Fédérale 2

S C Royannais, histoires d'un centenaire

#1

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Comme les temps sont durs avec cette épîdémie qui nous laisse isolés dans nos maisons, j'ai pensé qu'un peu de souvenirs occuperait notre temps, que ce soit en lisant ou en écrivant les votres. J'ai repris des textes pris sur le forum de mon club, je vous souhaite la bonne santé, prenez soin de vous et de vos proches.

RUGBY PASSION

Ancré au fond de moi le rugby est et restera une partie de ma vie, de l’adolescence à l’âge adulte, jusqu’au troisième âge voire le quatrième si Dieu me prête vie.

Il faut remonter à l’époque où il n’y avait pas d’école le jeudi, certains d’entre nous possédaient un ballon en cuir à lacet ; dès que le temps le permettait nous nous retrouvions au stade, les plus aisés changeaient de tenue dans la buvette en planches, située où sont les tribunes actuelles. Là, personne pour nous apprendre les gestes et les règles, on passait de gagne-terrain en toucher et même en petit match. On tentait de refaire ces mouvements vus le dimanche précédent au cours des parties acharnées qui rassemblaient autour du stade la population du canton. Après la messe c’était le lieu de convivialité des gens, les retrouvailles, le temps de boire un canon ou deux entre copains ou adversaires. Nos mères rouspétaient de nous voir revenir boueux ou avec quelques bleus. C’est à ce moment là que commença pour moi la passion pour ce jeu. Parfois on jouait au basket sur le terrain de la salle des fêtes, mais toujours on revenait à Ernest Chuilon. IL y avait aussi le ski qui commençait à faire son apparition sous l’impulsion de Hans Jeanneret, le Suisse aux sabots, mais çà coutait trop cher. Au Rugby pas de souci sinon de laver les effets, le club fournissait tout.

Le Rugby ce sont les rencontres, les copains, mais encore les gens que l’on n’aurait jamais fréquentés pour toutes sortes de raison et avec qui nous faisions cause commune. Ce sentiment de faire partie de quelque chose de grand, une équipe, un club où chacun apporte ses qualités et ses défauts. Les adversaires craints ou non avec lesquels d’interminables palabres s’engageaient à la fin de parties homériques. La victoire qui faisait redresser la tête et les défaites dont on peut malgré tout être fier. Les joies, les peines, les efforts dans la mêlée, ce jeu pour lequel tout ton corps s’engage, sans retenue, les jambes, les bras, le coup d’œil, la tête (enfin pour ceux qui en avait), l’intelligence avec parfois ces inspirations subites qui te font prendre un trou de souris, passer entre deux adversaires et donner une balle en or à ton partenaire qui deviendra encore plus proche de toi. La troisième mi-temps si réputée dans notre sport, celle où le supporter vient te féliciter ou t’engueuler, voire te conseiller pour la prochaine fois, l’adversaire avec qui tu feras ami-ami, avant le match retour au cours duquel tu espères bien lui mettre la pâtée. Au fur et à mesure que le temps passe la tête est remplie de souvenirs qui s’entassent, les plus marquants viennent facilement au premier plan, mais tu n’oublies pas non plus lorsque ton match n’a pas été de grande qualité.

Puis arrive la fin de ta période de joueur, les premiers temps tu as l’impression que tu pourras faire aussi bien que ceux qui sont sur le terrain, mais il faut se rendre à l’évidence, les jeunes sont mieux formés, plus techniques, mieux entrainés, plus forts physiquement. Et tu les applaudis, tu rugis comme un ours à chaque faute, tu exploses lorsqu’ils marquent un essai. C’est le moment où tu commences à vivre le Rugby par personne interposée. Et puis le temps passe, tes cheveux sont clairsemés, ils sont devenus blancs, ces jeunes que tu t’empresses d’aller voir et encourager chaque dimanche ne savent même pas qu’un jour le petit vieux a été joueur, c’était un battant on ne le dirait pas, pourtant le fait est là. Mais qu’à cela ne tienne, de temps en temps ils ressortent les photos et là on voit bien que nous étions, comme ces jeunes d’aujourd’hui : beaux et forts. C’est sans doute l’approche du centenaire qui nous rend nostalgique on va bien finir par verser quelques larmes.

Enfin je n’oublierai pas d’avoir une tendre pensée pour nos copines ou nos épouses qui acceptaient de nous suivre partout, d’être des confidentes intimes pour ce qui allait bien ou mal. Celles qui ont eu à supporter nos humeurs d’avant et après-match, celles dont le soutien nous a permis de jouer dans les meilleures conditions et qu’on retrouvait avec grand plaisir au bout d’une troisième mi-temps, juste avant la nuit où le sommeil serait agité par un interminable match sans cesse rejoué. On pensait Rugby, on respirait Rugby, on mangeait Rugby, on vivait Rugby. Je crains que la passion ne soit pas prête à s’éteindre surtout après le match contre St Etienne, un comme on en réussi une fois dans sa carrière. Pour en finir de mes divagations nostalgiques je m’adresserai à toutes ces jeunes filles qui viennent au stade, ne craignez pas ces grands gaillards brailleurs et écoutez la chanson : « Ah ! Prenez pour mari un joueur de Rugby … » Pour la suite il se trouvera sans nul doute l’un d’entre eux pour vous apprendre couplets et gestes.

Mars 2009

#2

  • SCR 26190
  • Membre
  • 26/03/2017
  • Msg : 80

yes

#3

  • Bernard
  • Méchant modérateur
  • 10/06/2004
  • Msg : 6 937

#4

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Je continue ???

En lisant ces lignes gamin d'aujourd'ui n'oublie ce que disait "Li Chan Son: "Ecoute ta jeunesse elle fera de toi  un homme"

Samedi 28 Mars
 

C'est la saison 1959/60, pour le cinquantenaire du club une équipe de cadets voit le jour pour la première fois, avec les nombreux jeunes nés en 1943 et 1944. Leur entraineur: un ouvrier sur bois, mais boucher -charcutier de formation et bistroquet en compagnie de son épouse à temps perdu. Vous l'avez deviné c'est le mari de la Daronne, le Gaston Escoffier lui-même. Ses connaissances en Rugby consistent en histoires écoutées derrière son bar. Il a une idée bien précise du jeu: en premier les placages, qu’elles étaient longues les séances auxquelles ils nous soumettaient. Ensuite ne pas avoir peur de son adversaire, tout ce qui est pris aux jambes tombent qu'il soit gros ou petit. Il nous inculque la hargne, le goût du combat et qu'à nul ne plaise, le drôle obtient des résultats avec sa bande de gamins, recrutés dans la rue.

 

Non seulement des victoires incroyables, mais il réussit à les qualifier pour une poule de trois qui les verra affronter successivement Béziers à la maison et Toulon sur la rade. Le premier match a lieu à St jean devant une assemblée record. Vous pensez Béziers que ce soit les cadets ou les seniors c'est tout de même le grand Béziers et pour l'occasion tout le canton s'est rassemblé autour des barrières, pas de tribunes à cette époque. Le match est terrible, la machine Biterroise bien huilée parvient malgré une défense héroïque à marquer un essai, non transformé. St Jean mené 0 à 3 ne perd pas courage.

