Rouen s'est bien battu
Bastien Sevestre et les Rouennais ont su faire corps jusqu'au bout pour remporter le premier succès du Stade Rouennais
RUGBY. Fédérale 3 Créé cet été, le Stade Rouennais a remporté dans la douleur le premier match de son histoire (10-9), hier à Nogent-le-Rotrou.
Le Stade Rouennais est bien né. Au prix cependant d'un accouchement terriblement difficile, hier sur la pelouse de Nogent-le-Rotrou (10-9). Le salut est venu dans les arrêts de jeu, grâce au seul essai de la partie, marqué sur une poussée collective qui a balayé un adversaire collant au possible (8-9, 80e+1). Restait à le transformer pour enfin passer devant au tableau d'affichage. Transfuge de Dieppe, l'arrière Victor Marie n'a pas tremblé alors que la tentative était pourtant proche de la ligne de touche. « J'ai ressenti une pression comme rarement car c'était mon premier match qui, en plus, était très tendu. » Quelques dizaines de secondes plus tard, au coup de sifflet final, le staff et les joueurs ont sauté en l'air avant de se tomber dans les bras les uns des autres. C'est dire si cette partie a généré des émotions. « C'est dur de se retrouver dans des conditions de match et de niveau auxquelles on n'était plus habitué, souligne Didier Darjo, l'un des trois entraîneurs normands. La deuxième difficulté, c'est que nous avons joué à l'envers. Mais, on savait que nous avions de la force physique, que nous étions armés pour ça, que le temps travaillait pour nous. »
Meunier pousse fort
Lors de l'échauffement, Alban Le Pluart, l'un des rescapés du RC Rouen, avait planté le décor devant ses partenaires réunis autour de lui. « On ne sait pas où on va mais on doit tout donner, se vider les tripes et être durs. » En première mi-temps, les Rouennais se sont certes battus avec convictions mais sans appliquer les consignes d'occupation du terrain. Du coup, les deux formations se sont empoignées au milieu de la pelouse, déployant un jeu gangrené par les en-avants à répétition. Nogent est parvenu à ouvrir le score sur une pénalité en coin de son arrière Sauvage (0-3, 23e), plus en réussite que son homologue rouennais Desportes, en échec sur sa première tentative, à 30 mètres face aux poteaux.
« Clément m'a ensuite proposé de tenter ma chance, raconte Victor Marie. Au départ, c'était celui qui se sentait bien qui devait buter. » Ce passage de témoin, de tee plutôt, s'est avéré payant puisque l'ancien Dieppois a passé sa première tentative (3-6, 58e), au moment où le Stade Rouennais prenait l'avantage sur le pack adverse, sous l'impulsion de Meunier, entré après la pause. Le pilier normand a donné le ton, commandé de multiples groupés-pénétrants comme aux plus belles heures du RCR en Fédérale 1. Puisqu'il est de nouveau interdit de les écrouler, les Seinomarins ont exploité cette arme à plusieurs reprises, pour des progressions de plus 30 mètres. A force de reculer, Nogent-le-Rotrou a fini par s'écrouler. Dans son propre en-but !