Il convient en premier lieu de penser aux vaincus du jour. qui sont tombés les armes à la main et dont les supporters nombreux et enthousiastes ont contribué (fumigènes et pétards à l'appui) à mettre une belle ambiance à Serger. L'arme turipinoise aujourd'hui c'était porter la balle dans la camp adverse et tenter de jouer debout pour aller à l'essai en groupé pénétrant. Cela n'a pas suffi.
Car aujourd'hui l'équipe sanclaudienne a réalisé une première mi-temps de haut vol. Emmenés par une charnière Marini Mermet exceptionnelle cet après-midi et qui a pesé de toute sa classe (n'ayons pas peur des mots) sur le match les 13 autres équipiers ciel et blanc ont été à l'unisson. Vaillants, engagés, inspirés étouffant une équipe visiteuse dépassée pour marquer 3 essais de très belle facture et mener 28/8 à la mi-temps car le RCVT avait réussi une fois à mener à bien sa stratégie.
Magistraux dans la conduite offensive du match ils le furent aussi en deuxième mi-temmps dans un autre registre : celui de la solidarité, de l'abnégation et du courage. Car si Mermet plaçait d'entrée un drop plein d'à propos, le RCVT concluait une deuxièmle fois sa stratégie à la 47ème relançant le suspense. Il n'y eut plus rien de marqué. Le match prenait une autre tournure, âpre avec plus de déchets mais tout aussi palpitante. Le FCSC défendait avec justesse quelques pénaltouches dangereuses qui auraient pu changer la face du match et le public (1 500 personnes sans doute aujourd'hui) hésitait entre apnée et encouragements nourris aux siens. Jusqu'à la 83ème minute où Topalovic était exclu après Faussurier. A 13 qu'allaient i pouvoir faire nos joueurs sur la touche à 7 m de leur ligne ? Le match allait-il basculer pour la 3ème fois sur 4 à la sirène en faveur des visiteurs ?
NON !
Le lancer en touche courte était capté par le pilier qui se retournait pour structurer le maul mais la balle lui était arrachée, conservée au sol et dégagée en touche libérant tout le stade dans la liesse pour beaucoup et l'amertume pour nois visiteurs du jour.
On va dire malgré tout que c'est l'équipe qui a pratiqué le rugby le plus complet qui l'a emporté.
Pour ma part j'ai terminé le match la bouche sèche, le cerveau vrillé par cette tension des dernières minutes et le coeur au bord des lèvres et des larmes. Elles ont fini par se libérer pour ruisseler sur mes joues durant les 20 km me ramenant à 1 200 m d'altitude dans mon petit village où m'attend le dépouillement des européénes (70% de votants ici).
Parce que l'émotion était trop forte parce qu'il n'y a pas de plus bel endroit que Serger pour jouer au rugby parce que cette deuxième mi-temps admirable de don de soi de nos joueurs m'a remué les tripes et le reste. Parce que c'est le rugby, universel, qu'il soit de Baïgorry de la Rabine de Diochon d'Haguenau ou de Serger.
Nous voici donc en fédérale 2 avec toutes les questions inhérentes déjà évoquées ici. On verra bien. Savourons ce dimanche qui fera date dans la longue histoire du FCSC. Il n'y a pas de petite ou de grande victoire. Aujourd'hui c'était FCSC Stade Toulousain en ce qui concerne la passion et la motivation.
Un dernier mot à nos joueurs : j'ai douté, je n'ai pas tout compris comme un certain nombre de supporters du FCSC mais j'ai toujours été là et aujourd'hui les mots me manquent pour vous saluer messieurs !.
Dernière modification par hautjurarugby (26/05/2019 21:20:57)