 

En seconde période ils ont la "descente", au repos le Gastounet a vociféré ses conseils. La reprise voit les St Jeannais plus volontaires, plus du tout intimidés et remontés comme des pendules, ils tombent tout qui bouge mais sans parvenir à marquer. Il faut attendre les dernières minutes pour que l'arbitre accorde aux Royannais une pénalité aux 22 m en coin, côté vestiaires. C'est le dernier espoir d'arracher le nul devant des adversaires ô combien supérieurs techniquement. Fanfan Armand pose son ballon, les lacets (du ballon) du bon côté, se concentre, s'élance, botte dans la balle qui s'élève à peine, tous retiennent leur souffle... les joueurs des deux camps, les spectateurs, le Gaston devenu muet, on se croirait au cimetière. Et puis ceux placés côté Lyonne commence à hurler, il le voit arriver droit sur eux ce ballon au cuir déformé, ils lèvent les bras, la rumeur s'amplifie, gagne tout le tour du terrain, c'est gagné il est passé.

 

Il reste quelques minutes à jouer, les Biterrois ne pourront scorer encore tant la hargne qui habite ces quinze jeunes est immense. L'arbitre siffle la fin, c'est une ovation qui monte, emplit toute la vallée: les gamins ont gagné... enfin presque et devant Béziers encore! Du jamais vu! Ils sont applaudis, portés en triomphe, les buvettes font recette, les tapes sur l'épaule sont amicales, aussi viriles que la satisfaction des supporters. Ils rentrent aux vestiaires et laissent exploser leur joie, leur fierté.

 

Ils remonteront jusqu'à St Jean bras-dessus, bras-dessous, braillant plus que chantant. Gaston verse des larmes et bombe le torse. Journée mémorable de fin d'hiver1960.


La suite c'est le déplacement à Toulon, mais là c'est la défaite alors nous n'en parlerons pas pour garder au fond de nous tout le bonheur du match contre Béziers.

 

ntinue ?

 

#5

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

 

Avez-vous connu ce temps-là ? Celui où les formations d'équipe se faisaient dans l'arriière salle des bistrots ou sur un coin de table en mangeant l'omelette, entre amis ???

03 Avril 2009

 

Rugby d’antan

 

Ah là là! C'était la belle époque. Le rugby d'antan celui qu'on pratiquait il y a cinquante ans et plus. Malgré notre grand âge on se rappelle encore des épopées glorieuses, des combats homériques, des troisième-mi-temps dantesques. Que c'était beau! Ou plutôt qu'est qu'on était beau! Hein! Qui c'est qui dit que pendant cette période on a rien gagné, ben il a peut-être raison, mais ce n’est pas faute d'avoir essayé quand même.


En ce temps-là la saison démarrait fin Août, le premier entrainement commençait avec un effectif nombreux auquel ne manquaient que les gars encore en vacances, en plus des vieux routards, certains jeunes espéraient intégrer l'équipe première (il n'y avait pas souvent de réserve), tous étaient fringants comme des coqs de combat, prêts à en découdre au plus tôt, aptes à renverser les montagnes. L'effectif était composé pour la plupart des gens du canton, quoique les St Laurentinois ont toujours eu une attirance pour Pont en Royans et ses jeunes filles), ainsi que de celui de la Chapelle en Vercors dont les habitants ont toujours participé de la plus belle des manières à l'histoire du club, d'ailleurs sans se tromper on pourrait ajouter le V à SCR ce serait plus juste.


Voilà la saison débute, l'effectif est là, l'entraineur aussi enfin quand on en trouvait un. Le premier entrainement ne peut pas se dérouler à Ernest Chuilon car les campeurs occupent le terrain et les vestiaires leur sont réservés. Nous on s'entraine dans le champ à côté, celui ou est le camping actuel, maintenant le terrain synthétique, et on galope sur ce terrain inondable, bosselé, au milieu des bouses des vaches qui y ont pâturé tout l'été. Vous me direz qu'un peu de m.... n'a jamais fait de mal à personne, sauf bien sûr lorsque vous y êtes plongés jusqu'au cou.

 

Enfin tout se déroulait pour le mieux, au bout de deux entraînements on commençait les matches amicaux et à la fin Septembre le championnat serait là. On jouait souvent en quatrième série parce que çà engendrait moins de frais de déplacement, si par malheur il nous arrivait d'entrevoir la montée on se débrouillait pour perdre et rester en quatrième ou troisième série. C'était comme çà.

 

Pour les entrainements l'assiduité, bien qu'encore en début de saison, n'était pas au rendez-vous. On se retrouvait souvent sept ou huit à courir dans la nuit, plus tard on aurait des lampions nous permettant à peine d'apercevoir le bout de nos chaussures. C'est pour çà que certains n'ont jamais vu plus loin que le bout de leur nez (je rigole). A l'entrainement vous avez les purs, parcourant inlassablement le tour du terrain et derrière les barrières en plus, d'autres consciencieux quand même font les tours, mais à l'intérieur des barrières, quant aux derniers ils tournent sans fin au ralenti autour du centre du terrain, ils pourraient s'endormir et tourner sans peine, un fil invisible les rattache au centre, par contre ce sont les plus épuisés à l'issue de la séance. Après on entame la répétition des lancements de jeu, la tactique ... mais à sept c'est difficile, l'entraineur crie bien un peu mais rien n'y fait; et puis il y a les incontournables dont on ne peut se passer, qui viennent quand ils le décident eux-mêmes.

 

Les matches de championnat attirent une foule importante de spectateurs, surtout si on a des résultats, c'est pareil aujourd'hui. Il y avait aussi les conseilleurs, pareil aujourd'hui, les mécontents, idem, les toujours contents, rien n'a changé sur ce plan là. Par contre les déplacements voyaient l'effectif fondre comme neige au soleil, les jeunes étaient contents, çà leur permettait d'intégrer l'équipe, mais souvent on jouait en nombre réduit. La belle époque je vous dit.


Le jeu!! Vaste dilemme. Les plus doués jouaient pour eux, de vraies tenailles et ils t'engueulaient encore. Les règles te permettaient en ce temps-là de dégager en touche de n'importe quel coin du terrain, on ne s'en privait pas et comme les en-avant étaient nombreux on passait son temps en mêlées et en touche, l'ouvreur à cette époque était plus une serrure qui se contentait de dégager le plus loin possible; Par contre le paquet souverain il fallait le respecter. D'abord choisir le terrain était impératif, avoir la montée en première mi-temps était primordial, vu l'intensité des séances d'entrainement seule la descente en seconde période pouvait nous permettre de gagner. Deuxième chose : éviter de faire courir les gros en leur faisant traverser le terrain dans la largeur, lorsque vous vouliez trouver une touche il fallait que ce fut prêt de la ligne où ils se trouvaient. Hein que c'était la belle époque !!!

 

Le plus difficile pour le coach, c'était la période de chasse, dès qu'une troupe de sangliers était signalée, les licenciés Nemrod fonçaient dans la forêt, on se demande s'ils avaient le temps de quitter les crampons. La période d'hiver aussi était aléatoire au niveau de l’effectif, certains se trouaient être frileux subitement.

.
Et bien mes aïeux, je ne suis pas en train de vous faire l'éloge de ce temps-là et si je l'appelle la belle époque c'est un peu par dérision, aussi pour lancer un clin d'œil ironique à ces vieux de mon âge qui semblent ne pas se souvenir de tout.


Mais au-delà de tout çà le club a vécu parfois bien, parfois mal. Il s'en est malgré tout tiré et avec les honneurs. Venir jouer à St Jean était considéré par nos adversaires comme une épreuve insurmontable et cette tradition perdure encore aujourd’hui. Lorsque St Etienne est venu cette année leur entraineur leur avait recommandé de se méfier, l'esprit combatif du Royans Vercors n'est pas une illusion et eux comme les autres s'en sont rendus compte à leur dépens.
Et si dimanche pour les Laboureurs on parvenait à enterrer les espoirs Chambériens, et pourquoi pas ? Pourquoi pas ?

