Le Rugby Club de Strasbourg a repris l’entraînement avec un effectif sensiblement renforcé. Bridé financièrement, il a dû faire preuve d’ingéniosité dans sa campagne de recrutement en misant sur des joueurs, polyvalents pour les uns, libérés par des clubs à la dérive pour d’autres.
L’ENGAGEMENT EN FÉDÉRALE 1, en suspend au printemps ne fait aucun doute aujourd’hui grâce, surtout, à l’implication personnelle des dirigeants eux-mêmes. Dans la foulée, la sagesse a logiquement primé au moment de formater le groupe pour le prochain exercice.
La plupart des équipes d’une poule 1 à nouveau terrible, pour ne pas dire plus que jamais, ayant encore viré à la folie lors de leurs achats estivaux, le RCS a activé le système D pour ne pas – trop – souffrir de la comparaison.
Pour compenser le déficit quantitatif, des joueurs capables d’évoluer à plusieurs postes s’avéraient nécessaires. L’argument majeur pour se séparer du “8” Damien Gateau et de Bruno Sallaberry. « Il n’y a pas de raison pour que des gars comme Bronquard, Tisané, Machu se défoncent à longueur de temps et que d’autres ne jouent pas le jeu », justifie l’entraîneur Philippe Braem.
Le premier a signé à Saint-Jean-d’Angély (Fed. 1), accompagné de Laurent Giucal, dont le frère reste en Alsace, à Haguenau… en Honneur ! Le demi de mêlée Alexandre Ducrozet est retourné à Bourg-en-Bresse comme prévu. Le départ du centre Douglas Tausili, pour raisons familiales, l’était beaucoup moins.
Les joueurs majeurs restent
Néanmoins, l’exode s’arrête là et des éléments essentiels comme Matt Farmer, Hans Grobler, Falafaï Mika ou Alexandre Bonjean poursuivent bien l’aventure strasbourgeoise contrairement à ce que certaines mauvaises langues laissaient entendre çà et là…
Les cinq départs sont compensés – pour l’instant – par sept arrivées. Celles du pilier péruvien Sebastian Velarde Alvarez-Clark, du talonneur géorgien Giorgi Suluashvili, du 2 e/3 e ligne néo-zélandais Casey Gibson et de son compatriote, le 3 e ligne Andrew Porter, étaient acquises (*).
Depuis, l’ambitieux centre Patrice Maystre a choisi de se relancer en Alsace. Il évoluait à Vichy en Fédérale 2 l’an passé, au retour d’une fracture au bras, après avoir évolué à Auch.
Une jeune charnière
Enfin, le RCS a trouvé sa charnière, laquelle sera composée des jeunes (24 ans) Nicolas Piveteau à la mêlée et Japie Naude, le Sud-Africain (1,78m, 83kg), à l’ouverture. Les deux hommes quittent des clubs ayant mis la clé sous la porte, respectivement Nice (Féd. 1) et Mogliano, près de Trévise, membre du Top 10 italien.
Guy Traut, un des adjoints de Braem, décrit les deux joueurs. « Piveteau, formé au Stade Français, s’adapte à tous les jeux. À la fois moteur pour les “gros “de devant, doté d’une passe rapide et capable de percer. Naude est très complet. Vision du jeu, passe, jeu au pied précis, défense, il excelle dans tous ces domaines. » Buteur attitré ou non, cela reste à confirmer.
Le staff espère encore pouvoir saisir une ou deux opportunités sur le marché. Reste à savoir si le club pourra assumer financièrement.
Un automne de folie
En l’état, malgré les rudes oppositions attendues, Philippe Braem positive. « Le groupe apparaît plus équilibré. Et surtout, nous possédons deux vraies premières lignes, base indispensable vu le profil de notre poule, une fois de plus la plus relevée. »
Excepté Suluashvili, pour des complications administratives, tout le monde est à pied d’œuvre. Tant mieux, car il s’agira d’être prêt dès l’entame de la saison avec six, oui six matches d’affilée (!) sans le moindre dimanche de répit. Les Bleus se déplaceront trois fois sur quatre pour commencer. Avant Noël, deux matches retour auront déjà été effectués.
Dans cette optique, outre le stage dans le val de Villé cette semaine, les Strasbourgeois disputeront avant la reprise le 16 septembre à… Lille, quatre rencontres de préparation digne de ce nom (encadré ci-contre), ce qui constitue là aussi une avancée. Les hommes de Braem auront eu sept semaines pour se mettre dans le coup. À eux de les exploiter au mieux.