pour ceux qui trouve la subvention municipale élevée
Le relais municipal
Le désengagement des industriels locaux aurait selon toutes probabilités conduit le club à
l'échec si la municipalité n'avait pas, dans le même temps, assuré le relais technique et
financier qui lui faisait défaut. D'abord il convient de souligner le soutien logistique que la
commune apporte depuis l'Après-Guerre pour l'achat, l'entretien et la réfection du stade de
Serger qui, à l'origine, était loué au club par son propriétaire, une famille sanclaudienne. Sous
l'impulsion d'Edgar Faure, élu président du Conseil Général du Jura en 1949, des subventions
d'Etat sont attribuées à la commune pour qu'elle puisse procéder à d'importants travaux de
réfection, sous la condition qu'elle devienne sous-locataire du terrain pendant un bail d'une
durée minimum de 18 ans. C'est ainsi qu'une première tribune de 600 places comprenant
vestiaires, douches et buvette est érigée. Par la suite, la commune engage une procédure
d'acquisition des terrains par voie d'expropriation qui conduit à l'achat d'une première tranche
en mai 1963 et de la seconde en juillet 1973. Toujours au plan des équipements, la ville
engage en 1982 des travaux de drainage pour l'écoulement des pluies et l'adduction des eaux
d'arrosage du terrain pendant l'été, et procède par anticipation à l'enterrement de gaines
électriques en prévision de l'éclairage complet du stade. Enfin dans les années 90, le plan
Bergelin a permis à la commune d'envisager la rénovation du stade avec l'installation
définitive de l'éclairage et l'agrandissement de la tribune pour une capacité d'accueil de 1100
personnes.
Au-delà des efforts réalisés en matière d'équipements qui intègrent le budget d'investissement
global de la commune et demeurent difficiles à estimer, le relais municipal se laisse également
percevoir à travers le budget de fonctionnement spécifiquement dévolu au rugby, et dont le
niveau reste modeste jusqu'en 1988 pour accuser un ajustement remarquable après cette même
date (voir graphique 1). De fait, cet ajustement coïncide exactement avec le renouvellement,
lors les élections de 1989, du conseil municipal parmi lequel siègent deux adjoints (dont celui
aux sports) également engagés dans la vie du club. L'ampleur de l'allocation ne correspond
pas pour autant à une subvention de complaisance due au positionnement privilégié des
représentants du FC St Claude25, dans la mesure où elle vient pallier le manque à gagner particulièrement critique occasionné par le retrait des industriels de l'association. Autrement
dit, le rugby concentrait suffisamment de capital symbolique, c'est-à-dire de notoriété, de
titres sportifs, de mémoire collective, etc., pour que la nouvelle municipalité de tendance
centre droite, envisage et justifie le secours de la structure à travers sa politique de subvention,
sans que d'ailleurs la municipalité suivante (1995) de tendance communiste ne remette en
question ce choix. Ce faisant, la dernière décennie pointe au niveau du rugby une évolution
bien paradoxale : alors que l'avènement avéré du professionnalisme aurait dû se traduire par
une emprise accrue du secteur marchand, le FC St Claude est de fait devenu une affaire
publique soutenue par la commune et sans laquelle il ne serait pas viable. Comme l'explique
l'adjoint au sport qui a contribué à la réévaluation de la subvention municipale, de nombreux
rappels à l'ordre ont du être effectués pour préciser au club comme au secteur privé les
obligations qui leur incombaient :
Dernière modification par dub39 (13/04/2010 11:26:05)