 

Voilà c’était le Rugby d’antan et malgré tous ces inconvénients j’y ai pris du plaisir

Et connu nombre d’amis.

 

Pour ce qui est du résultat SCR-Chambéry, aucune surprise le premier de poule est venu gagner sur nos terres 62-31 à l’issue d’une partie comme je n’ai jamais connu et jamais revue, 9 essais à 5, le public était enthousiasmé, je me suis même surpris, après match à aller féliciter les joueurs Chambériens pour leur prestation. C’est même un plaisir de perdre devant une telle équipe et un tel jeu.

 

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#6

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

C’est tellement bon de se rappeler ces souvenirs de jeunesse !

2 Avril 1909

Cadets d’une autre époque, suite

 

Revenons pour un temps sur la fameuse équipe des cadets de la saison 1959/60.

Ce jour de Pâques 1960 le club fêtait ses cinquante ans, le match de gala prévu opposerait Romans à Vienne à 15h. Quel public ce jour-là massé autour des barrières, oubliés les vêpres, oubliées les parties de cartes ou de boules, oubliées la pêche, les morilles que sais-je encore ?

Ils étaient tous là, c'était noir de monde, les buvettes ne désempliraient pas jusqu'à la nuit.

 

Comme nos cadets avaient obtenu de bons résultats, le Gastounet (Escoffier vous l'avait deviné) eurent le privilège de jouer en lever de rideau. Pour l'occasion on mit en jeu la coupe Martini contre le réputé RCRP (RC Romanais-Péageois). Les deux équipes du moment se rencontraient sur le terrain du glorieux SCR.

Montés comme des pendules les cadets des deux équipes n'attendaient que le coup de sifflet pour en découdre. En attendant les petits St Jeannais se préparaient dans leur vestiaire, enfin comme vestiaire ce jour-là ils eurent droit à l'usine Bonnet, mais ils n'avaient que faire de poser leurs vêtements sur les déchets de bois, qu'importait d'avoir à se laver ensuite à l'eau du canal. Ils n'avaient qu'une chose en tête: remporter cette coupe.

Le match débuta mal puisque après quelques mêlées ils durent se passer des services du pilier droit plié en deux par son vis-à vis, par contre dans leurs rangs les St Jeannais avaient un atout majeur: un trois-quart aile possédant une vitesse phénoménale, un petit détail quand même, on était obligé avant chaque rencontre de lui dire de quel côté il fallait aller poser le ballon et derrière quelle ligne, le reste avec sa vitesse stupéfiante (champion Dauphiné-Savoie du 60 mètres) le reste n'était qu'une formalité. Enfin nous ne rentrerons pas dans les péripéties du match, d'abord nous n'en avons pas le souvenir exact. Même le score on s'en fout, seul le résultat compta puisque la valeureuse équipe du RCRP fut défaite et on empocha la coupe Martini.

Cette coupe fut bien entendu confiée à Gaston Escoffier qui la mit en évidence derrière son bar. L'année suivante elle serait remise en jeu. Hélas l'année suivante le SCR n'eut pas assez de jeunes pour former une équipe cadets. Il allait falloir rendre la coupe chèrement gagnée. Le Gaston devint, nerveux, puis agressif, puis pensif. Et enfin il sut ce qu'il allait faire pour conserver ce trophée. C'était simple comme bonjour il la garderait tout simplement, prétextant qu’une fois gagnée c'était gagnée, la coupe ne nous appartenait même plus à nous les cadets, elle était devenue sienne, sa chose. A partir de ce moment-là il l'afficha moins en vue au cas où ??? Sait-on jamais ? Quelqu'un de bien intentionné aurait pu la lui dérober.

Aujourd'hui, cinquante ans après qu'est-elle devenue ? Nous n'en savons rien. Cinquante ans après, çà n'a pas d'importance, mais quand même ! Maintenant décédé on suppose qu'il l'a emportée avec lui dans sa tombe, mais on ne sait pas car même St Pierre ne l'aurait jamais vue. Dans une autre vie, peut-être acceptera-t-il de la remettre en jeu ?

En attendant garde la bien au chaud et lorsqu'on te rejoindra nous pourrons encore l'admirer en jetant d'en haut un coup d'œil sur les cadets d'aujourd'hui qui ma foi nous font bien plaisir.

Allez à plus!!!

 

« La chose admirée attise la tentation

Celle cachée brise l’envie »

Li Chan Son

#7

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Une histoire pour Pépé le cent

Jeudi 2 Avril 2009

Salut Pépé, comme tu nous as incités à raconter nos petites histoires en voici une!
La vieille (l'association SCR fondée en 1909) avait déjà soixante ... je calcule ... 66 ans), çà nous fait faire un bon en arrière et nous nous retrouvons en 1975 pour le dernier match des poules de troisième division. Les équipes seniors se déplaçaient à Chambéry, tiens donc, Chambéry! Est-ce un hasard de parler de ce match? Non c'est une coïncidence et si les seniors de la une se déplaçaient en Savoie pour la victoire et assurer la qualification, ce fut chose faite. Pour l'heure nous ne parlerons pas des équipiers premiers mais de l'équipe réserve.

Cette histoire me fut racontée par un supporter qui ce jour-là fit le déplacement pour le dernier match de poule.
Avant de démarrer il faut faire quelques précisions concernant l'équipe réserve de ce temps-là et certainement toutes celles qui ont suivi. Vous avez des joueurs plein de promesses pensant avoir leur place en équipe fanion mais n' y accédant jamais, ceux qui ont la chance d'y jouer mais qu'on a rétrogradé injustement à leurs yeux et que vous ne voyez plus depuis, quelques juniors ayant joué un match le samedi mais insatiables de rugby, ajoutez encore ceux qui ont peur des déplacements périlleux (il y en avait je vous assure), et enfin les réalistes toujours fiers de porter leur maillot, disons plus simplement qu'ils aiment le rugby à n'importe quel niveau où il se joue. Nous allons aussi rajouter les nombreux blessés de cette saison-là qui ont contraint l'entraîneur Hugonnard à puiser dans les juniors et la réserve pour alimenter son équipe fanion.

Donc ce jour-là à Chambéry on vit l'équipe des « sans grade » entrer sur le terrain avec le nombre minimum pour jouer le match, c'est à dire 11 joueurs. Imaginez un peu: 11, pas d'arrière, pas d'ailiers, pas de flankers. L'entraîneur de l'époque, Hubert L., plutôt accompagnateur qu'entraîneur, ne leur fit pas de grand discours dans les vestiaires, il leur demanda simplement de montrer leur détermination et qu'au moins pendant un quart d'heure ils n'encaissent pas d'essai. On mit l'ailier jusqu'alors roi de l'interception monter en tronche, le trois quart aile passer à la mêlée ... ainsi de suite ... c'est dire qu'avant d'entrer aux vestiaires ils étaient abattus et déçus par leurs soi-disant copains, absents pour l'occasion.

On ne sait si le discours du père L. dans les vestiaires, (lui-même retenu par la force des choses en première), ou s'ils avaient absorber du viandox, communié avant de partir, enfin on vit des fauves entrer sur le terrain. Les adversaires narquois pensaient que l'affaire serait facile, que nenni, pratiquant le péché d'orgueil les savoyards de l'époque, au grand dam de leur entraîneur passèrent leur temps à vouloir jouer égocentrique, si bien que non seulement les petits St Jeannais n'encaissèrent aucun essai dans le premier quart d'heure, mais parvinrent à la mi-temps avec un score en leur défaveur de 0 à 3. Un miracle me direz-vous? Non une envie, une envie de bien faire, de ne pas être ridicules, d'exister. C'était énorme ils parvenaient à résister à tous les assauts Chambériens. Par contre, à la pause on les vit fatigués, harassés, anéantis par la fatigue, mais ô combien fiers d'eux même, d'eux tous.

