Il est un sujet qui monopolise toutes les attentions des pontifes de la FFR, le grand stade. Les instances dirigeantes ont sorti de leurs beaux chapeaux ce fameux et fumeux Stade à la jauge extravagante fait pour engranger du pognon. Nulle part on ne parle du développement du rugby à travers le pays, jamais on ne soutient le petit club du coin, tout ce qui intéressent notre cher (et au combien !) président, c'est l'argent que ce soit disant grand stade va rapporter. Si tant est que cela rapporte quelque chose. Notre belle fédération va s'endetter sur 50 ans, pour un projet sur papier de 598 000 000 € Cette somme à été estimée en 2010.... Avec comme scenario : une inflation à 0% ! Des frais d'imprévus de 46 000 000 (soit environs 7% alors que en moyenne dans les projets qui se passent bien on tourne vers 25%) et surtout, 149 000 000 prévus pour les loges VIP. Ce dernier montant nous en dit beaucoup sur la motivation profonde de la construction du stade. Ce qu'il ressort de ce projet, c'est que ce soit disant grand stade de Rugby est prévu pour tout sauf du rugby. En fait, ce qui importe au président, c'est d'avoir des visiteurs qui se foutent éperdument de notre sport, qui ne posent pas de questions mais qui avant tout y laissent un max de blé. Pour faire simple sachez donc que chaque licencié de la FFR va avoir sur le dos une dette de 2000 euro pendant 50 ans. De plus de par l'inflation et les coûts non budgété on peut dire qu'il manquera environ 100 millions... Quant à l'emplacement du stade, il est pour le moins consternant : Mettre le centre de notre rugby national dans la banlieue sud de paris entre le centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis et l'autoroute A6 a de quoi surprendre. En effet c'est comme si le syndicat du cassoulet installait "La Maison du Cassoulet" à Strasbourg. Le véritable coeur de notre sport (c'est un fait, je le dis car je n'y vis pas et je ne prêche donc pas pour ma propre paroisse) est dans le grand sud-ouest. Mais comme la FFR le justifie, là bas, chez les pauvres il n'y a ni aéroport ni trains... Il parait même que les autochtones se déplacent en char à boeufs.... J'en veux pour preuves le texte suivant issu du débat public :
La région Ile de France présente quatre atouts majeurs pour héberger une telle enceinte (82.000 places) : a) la centralité en terme de transport. C’est l’endroit le plus accessible simultanément depuis tout le territoire français, de la Bretagne, du Pays Basque, d'Alsace, de la Savoie ou de la Flandres. Les supporters de l’équipe de France de rugby viennent de tout le territoire français comme pour les autres grands évènements pouvant remplir une jauge de 82.000 places. Le rugby contrairement à une idée reçue ne se joue pas que dans le sud-ouest mais dans toute la france et ses supporters viennent des quatre coins de l'hexagone. b)l'Ile de France est la région où le nombre d’habitants est le plus important, soit 11,9 millions contre 6,3 pour la région Rhône Alpes, deuxième région la plus peuplée (donnée INSEE 2012) c) l'Ile de France est la région ou le PIB est le plus important en volume, soit 572 milliards € contre 182 milliards € pour la région Rhône Alpes deuxième région et par habitant 47.000€ contre 30.000€ pour la région Rhône Alpes, (donnée INSEE 2011). d) l'Ile de France est la région où il y a le plus d’entreprises, soit 25 % du total des entreprises françaises et 30 % des entreprises de plus de 500 salariés. Compte tenu du modèle économique de rentabilité du stade, assis principalement sur la vente de loges et d’hospitalités (billet de catégorie VIP + repas d’avant match + cadeau,+réception d’après match + parking), seule la région ile de France permet de répondre aux objectifs de vente sur ces prestations.
