menate a écrit :Allez pour cette fois ci on passe encore.... Vous êtes les meilleurs... Allez Massy... Du pain et des jeux mais jusqu'à quand cela va durer ce cinéma... Vous pensez vraiment qu'on va se régaler avec ce rugby... Bon courage et préparer vos chèquiers.
Toi, il serait temps que tu soignes tes aigreurs d'estomac, et que tu ne te trompes pas de cible quand tu as des critiques à faire... "Du pain et des jeux", cela c'est la recette depuis l'antiquité pour endormir le bon peuple. Je partage ton avis et tu as raison de le déplorer (surtout avant un mondial de foot), mais c'est vraiment prendre le RCME pour ce qu'il n'est pas que de le faire ici. A Massy le club fait d'abord et avant tout dans la formation de masse. Il permet à des tas de jeunes d'avoir une activité épanouissante, un espace où, dans le plaisir individuel du dépassement, on apprend le respect des règles collectives et des autres. Un endroit où quelles que soient son origine, sa situation sociale ou familiale, on partage, on construit, on se bat pour un but commun. La compétition pour tous (et pour toutes, car sans les féminines nos ambitions sociales seraient boiteuses) dans ce cadre, c'est le moteur qui pousse à aller de l'avant, celui qui fait briller des étoiles dans les yeux quel que soit ton niveau de jeu.
Il en sort bon an mal an des résultats de niveau élite et plusieurs dizaines de joueurs ont pu se construire un avenir professionnel dans le rugby et l'après rugby. Des centaines d'autres ont réussi à trouver leur place dans la société. C'est d'ailleurs une des bases avouée de l'un des objectifs du club : la cohésion sociale. Il n’y a pas que l’ambition de remontée immédiate en ProD2 dans notre communication. Quand tu passes dans n'importe quel quartier de la ville, notamment ceux où les jeunes en sont réduits à "tenir les murs" et que tu rencontres dans chaque groupe de gamins croisés un ou plusieurs que tu connais ou que tu as connu au club ou à l'école de rugby, et avec qui tu vas échanger, c'est une forte contribution au vivre ensemble local, même si évidemment cela ne peut régler tous les maux de la société. Le rugby « traditionnel » des villages est merveilleux et plein de vertus. Mais nous, ici où on construit, là où on veut toujours plus ancrer et développer notre sport favori, c’est au milieu d’une réalité sociale faite notamment d’habitants de plus de 50 nationalités, d’anciens et de nouveaux arrivants. Quand annuellement avec l'aide des partenaires du club, le RCME organise une journée où tous les jeunes de la ville (pas seulement ceux du club) sont invités à rencontrer les entreprises et à déposer leurs CV pour du boulot ou des stages, on espère, pour reprendre tes mots, que cela va durer ce cinéma. Quand le RCME organise une journée de la solidarité où tous les ayants droits des associations de solidarité et caritatives sont invités à un repas d'avant match et au stade, ce n'est pas mal non plus... Et on continue à développer l'engagement du club dans cette voie, avec cette année la multiplication des initiatives prises en partenariat avec d'autres clubs sportifs de la ville, ambitieux comme le hand ou moins sur le devant comme l’athlé.
Alors oui, nous avec ce rugby qu'on bâtit pierre à pierre, entrainement après entrainement, tournoi après tournoi, on se régale de voir que nos dizaines de bénévoles ne font pas cela pour rien et que cela donne des résultats enthousiasmants et pas uniquement sur le plan sportif. Que nos partenaires institutionnels nous accompagnent n'est guère étonnant, même si le budget du club ne repose que d'environ 10% sur les aides publiques. Quant au fait que des entreprises privées puissent s'y retrouver, eh bien tant mieux pour tout le monde.