Bien sûr leurs adversaires trop présomptueux sur le premier temps se firent remonter les bretelles par leur coach et la deuxième période vit l'écroulement de l'équipe, ils encaissèrent tant de points que Chambéry magnanime leur prêta quelques joueurs pour terminer la partie. Les points encaissés? Pas d'importance!

Ce que mon témoin m'a raconté c'est que ce jour-là les sans-grades de la « deux » reçurent une ovation à la sortie du terrain de la part de leurs adversaires d'un jour. Un spectateur entrant à ce moment précis aurait pu penser que St Jean avait gagné, effarant non!

S'ils se reconnaissent, ces onze, qu'ils sachent qu'ils peuvent être fiers, qu'ils n'hésitent pas à dire parfois: « en 75 j'y étais à Chambéry »; Dans la mémoire de notre conteur il y a tant de trous qu'il ne se rappelle pas des noms de ces gars et en oublier un seul serait faire injure à tous. Ce jour-là ils ont été des guerriers. Il s'agit d'un évènement dont sans doute personne, si ce n'est eux, ne se souvient mais on va quand même leur attribuer, avec quelques années de retard, le prix de la combativité, du courage, de la simplicité, et en plus une admiration sans borne de la part de cet observateur.

Maintenant que cette histoire est contée, que pensez-vous de tant de vaillance? L'équipe réserve a réussi l'exploit durant une mi-temps à 11 contre 15, pensez-vous que l'équipe première soit capable de réaliser l'exploit durant deux mi-temps ce dimanche qui vient? Est-ce une coïncidence que de raconter de telles histoires à la veille du grand match, ou la venue du centenaire rendant les amateurs disert ?

ALLEZ SAVOIR !

 

 

#8

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

De cadets en Juniors B

 

Samedi 4 Avril 2009

Je souhaite compléter l'histoire de Cinquantenaire et de ses cadets.

La saison suivante, 1960/61, la grande majorité devint juniors B, c'est à dire première année. Leur effectif grossi par les cadets surclassés avait été renforcé par la venue de Cogne le deuxième ligne de St Hilaire et Abisset, troisième ligne, d'Hostun. 

Toujours sous la houlette de Gaston Escoffier ils attaquèrent les matches de poule comme des seigneurs, ne laissant aucune chance à leurs adversaires ils n'ont concédé aucune défaite. A ce moment-là on se croyait les rois du monde, on était les rois du monde. Dans chaque rue, quelqu'un nous demandait: « comment çà s'est passé hier? » Fiers comme Artaban on leur répondait gentiment, chaque supporter s'intéressait à nous, bien autant qu'aux seniors qui eux aussi obtenaient de bons résultats. Mais nous les gamins on avait quand même la préférence. 

Donc auréolés par tant de succès et qualifiés dans une poule de trois nous nous apprêtions à jouer le titre de champion des Alpes contre l'USRP, en tête dans l'autre poule avec un seul match perdu. Hélas le calendrier ou les instances Alpines (nous étions peu considérés à ce moment-là) ont décidé en toute simplicité de faire de Romans leur champion. Tant pis! Même si on s'est senti volé, il y avait deux rencontres importantes à jouer. La première contre le prestigieux FC Grenoble et la pour la seconde nous serions opposés à Valence sur le terrain des Baumes. 

C'est sans doute un hasard, ce match contre Grenoble allait se dérouler le dimanche de la fête des Laboureurs à 15 heures, nous avions la vedette. On craignait quand même que le corso nous prive de spectateurs. Mais non! Au contraire, je n'avais jamais vu autant de monde au bord des touches, en plus le soleil était de la partie. On dit que l'histoire ne se répète jamais, mais n'est-ce pas une coïncidence avec le dimanche qui vient. Nous aurions souhaité le faire exprès, çà n'aurait pas mieux marché.
Et voilà les Rouge et Noir qui attaque bille en tête, hélas Grenoble plus aguerri ne tarde pas à scorer et la pause arrive avec un déficit de huit points à 0.

Mais, mais...nous avions gagné le droit de jouer à la descente en seconde période. Il y avait un handicap devant une telle équipe, avec cette mythique descente l'espoir semblait intact. On parlait de mettre les adversaires à la Lyonne (paroles souvent entendues... en toute amitié). Vous imaginez bien qu'en racontant cette histoire la fin fut heureuse, sinon je serais resté couché auprès de ma douce. Après quarante minutes d'une intensité incroyable le FC Grenoble rendit les armes sur le score de 9 à 8. A la suite du match nous sommes rentrés sur St Jean bras dessus, bras dessous en chantant, plutôt en vociférant, nous avons envahi les rues sous les applaudissements de la population (j'exagère à peine).
La deuxième rencontre à Valence vit le même scénario, menés 6 à 0 au repos, nous terrassons les adversaires par 8 à 6. Si nous manquions de technicité nous avions de la pugnacité, de la hargne à revendre. A cet instant je voudrai faire un petit coucou aux juniors d'aujourd'hui qui ont les deux et qu'on félicite pour les excellents résultats obtenus ces dernières saisons. Continuez il nous faut un titre de champion de France!


Voilà nous avions gagné deux matches importants, de la plus belle des manières. La suite s'avéra être moins honorifique puisque opposés à Chateaurenard en seizième de finale à Livron nous avons encaissé essai sur essai, 0 à 16 pour terminer par une bagarre générale.
Oublions vite ceci et gardons en mémoire les exploits réalisés précédemment, sans oublier de citer cette équipe de Châteaurenard et ses attaquants aux jambes de feu.


Je ne peux m'empêcher de revenir sur le hasard qui fait que l'équipe première d'aujourd'hui va rencontrer demain dimanche, pour la fête des Laboureurs, par beau temps, une équipe (Chambéry) supérieure à elle, première de la poule.

 

Vous croyez, vous qui lisez ces lignes, qu'ils pourraient causer la surprise, vous pensez un seul instant qu'ils seront capables de ..., Vous ne sentez pas le petit espoir qui ..., Vous n'avez pas l'impression de ..., vous ne savez pas ? Moi non plus, mais si ..., si ...

Avec des si il parait qu'on ne fait rien ... et «Si « au bout du compte on chantait Dimanche soir. 

Qu'en penses-tu, toi qui lis ces lignes? 

Il n’y a pas eu de surprise 31-62, j’en ai déjà parlé. Malgré cela ils ont chnaté !!!

 

#9

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Demain ce sera au tour d'une femme d'exprimer son sentiment sur le Rugby

#10

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Rugby vu au féminin par Mémé Cent

18 Avril 2009

Depuis le temps que je lis la prose délirante de Pépé le Cent je voudrais y mettre mon grain de sel et dire à tous que le Rugby n’est pas ressenti de la même manière par nous les femmes : copines, épouses, mères, filles, grand-mères.

Car enfin c’est quoi le Rugby, ce jeu de fous qui les fait se courir après pour attraper un ballon même pas rond. Ils se roulent dans la boue comme des sangliers, ils retournent la terre du terrain et ils appellent çà une pelouse. Pourquoi ne bêchent-ils pas leur jardin aussi bien qu’ils retournent la fange du stade, mieux que ces sangliers auxquels ils ressemblent les soirs de match.