Et bien messieurs, et toute conscience je préfère aller voir un match de rugby chez ces pauvres hères du sud-ouest, qui eux, auraient eux à coeur de se fédérer autour de ce projet, car je préfère cent fois un supporter motivé qu'un bande de matuvus. Non, en province nous ne somme ni pauvre ni débiles comme vous semblez le croire, et qui plus est nous aimons notre sport ! Alors monsieur le président, ravalez vos mesquines rodomontade, et cessez de faire les yeux doux à monsieur Valls qui s'il devient premier Ministre ne vous nommera pas ministre de l'aménagement du territoire comme vous semblez le croire. Parlons de cette énorme supercherie qu'est la "Debenture". Je serai bref : vous aimez le rugby ? Vous avez 10 000 euro à jeter par la fenêtre ? Investissez plus tôt dans le petits club qui est à côté de chez vous, offrez leur un peu de matériels ils seront cent fois plus reconnaissant, et vous serez invité à chaque match du club. Ce projet mal ficelé, mal financé, mal placé va mener la FFR et par conséquent ses licenciés dans le mur. D'autant qu'il y d'autres problèmes à régler qui me semblent plus urgents. En effet, voici une polémique qui dure et qui enfle depuis déjà un certain temps : l'arbitrage. On a beau dire, mais les arbitres sont des hommes qui par définition peuvent se tromper. La responsabilité des instances supérieures est de fournir un certains nombre d'outils et d'aide à ces hommes afin de minimiser les erreurs commises. Cela passe par la formation mais aussi par des idées innovantes et simples qui pourraient être envisagées. Quand je dis cela je pense notamment à la mêlée. Lorsque je regarde un match, je jette toujours un oeil sur les liaisons piliers-talonneur d'un pack, et rien qu'a regarder cela je sais comment va se dérouler la mêlée. La mêlée est une phase culturelle qui est l'apanage des "gros". Or logiquement, la très grande majorité de nos arbitres étaient des 3/4. Peut-être serait-il temps de songer à nommer des arbitres de mêlée. Etant une phase statique, elle ne nécessite pas de courir comme un lièvre, on peut surement engager des avants retraités pour arbitrer cette phase de jeu. Dans l'absolu, on perdra une dizaine de secondes à faire venir l'arbitre mêlée au bon endroit, mais on gagnera au bout du compte beaucoup de temps et surement reverra-t-on de nouveau des lancements de jeu. L'arbitre de mêlée aura pour rôle de contrôler les liaisons et les appuis, quand l'arbitre de champs n'aura qu'a veiller à la bonne introduction du ballon. Car ce n'est pas en passant une demi-journée devant un joug qu'on va faire de nos arbitres des spécialistes de la mêlée. Il faut déjà des années de travail quasi quotidien pour former un pilier ou un talonneur, alors une demi-journée c'est ridicule. D'autres problèmes existent malheureusement. Notamment les règles coercitives dictées par la LNR et la FFR. Je parle du salary cap et du numérus clausus. Rappelons les règles : chaque club du top 14 n'a droit qu'au maximum à 35 contrats pro (36 pour ceux qui viennent de la proD2) dont 19 JIFF auquel on rajoute 2 jokers médicaux (sauf pour les premières lignes). Pour une masse salariale de 10,5 millions d'euros. Prenons un exemple simple et actuel : le Stade toulousain. 37 postes disponibles or entre les blessures et l'équipe de France il y a en gros 18 ou 19 absents. 37-18 = 19 joueurs habilités à jouer pour remplir une feuille de match de 23 noms. On voit très bien qu'il y a un petit problème. Ce problème est issu du fait que les clubs sont soumis à des règles strictes, mais que d'autres instances (EDF par exemple) ne sont pas soumises aux mêmes types de règles. En l'espèce, les sélectionneurs des équipes de France ne sont pas soumis à un quota maximum de joueurs à prendre dans un club. En gros si le sélectionneur France « A » décide de prendre 14 joueurs dans un clubs et qu'en même temps, le sélectionneur U20 en prend 7 dans ce même club, il devient impossible pour le dit club de jouer un match de championnat. Si on met des limites aux clubs, qu'on mette des limites aux sélectionneurs, cela créera une certaine