Une fois ce cadre qui est l'ADN du RCME posé, devrions-nous au nom de nos objectifs éthiques renoncer à nous donner les moyens notamment financiers pour aller de l'avant et nous contenter d'évoluer au sein de l'élite amateure (ce qui n’a rien d’une punition) ? D'abords, je te ferais remarquer que cette interpellation n'est jamais venue de la part d'un supporter de Tyrosse quand une de nos pépites de l'époque (Julien Dupond), même si elle n'est pas aussi connue que les Marlu, Lamboley, Milo-Chluski ou Bastareaud, est venue vivre sa carrière de rugbyman en prod2 à Tyrosse... Massy, tout comme Tyrosse, est depuis longtemps fournisseur officiel de clubs plus huppés. Mais pour que l’aventure puisse continuer en grand dans notre région, que tout le monde ait envie de continuer à poussser dans le même sens, il faut que nos jeunes pousses puissent grandir sportivement ici, y réaliser leur vie près des leurs. Et cela passe par la bataille pour aligner un budget compétitif face aux concurrents, dans un contexte d’escalade dont nous ne sommes pas à l’origine, loin s’en faut. Il ne faut pas croire qu’à Massy, du fait d’une plus grande densité économique, c’est plus simple qu’ailleurs. Je me souviens d’un responsable d’une grande entreprise sollicitée pour contribuer un peu au maintien en D2 qui avait répondu, on aide déjà le SF et le RCF en IDF, on préfère « investir » à Lyon ou Lille en région… Tu dénonces l’évolution du rugby en faveur des métropoles urbaines pour des raisons économiques, mais c’est bien mal connaître notre environnement massicois que de penser que c’est homogène à l’intérieur d’une mégalopole.
Alain Gazon avait su combiner avec bonheur les bons résultats de la politique de formation massicoise avec le renfort de nos équipes par quelques apports (régionaux) extérieurs de façon à disposer d’équipes compétitives disposant de bons joueurs à tous les postes. Jusque là c’était réservé en IDF aux seuls clubs d’élite, le RCF principalement et tout le monde trouvait cela normal ! En 1994 (il y a pile 20 ans, bon anniversaire !), cela a débouché sur le premier titre majeur du RCME, une finale cadets Alamercery jouée au Parc des Princes face à Narbonne en lever de rideau d’un Clermont-Toulouse. Pourquoi veux-tu que cela ne nous fasse pas rêver aujourd’hui (d’autant qu’il y en a eu bien d’autres ensuite, y compris en Crabos) ? Tu imagines ce qu’il y avait dans nos têtes de joueurs de Fédérale 3 (ou 2 à ce moment, je ne sais plus), quand au parc on a vu s’afficher Massy/Narbonne sur les panneaux lumineux ou quand nos Marlu, Gazon, Lapèze, Antoine, Corrèges, Prion… ont levé le bouclier ? Eh bien dis-toi que c’est le même plaisir qui nous a envahis il y a deux ans, lors du coup de sifflet final à la fin de la demie d’accession en D2. Que cela se soit passé grâce à un groupe dont les 2/3 étaient alors issus de la formation massicoise (la moitié cettte année), ne nous a fait que chérir un peu plus nos renforts venus de l’extérieur du club et qui avaient si bien mérité de la patrie. D’ailleurs, j’ai vu samedi plusieurs des « étrangers (au club) » qui avaient décroché ce titre cadets de 1994. Bien que certains soient depuis repartis dans leurs contrées « défavorisées » d’origine - par exemple entraîner à Arras, clin d’œil à Alexis Kosnieczy
- , le plaisir de se retrouver 20 ans après au sein du RCME est toujours intact. Quant aux joueurs pro étrangers (ou pas d’ailleurs) qui viennent jouer à Massy, ils n’échappent pas pour la plupart à la très forte attraction locale, à notre importante volonté intégratrice, à notre style de jeu pétillant basé sur le plaisir et cela compense largement le manque de plage ou de soleil, l’environnement urbain et le stress de la vie « parisienne », ainsi que les limites bien réelles de notre masse salariale. Sans oublier évidemment l’insertion professionnelle souvent au rendez-vous.
Donc oui, pourvu que ce cinéma dure, pourvu qu’on arrive pour le bien de tous à se hisser encore longtemps parmi les grands, pourvu que notre dynamisme et notre ambition continuent à convaincre ceux qui le peuvent à nous accompagner financièrement. Et bonne chance à ceux qui n’ont pas le choix ou qui choisissent délibérément de ne pas se mettre la rate au court-bouillon et de continuer à évoluer avec bonheur dans l’élite amateure. 
Dernière modification par Massy-pas les autres... (29/05/2014 12:38:41)