Ils font les fanfarons voulant prouver leur vaillance, leur force, mais quand ils rentrent le soir, mon Dieu qu’ils sont douillets, vous arrivez à peine à les soigner, vous les effleurer, ils font aie ! Aie ! Aie ! Le lundi ils n’arrivent plus à bouger, perclus de douleurs musculaires, jusqu’au mardi. Dès le jeudi soir ils s’empressent de retourner au stade, à peine fini le travail ils foncent prenant à peine le temps de nous embrasser.

Et que dire de la fin de la semaine ! Du Lundi au Jeudi, entre copains ils n’ont parlé que du match passé, dès le vendredi ce sont de grands projets, ils vont tout gagner, renverser l’adversaire. De temps en temps ils pensent un peu à nous, mais le samedi soir alors que les enfants couchés, nous retrouvons un peu d’intimité après une semaine de labeur et qu’on espère de la tendresse, rien ils se réservent pour le dimanche, ils ne veulent pas s’épuiser les pauvres chochottes. Le matin inutile de leur parler, ils se concentrent ! Ils déambulent, même pas rasés, on dirait des spectres.

Le dimanche soir après le match, perdu ou gagné, ils font ce qu’ils appellent la troisième mi-temps. Et nous, pauvres de nous, nous les suivons et les écoutons ressasser sans arrêt les actions de la partie passée, les bons moments bien sûr, parce que mon grand dadais il ne parle pas du placage manqué qui a failli coûter la victoire. Et qu’est-ce qu’ils boivent. Ils boivent, ils parlent, ils reboivent et reparlent. Ensuite bien évidemment nous retrouvons notre logis, mais là fatigué, épuisé, éreinté il rejoint le lit conjugal pour enfin … s’endormir comme une masse. Ne vous en faites pas, la nuit n’est pas finie : même dans son sommeil il va encore jouer au Rugby, ce sont des coups de pied intempestifs, des grognements gutturaux (il a dû en plaquer deux à la fois), et je ne vous parle pas des ronflements capables de réveiller les morts si nous habitions près du cimetière.

Moi j’ai eu un mari amoureux de ce jeu, plus deux fils et maintenant un premier petit-fils déjà adhérent à l’école de Rugby. Quant à notre fille que croyez-vous qu’elle ait pris comme époux ? Encore un grand échalas mal foutu, fanfaron sur le terrain, mais timide voire timoré dès qu’il est devant moi la Mémé. Il me craint et c’est tant mieux, non mais ! Qui est-ce qui porte la culotte à la maison ?

Enfin la saison de Rugby prend fin, cette année elle fut plus longue qu’à l’accoutumée, ils s’étaient qualifiés et là ce fut une folie dans le village, le canton. De partout on a vu sortir des gens jamais entrevus, de la folie, le dimanche les rues étaient désertes, tous partaient voir le fameux match. De temps en temps j’y assistais mais je dois vous avouer n’avoir pas partagé cet engouement. Quand je voyais mon époux, puis après mes enfants, même ce benêt de gendre disparaître sous la mêlée, mentalement j’adressais une prière à la Sainte Vierge, la seule pensais-je à pouvoir comprendre mon sentiment.

Et voilà ! Toute chose a une fin, le Rugby aussi, mes hommes ont interrompu leur passion, nous allons enfin redevenir une vraie famille.

Hélas, trois fois hélas, ils se sont découverts une autre passion, le mari, les deux fils et le gendre ont décidé de former une quadrette de boulistes.

Dites-moi vous qui avez eu une vie identique, pourquoi, mais pourquoi les aime t‘on quand même ???

Lire les écrits de cette femme de caractère me fait penser à ce que disait le philosophe « Li Chan Son » lorsqu’il conseillait les gamins autour de lui :

Petit écoute !

Lorsque adulte tu seras

Femme tu prendras

Belle souvent tu lui diras

Sourire toujours lui viendra

Sinon tu la perdras

#11

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Histoire d’un finale

1961, année de la première finale du championnat de France pour le SCR.

Ce jour de printemps voyait les « rouge et noirs » affronter les Gersois de Mirande, auparavant les Royannais avaient dû se débarrasser de Thiers en seizième, joué à Cours la ville dans le Beaujolais, là où Pascal Teston se blessa à l'épaule et où j'appris à déguster le nectar du coin.

 

Après ce moment-là deux juniors furent incorporés à l'équipe, Michel Escoffier et François Armand père de Nicolas.

Puis en huitième à Livron ils se défont de Sigean, le match le plus tendu fut le quart à Pèzenas contre Auterives (pas le pays du facteur) où ils ne furent départagés, après prolongations, qu'au bénéfice de l'essai. Un vent à décorner les bœufs soufflait en rafale et Bab Armand trouvait soit des touches de 15 mètres soit de 80 mètres. Un autre junior fut incorporé ce jour-là, votre serviteur Hubert Laude qui à part courir en vain après la balle portée par le vent fit un arrêt de volée salvateur dans ses 22. Il remplaçait à l'aile le grand Marcel Dallon victime d'un ... panaris. Rare pour un rugbyman de se blesser de cette manière-là, mais avec Marcel rien d'étonnant.

Le jour de la finale arriva et l'on se retrouva encore une fois à Pèzenas mais avec un soleil écrasant et pas de vent du tout, même pas pour se rafraîchir.

 

Avant le match les joueurs étaient tendus, pas un ne soufflait mot, même Jacky Clément n'ouvrait pas la bouche, c'est dire que la tension était extrême. L'entraîneur, Titou Serve, venu s'occuper de nous depuis les Seizièmes, mâchonnait sans fin son mégot, il allait le manger durant la finale. La casquette ferait aussi bien des tours sur sa tête.

Enfin le moment tant attendu arriva, quelle surprise sur la touche quand on découvrit quelques supporters, ils étaient six : Lolo Piège et ses beaux-frères Bazzoli et un ancien joueur de Pont en Royans: Seyvé et son épouse si ma mémoire est bonne. Jean Thomas blessé à l'épaule et insuffisamment remis se vit confié la tâche de garder en mains les citrons de la mi-temps, en compagnie d'Hubert Laude remplaçant lui aussi. En ce temps-là les remplaçants ne rentraient pas, ils servaient juste si un joueur se blessaient avant l'entrée sur le terrain. C'est sans doute pour cela qu'on voyait les opposants et nous-mêmes détruire le joueur plus que le jeu.

La finale fut âpre, les Gersois du jour au même niveau que les St Jeannais, on s'acheminait vers une nouvelle prolongation, les Rouge et noirs avaient la balle en mains et se la passaient des uns aux autres sans avancer d'un pas lorsqu'un diable surgit à tout vitesse, intercepta et après quarante mètres d'une course, ultra rapide pour un pilier, s'en alla déposer le cuir derrière la ligne.

 

Fin! Les Royannais ne purent remonter ce handicap et lorsque le résultat fut annoncé à St Jean, où se déroulait ce jour-là sur le stade Ernest Chuilon la fête de la Jeunesse, pendant une minute plus un bruit ne fut entendu, une chape de plomb était tombée sur tous.

Au retour et malgré la tristesse on était quand même contents de notre saison. On fêta même cela par un banquet, nous étions tout de même vice-champions de France de quatrième série, les dirigeants avaient prévu les agapes. Bien sûr il y avait Fernand Liottard se morfondant d'avoir adressé cette passe et quarante huit ans après il s'en veut encore. Fernand! Tu n’étais pas seul ce jour-là, le pilier Mirandais, j'étais témoin, est passé au milieu de tous. C'est marre! Rappelle-toi plutôt ce bon moment de liesse au cours du « banquet pique-nique » mangé au bord de la route dans un champ de luzerne. Le menu, j'allais oublier: pain saucisson fromage et vin rouge.