cohérence. Le but des limitations LNR est de faire en sorte que les clubs du top 14 aient un niveau global comparable. Si effectivement on veut aller dans cette direction alors il faut aussi que la FFR soit limitée à un certain nombre de joueur par équipe (disons 5) pour toutes les équipes de France. Le nivellement se fera plus facilement, puisque les joueurs à fort potentiels cherchant à être capés regarderont de plus près les clubs ou signer pour atteindre leurs objectifs. L'autre souci majeur est le calendrier. Comment se fait-il que le rugby soit le seul sport collectif ou l'on peut voir des matchs de championnat en même temps que des matchs internationaux ? Pour les raisons exposées ci-dessus, le championnat est faussé puisque les meilleurs joueurs ne sont pas sur le près ce qui conduit à ce que des clubs un ton en dessous qui ont la chance de rencontrer ces clubs affaiblis par l'EDF vont faire de meilleurs résultats et donc on fausse la course au maintient en plus de fausser la course au places qualificatives. Cela impose aussi aux clubs de gérer le championnat plus que de le jouer. Afin de garder au mieux lors forces les clubs ne jouent pas tous les matchs mais choisissent ceux qui revêtent un caractère stratégique. Ainsi, on ne voit quasiment plus de victoires à l'extérieur : la gestion de l'effectif conduisant à ne pas forcer hors de ses bases, puisqu'en grappillant quelques points de bonus défensifs, et en assurant les victoires à domicile ils ont toutes leurs chance de faire une bonne saison. On peut dire que sur 26 journées seulement 18 ou 19 sont réellement jouées. Le dindon de la farce est bien évidemment le spectateur et le téléspectateur qui doit subir ces non-matchs. Pour finir, je voudrai m'intéresser à la formation. Notre chère fédération la fait preuve comment dire, de schizophrénie, d'un côté, on a droit à de grands et beau discours sur la formation, et de l'autre quand il s'agit d'agir nous voila face au vide sidéral. La FFR prône la formation des encadrants mais ne propose ni stages ni formations. Le pôle France, à ce qu'il semble, vire au désastre, de plus en plus de jeunes refusant d'y aller au bénéfice de leurs clubs. une refonte des catégories école de rugby qui tuent les petites structures, alors même qu'il est demandé au comités de limiter les grandes structures. De plus, ces modifications de catégories impliquent également un changement de format des terrains pour nos gamins. Certains clubs ont déjà du mal à constituer des équipes complètes en u9 (7 joueurs à l'heure actuelle), ont à peine les structures pour pouvoir accueillir des plateaux (u7-u9-u11). Dès la saison prochaine il faudra 10 joueurs minimum en u10, et pour un plateau, plus de la moitié d'un terrain ! Comment vont-ils faire ces petits clubs de villages qui sont l'âme même du rugby ? Quelqu'un peut-il réellement croire que c'est ainsi que l'on va pouvoir développer notre sport dans les régions ou il est peu implanté ? Nous allons perdre des jeunes, des clubs, le tissu du rugby amateur. La FFR veut faire du rugby le sport des grandes métropoles, et mettre fin au rugby des clochers. Pour conclure, ce qu'il transpire des décisions de la FFR, c'est l'unique objectif, l'unique but de ses hautes instances qu'est l'argent. Le pognon pour le pognon, pas pour faire du développement, non juste pour avoir du blé, de la tune, du flouze de l'oseille, des picaillons, le grizby, quitte à en crever. Je voudrai juste rappeler que l'argent est un outil, et que sans un ouvrier pour le faire fonctionner il ne vaut rien. Aujourd'hui j'ai honte de ma licence. C'est le sentiment qui désormais prédomine dans mon esprit, au-delà même du plaisir que je peux éprouver à encadrer les jeunes. Alors la saison prochaine, je ne renouvellerai certainement pas cette licence pour ne pas cautionner ces instances fédérales, ni devoir payer pour un stade ou je ne mettrai jamais les pieds. Je vais aussi résilier mon abonnement au diffuseur pour ne plus être le complice passif de ce grand n'importe quoi. PS: merci à ceux qui auront eu le courage de tout lire.