisions, mais avec des changements de nom et des répartitions d'équipes bien différentes. 

Ce qu'il en ressort, c'est que la nouvelle organisation est basée sur les revendications des clubs de Fédérale 1 qui souhaitaient resserrer la compétition. Chose qui a été faite, non sans conséquences pour le reste de la pyramide. 

Pour comprendre le tableau ci-dessous, nous avons replacé les divisions par niveau, chose qui est quand même plus parlante qu'une certaine démagogie à vouloir remplacer les noms des divisions par autre chose. Contrairement aux attaques de l'année dernière où le remplaçant de Thierry Murie jurais que la nouvelle division n'était pas une Pro D3 en jouant sur la sémantique, la Nationale s'est bien avérée être une pro D3 autorisée à jouer grâce au nombre de joueurs professionnels dans les effectifs.

Par la suite, ce sont 12 clubs qui ont demandé la création d'une nouvelle poule. La Fédérale 1 sera donc explosée en 3 nouvelles divisions en 2 ans et en terme de niveaux dirigera vers le bas la très grosse majorité des clubs.

L'idée de resserrer à 3 divisions les séries territoriales est bonne. Avec Laurent Bourduge, nous avions initié cette organisation en Ligue Aura. Notre approche avait été de poser les clubs sur la carte et de voir ce que nous pouvions faire en essayant de trouver le meilleur équilibre entre le niveau des clubs et la répartition géographique.

Sauf que dans ce cas, la FFR met en place des pourcentages, qui, ne poseront pas de problèmes dans les deux plus grandes ligues, mais risquent de rendre l'équation impossible à résoudre dans les supra-ligues. Non, il fallait simplement mettre en place les 3 divisions et laisser les ligues s'organiser en fonction de leur territoire.

D'autre part, selon les chiffres dictés par la FFR, les séries régionales représenteront 960 équipes contre 1020 à l'heure actuelle. On resserre les divisions, mais on appauvrit les séries. Ce n'est peut-être pas un problème pour les grandes ligues, mais pour les petites, nous risquons d'avoir un delta de niveau ou de distance qui s'accentue avec en prime des petites équipes qui jettent l'éponge.

 

NiveauxAvant2022DifférenceProposition
1Top 14 (14)Top 14 (14)0Top 14 (14)
2Pro D2 (16)Pro D2 (16)0Pro D2 (24)
3Fédérale 1 (48)Nationale (14)-34Fédérale 1 (48)
4Fédérale 2 (96)Nationale 2 (24)-72Fédérale 2 (96)
5Fédérale 3 (168)Fédérale 1 (48)-120Fédérale 3 (192)
6Honneur (217)Fédérale 2 (96)-121Pré-Fédérale (400)
7Promotion (196)Fédérale 3 (200)+4Régionale (500)
81ère Série (183)Régionale 1 (240)+57Départementale (600)
92ème Série (167)Régionale 2 (360)+193 
103ème Série (126)Régionale 3 (360)+234 
114ème Série (131) -131 

Au final, cette réforme rétrograde tous les clubs qui jouaient de la Fédérale 2 à la 1ère Série et 34 clubs qui étaient en Fédérale 1 il y a 18 mois et promeut les 3ème Série et 4ème Série. Cette réforme fait donc le bonheur de 14 clubs, plus 24 clubs qui iront en Nationale 2 et n'auront pas encore compris qu'ils ont été rétrogradés d'un niveau.

Tu critiques, tu critiques, mais tu proposes quoi ?

Nous en avons déjà débattu et notre idée était qu'il ne fallait pas toucher à l'organisation des divisions fédérales. Réduire une division contribue à augmenter les budgets et donc les risques de banqueroute. C'est ce qu'il s'est passé depuis que l'on a eu l'idée d'une division à deux vitesses dans les années 2000, et la poule d'accession par la suite. 

En revanche, les séries sur 3 divisions sont une bonne idée mais pas suffisante car il y a des régions où les clubs ne sont pas légions. Nous pensons qu'il faut supprimer les réserves et intégrer ces équipes, peut-être en rassemblement aux divisions inférieures. Cela représente un vivier de plus de 500 clubs qui pourraient relancer le rugby de village et assurer une meilleure visibilité, d'où la présence de 1500 clubs en séries au lieu de 1000.

Mais là, il faut que les présidents pensent à la survie de notre sport avant de penser uniquement à ce qu'il se passe dans leur stade et c'est une autre histoire.

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