C’était pas le bon temps çà!

 

#12

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Réponse du Pépé à Mémé Cent

Mémé ! Mémé ! Pourquoi tant de hargne, moi qui t’ai gâtée (pas au sens du fruit bien sûr) durant toutes ces belles années de Rugby.

Bon d’accord ! C’est vrai que la passion m’habitait alors, mais du lundi au vendredi tu pouvais compter sur moi. Tu dis quoi ?

Deux à trois soirs par semaine tu allais jouer aux cartes au bistrot.

Oui ! C’est vrai mais enfin rappelle-toi lorsque tu venais avec moi en déplacement, le voyage à Cannes en Octobre 1970, où tu pus voir une mer bleue magique, le soleil nous avait accueilli chaleureusement. Quoi encore ? A cause de l’incendie faisant rage tout autour on était sous une pluie de cendres, mais l’incendie ne nous avait-il pas contraints à prendre la route de la corniche. C’était d’une beauté à couper le souffle, une vraie carte postale avec cette mer bleue, les montagnes rouge...

Et une pluie de cendres !

Je t’ai même emmenée avec moi en Italie, par deux fois. Tu te souviens de notre nuit à Dormelleto, bien sûr il ne se passa rien, le lendemain le match serait dur. Nous étions au bord du lac Majeur, tu les as vues les iles Borromée ?

… derrière la vitre du car ?

J’en conviens mais même de loin on entrapercevait les massifs de fleurs, magique non ?

…Sous la pluie !

Et à Beaune, à Figeac, à Annonay partout dès que nos parents acceptaient de prendre en charge les gosses tu m’accompagnais, tu étais ma muse …

Oui, ton infirmière aussi.

Et lorsque la victoire était au bout, nous étions heureux tous les deux ?

Surtout avec tes copains ! j’ étais là pour les soirs de défaites !!!

Aie ! Tu es dur avec moi.

Et après lorsque les enfants ont été grands, tu venais parfois les admirer sur le terrain.

… Je tremblais à chaque instant !

Pourtant tu paraissais heureuse, tu retrouvais tes amies : la Grande, la Louisette et d’autres, vous papotiez gentiment sur la touche…

Pour ne pas voir le carnage !

Là tu exagères un peu, pour être aussi dure tu as quelque chose à me demander … d’ailleurs ton petit sourire narquois le laisse pressentir ? Je te l’accorde d’avance ! Que dis-tu ?

Je veux aller voir un match international au Stade de France.

Tu sais à cette période je joue aux boules ! Mais enfin … je vais me sacrifier et nous irons tous les deux admirer ces athlètes, tu vois je fais un effort moi aussi.

En attendant ma douce, viens près de moi. Maintenant nous sommes vieux, seuls à la maison, nous pouvons faire ce que nous voulons, quand nous le voulons. Cà prend plus de temps, mais du temps nous en avons. Allez rapproche-toi, un peu de tendresse sera réconfortante.

Entre nous rugbymen, elles sont dures nos épouses, non ?

 

#13

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Hommage

- Oh Pépé, tu dors ?

- Mais non Mémé, voyons je réfléchis

- C’est quoi ce bourdonnement entendu, tu ronfles?

- Qu’est ce que tu vas chercher, je me parle à moi-même.

- Et cette goutte sous ton œil, tu pleures ou il y a une fuite dans la maison ?

- Dis Mémé t’as pas des choses à faire plus importantes plutôt qu’à rester là à m’espionner ?

Enfin ! Elle me lâche. Je l’appelle ma muse mais parfois elle est collante non ! Qu’est ce qu’elle va s’imaginer ? Que je pleure ? Non mais un grand garçon comme moi, à mon âge.

Bon c’est vrai qu’en cette période de centenaire il m’arrive des souvenirs de toutes parts et la nostalgie s’empare de moi. Comme je suis encore un gamin fragile et sensible je suis vite ému. Y’a pas à dire la mémé, collante peut-être mais fine mouche, elle a deviné mon émotion, je ne peux rien lui cacher, je me demande si elle ne lit pas dans mes pensées, c’est vrai la nuit je parle et elle, elle enregistre tout.

Figurez-vous que mes pensées allaient vers les dirigeants connus par moi et mes amis. Ces dirigeants remarqués seulement lorsqu’ils prenaient beaucoup de place dans l’organisation comme les Cluze, mon ami le Capitaine de cavalerie Lecarpentier, le docteur Laforest, docteur es Rugby, Gaston Escoffier … Etc … Mais les autres, les obscurs vous en souvenez-vous ?

De l’Henri Brétière faisant équipe avec le Gaston pour économiser au plus près, de son beau-frère Mauny (grand-père du joueur Duc) coincé dans son guichet pendant des heures, ne voyant que la moitié des matches. Qui se rappelle de Périn, ancien joueur lui-même, traçant le terrain à la sciure et à la main le samedi matin ? Chouillac son beau-père, Henri Souteyrat et son frère Evariste avec qui nous les gamins on se permettait de plaisanter sans façon. Le père Carle, Hervé Biarrat, La Piche Chuilon, le père Rousset …Etc… J’en oublie, qu’ils ne m’en tiennent rigueur, ils sont si nombreux à avoir servi le Club qu’il serait bien difficile de tous se les rappeler.

Cependant il y en a un évoquant toute mon histoire rugbystique, d’enfant-spectateur, lorsque je le voyais sur le terrain en compagnie de son frère Marceau, puis joueur alors qu’il devenait dirigeant, jusqu’à ma retraite au cours de laquelle je redevins spectateur, et lui il était toujours là.

Partout il nous a accompagnés, soigneur, arbitre de touche (avec ses bottes si le terrain était trop boueux). Il a tout connu avec nous et les autres, tous les terrains, de Savoie en Provence, du Massif Central en Italie. Les défaites, les victoires, les déceptions, les joies, les montées, les descentes, la gloire, la honte. Toujours sans élever la voix, sauf bien sûr lorsque ce garnement de Lulu lui demander pour la énième fois un short qui lui servirait à jouer aux boules.

Toujours là, toujours présent, il accourait avec l’éponge magique à chaque accroc, il distribuait eau et citron à la mi-temps. Sans bruit, sans éclaboussure, toujours là, discret, pas d’éclat, seulement une présence qui rassurait. Tu vois mon Juju on ne t’a pas oublié ; cette année de centenaire c’est aussi ta fête à toi, combien as-tu passé d’années dans le club, combien de joueurs as-tu connu, à combien d’entre eux as-tu remis un équipement, combien de fois as-tu distribué ces maillots rouge et noir ? Il y aurait trop de chiffres à énoncer, pour moi et certainement beaucoup d’autres tus es unique. Pendant toutes ces longues années tu n’as fait qu’un avec le SCR, bien sûr tu y as pris du plaisir sinon qui serait assez bête pour faire des choses sans y trouver son compte. Enfin mon Julien ou Torin, c’est de lui qu’il s’agit, je me suis permis de te tutoyer comme nous le faisions tous, comment faire autrement lorsque l’on parle à un ami.

Encore une fois merci monsieur Julien Meunier, vous êtes un grand, le SCR se souvient de vous et avec tous ces mécréants qui nous écoutent nous allons vous faire une ovation. VIVE JULIEN !

En attendant … Aie la mémé revient ? vite que je m’essuie les yeux sinon elle va encore penser que ce sont des larmes alors que c’est juste un courant d’air, un air de cent ans.

Portez-vous bien !

#14

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Qui est le Cent ? 26Avril 2009

Qui se cache derrière ce pseudonyme ? Certains ont peut-être une idée de ce personnage fantasque, enfin qui est-il ?

Qui est le cent ?

C’est toi le grand diable au crâne poli par l’âge, toi le petit joueur en rouge et noir s’efforçant de paraître plus fort qu’il n’est, encore toi le spectateur braillant, encourageant, frémissant, passant du rouge de la colère au vert de la peur ?

Ou bien serait-ce toi la femme timide venue admirer son gamin à l’école de rugby, craignant pour lui et en même temps ressentant le plaisir de sa belle santé ?

Sont-ce vous les dirigeants remuant ciel et terre pour boucler un budget, traçant le terrain, cuisant le boudin, distribuant les billets ? …

Est-ce toi le disparu des années vingt, trente, quarante dont l’âme plane encore sur le stade en pente des bords de Lyonne ?

C’est toi le conducteur du car emmenant ces gamins à travers Provence, Auvergne, Dauphiné et Savoie ?...

C’est toi le tenancier écoutant sans relâche les mêmes mots, dimanche après dimanche, génération après génération ?...

Toi, la jeune fille déjà amoureuse de ce beau jeune homme en rouge et noir ?

Toi le curé priant pour la victoire, toi l’ennemi d’un jour, implorant le ciel dans l’attente de la défaite.

Ou encore toi dont les parents te trouvaient trop fragile pour jouer à ce jeu de brutes, ou te préservant pour ne manquer ni tes études, ni ton travail ?…

C’est toi la pluie rendant le terrain marécageux, toi la neige empêchant la partie de se dérouler, le gel durcissant le sol, brûlant la peau de celui qui tombait ?

Toi le canal qu’en quelque occasion on vit déborder justement pour que le match soit reporté ?

Toi le soleil brillant de mille feux aveuglant l’adversaire ou le partenaire, toi le vent dansant avec le ballon, l’emportant loin de nos mains tendues ?

Est-ce toi le chemin, la route qui vit passer les jeunes, hommes et femmes, moins jeunes, plus vieux, tremblant encore du bruit de leur pas ?

Est- ce toi encore l’herbe repoussant à chaque printemps et dévastée chaque hiver, ou toi le grand peuplier faisant de l’ombre et finalement abattu justement parce tu en avais trop ?

C’est toi l’homme en noir, jaune ou vert, sifflet à la bouche, réglant le jeu suivant les fautes de ces toujours mécontents ?

Toi l’adversaire venu des quatre points cardinaux qui fit la gloire ou l’infortune des rouge et noirs, celui avec qui on sympathisait ou contre qui on vitupérait ?

Le Cent c’est comme la rivière née d’une goutte de pluie, puis d’une autre et une autre encore, d’un flocon de neige, d’un cristal de glace, d’une feuille envolée, d’un fétu de paille, d’un morceau d’écorce, de grains de roche. Grossissant son flot des uns et des autres pour n’être qu’un. Tout cela mêlé l’un à l’autre, formant un amalgame, créant à nouveau cette pierre dont on fait nos maisons, à la fois friable et solide. C’est le ruisseau naissant d’une colline, depuis une montagne. Tantôt calme au sein des rochers tantôt ressurgissant dévastateur.

Qui est le Cent ? Le Cent est fait de chacun de ces éléments, empilés, enchâssés ils ont vécu cent ans. Le Cent c’est l’histoire de ce club aimé par les uns, honni par les autres. Sans tous ces sentiments, sans toutes ces émotions il ne serait pas.

Le Cent c’est moi, c’est vous, me regardant ébahis, on dirait des … avec vos yeux gros comme des soucoupes, réveillez-vous ! Vous avez deviné : le Cent c’est nous et tout ce qui nous entoure.

Le Cent est là, vive le Cent !!!

A bientôt ! Que le temps qui passe vous paraisse léger, que la vie vous soit douce !

 

#15

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

MESSAGE DU CENT (pour le match qui décidera du maintien en F2)

Avant ce match important contre St Claude, je voulais vous conter les jours heureux de victoires comme contre Bourg- lès- Valence, Aubenas ou d’autres, mais ceci est de l’histoire ancienne et c’était l’affaire d’autres générations.

Aujourd’hui, moi le Cent, je ne vous parlerai que de vous et qu’à vous. Aujourd’hui c’est votre histoire que vous écrirez et c’est à vous qu’elle reviendra. Qu’elle soit belle ou moins heureuse c’est vous qui déciderez de la qualité de ce moment. Vous savez le challenge à relever : le maintien du SCR en fédérale 2.

Ce n’est pas pour une qualification que vous allez en découdre mais pour une neuvième place, dans vingt ans qui se souviendra de ce moment vécu entre vous cet après-midi ? Pas moi, pas les anciens trop vieux déjà, ou trop gâteux pour s’en rappeler.

Il n’y aura que vous et vos proches pour parler de cet épisode, vous pouvez soit jouer comme d’habitude et subir malgré vous les aléas du jeu, soit vous dépasser encore plus que les matches précédents. Vichy, Macon, Chambéry, St Etienne, Vienne, c’est de l’histoire ancienne, ces jours- là vous vous êtes transcendés avec des bonheurs divers, aujourd’hui ce sera tout autre chose.

Prenez conscience de l’obstacle Jurassien, bien sûr ils sont derniers et alors, ne rabaissez pas vos adversaires d’un jour, eux aussi ont de l’honneur et voudront terminer en beauté. Ils vont jouer et courir à tout va : et bien plaquez-les, ils vont imposer l’épreuve de force : puisez dans votre motivation pour vous opposer, peut-être tenteront-ils de vous déstabiliser : sachez raison garder, soyez disciplinés ; ils sauteront plus haut : couchez-les à terre dès les pieds au sol. Soyez forts, soyez concentrés, soyez … UN.

Quand vous hériterez du ballon vous n’aurez que l’importance du moment présent, vous ne serez qu’un relais parmi vos co-équipiers en soutien. Tout sera soutien, tout sera motivation dans les courses, dans la défense, dans les poussées, dans la concentration, dans la discipline. Restez unis à tout moment, restez … UNIQUE.

Nous, nous serons là pour vous épauler, bien modestement je l’avoue, les jeunes, les anciens et sans doute aussi l’esprit des disparus. C’est une page de votre de vie qui s’écrira, faites en sorte qu’elle soit un moment de fierté et de bonheur.

Et maintenant au diable toutes ces recommandations, une seule chose suffira :

SOYEZ DES HOMMES … en ROUGE ET NOIR

Hélas St Claude dut déclarer forfait et le maintien fut assuré sans peine, au grand dam de Voiron, relégué !

 

 

#16

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Venus d’ailleurs

D’où venaient-ils tous ces jeunes rencontrés au fil des ans sur le Stade Ernest Chuilon ? Qu’est ce qui a pu les motiver dans leur décision de quitter leur club pour venir renforcer l’équipe du Royans Vercors.

Bien loin de moi l’idée de tous les nommer, ma mémoire n’y suffirait pas. Cependant certains d’entre eux restent accrochés à mes souvenirs comme Titou Serve l’entraîneur fétiche, venu jouer à St Jean, avec Obiol futur arbitre, peut-être parmi les premiers Romanais Péageois, sans doute les plus nombreux à avoir alimenté les rangs du SCR.

Les piliers Peyle et Feuillet, les gazelles Bernard Serve, Gérard Brau, Jean-Claude Beyron, le grand Jacques Piquet resté à St Jean peu de temps, deux ou trois saisons, mais en parlant comme s’il y avait joué dix ans, sans doute contaminé par la raviole. Et l’autre grand : Michel Thiot venu en renfort en temps que joueur et se retrouvant propulsé entraîneur par nécessité (lui ce fut le lapin chasseur). Jacky Giol, l’homme à tout faire : troisième ligne, deuxième ligne et même pilard ; les Traversier, Duc le talonneur et aussi Duc le coach incompris dont il suffisait de suivre un tant soit peu les consignes pour se qualifier, ce qu’on ne fit pas hélas. Les gens de l’Isère avec Pain, Oriol et Morizot les amenant chaque jeudi à l’entrainement avec la 3 chevaux Citroën qui, à maintes reprises, fut à deux doigts de rompre ses amortisseurs. Eux aussi ont laissé trace de leur passage en Rouge et Noir. Et aussi les frères Berthier venus de Tullins avec Fontaine, Denis Laude (Pomme) ; Rozand de la rivière, Berthoin (Riton) de Pont, Rousset venu de Romans en passant par l’Asptt Lyon son club Formateur.

Faut-il parler de la jeunesse du Vercors ? Bravant tous les temps pour assister aux entrainements ou jouer les matches, ils sont si nombreux les Bourguignon, Algoud, Orizio, Odeyer, Sibeud, Reboulet...

Je sais que j’en oublie beaucoup venus d’ici de là, de toutes parts ; je revois leur visage sans retrouver leur nom.
Vous lisant ces lignes si vous pensez à d’autres, alors allez-y, n’hésitez pas, nommez-les.

30/04/2009

#17

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Venus d’ailleurs (suite) « les étrangers ».

Le Sporting Club Royannais a vu en son sein des milliers de joueurs portant le Rouge et le Noir au bout de leur fierté. Si la majorité de ces jeunes hommes fut d’origine Française, combien d’entre eux viennent d’horizons différents ? Hé ! Pour beaucoup ils ne sont que d’origine, ils vivent comme vous et moi chez les Gaulois.

Les Italiens ! Sans doute la plus grosse colonie ; le premier dont j’entendis parler fut « Paillasse » pilier de son état, dont le nom Murer évoque plutôt un Germain, pour vous le situer c’était le frère de la grand-mère Carrobourg. Il jouait en même temps que Fustinoni « Charipe », ce talonneur à la tête aussi dure qu’un caillou. Citons les Amistadi, les Scalvini, les Milési avec Serge, ses cousins Pascal, Mathieu le fils espoir actuel du club, encore chien fou, Philippe le pilier qui s’en alla un beau jour faire le bonheur de St Marcellin, Les Laude : Denis jouant une saison au talonnage, succédant ainsi au Tonton Hubert, à la fois talonneur, mais aussi ailier et de temps à autre demi de mêlée.

Les Portugais : Correia la flèche à l’aile, Coelho à l’arrière, les Soarès : José trois quart centre en compagnie de son cousin Antonio, vedette des années quatre vingt, Jean combatif au talonnage et dont le fils Maxime suit les traces.

Nous avons connu aussi des Roumains avec le grand Girbu, apportant une expérience très utile pour les débuts du club en fédérale 2, puis Vacaru cette saison. Les Maghrébins ont porté les couleurs Royannaises comme Saïs et d’autres ...

Y’a-t-il eu des Britanniques ? Je l’ignore mais vous, vous savez peut-être. Ou encore d’autres nationalités qui ont fait l’histoire du SCR ?

J’ai gardé pour terminer les Espagnols : Gomez capitaine troisième ligne, Pedro Chinchilla arrière et maintenant arbitre et la famille Padilla : Dominique encore un talonneur, mais celui là fut sans doute l’un des meilleurs, son placement, son sens du jeu faisaient merveille. Le frère Pascal, demi de mêlée talentueux parti faire carrière à l’USRP. Son oncle Jean joua au SCR en cadets et juniors. Pour la fin je citerai Manuel, une des poutres du Rugby Royannais; à ses débuts comme joueur (talonneur lui aussi) il faillit partir pour Romans, mais son père refusa l’offre faite par le père Maret que beaucoup ont connu. Ensuite il prit en mains le destin de l’école de rugby qu’il créa, conforta, bichonna à tel point qu’elle devint sa chose, malheur à celui qui dénigrait ses petits. Organisant les entrainements, les déplacements, les lotos, les goûters …Etc… Etc… Les mamans lui confiaient leurs petits en toute sérénité. Combien de gamins te sont passés par les mains, combien te doivent de savoir plaquer, courir droit, faire une passe ? Combien d’entre eux issus de « ton » école sont montés en Une. Beaucoup, beaucoup ! Je suis certain que même ceux n’ayant pas poursuivi leur carrière rugbystique se souviennent de toi.

Alors « Manu » l’Espagnol, à bientôt pour le centenaire dont tu as écrit une longue page, si ce n’est un chapitre.

«Vaya con dios !»

13 Juin 2009

 

#18

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

De vrais gamins

 

Pépé est peut-être réveillé, mais Mémé ne dort pas ou alors d’un seul œil. Je crois avec juste raison ce que disait ma Mère : « plus ils sont vieux, plus ils sont bêtes ».

Car enfin allez imaginer à quarante ans passés, les deux fils et l’échalas de gendre, ils veulent encore faire un match et cela pour le centenaire. N’importe quoi ! A leur âge quand même ! C’est beau le rêve mais pour moi c’est un véritable cauchemar, ils vont se surpasser pour essayer de se croire encore jeune, moi je connais un moyen simple et efficace pour rester gaillard, il n’y a pas que le Rugby.

Cà ne leur a pas suffi de jouer pendant de longues années, ils veulent remettre le couvert pour le centenaire. Mais cette fois-ci ils iront chercher une infirmière ailleurs, Mémé dit non !

Vous allez voir, de se croire encore fringants ils vont, qui se démonter une épaule, qui une cheville, qui encore s’ouvrir l’arcade, sans compter que dès qu’ils voudront démarrer comme des bolides, les muscles ne tiendront pas et c’est le claquage assuré. Et s’il n’y a pas blessure ce sera la crise de foie garantie.

C’est quand même incroyable qu’à leur âge ils ne parviennent pas à se raisonner, à se calmer, comme s’ils pouvaient encore briller sur un terrain, une utopie que je suis loin de partager et avec moi, sans nul doute, toute la gent féminine. C’est tout juste si j’arrive à retenir mon grand bêta de mari, c’est n’importe quoi avec ses presque soixante dix ans !

Ils se prennent tellement au sérieux qu’ils ont commencé des entraînements hebdomadaires, je crois le mercredi soir. A mon avis ils auraient dû y penser deux ans plus tôt, à voir la panse prise depuis l’arrêt de leur passion. Mais rien ne les arrête surtout pas la « mini » troisième mi-temps qu’ils font à chaque fois, qu’est ce que çà va être le jour du 27 Juin, rien qu’en y pensant j’en ai la chair de poule.

J’aimerais bien connaître l’opinion des autres femmes susceptibles d’être confrontées à cette situation. A bientôt sur la toile ! Encore que malgré mon âge je préfèrerais sous les toiles. Bonjour chez vous !

14 Juin 2009

#19

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Le grand Claude

Merci mon grand ! Ainsi tu as décidé d’interrompre les séances d’entrainement au SCR.

Moi, je voudrais te dire merci pour tout ce que tu as amené à St Jean.

D’abord que ceux qui nous écoutent sachent que tu es né à St Jean, sur les bords de Lyonne, ton oncle était le facétieux « Charipe » Fustinoni, tu étais donc prédestiné à jouer au rugby, surtout avec le gabarit présenté, ou encore au basket.

Ta carrière tu la fis à l’ASPTT Lyon, ville dans laquelle tes parents habitaient et travaillaient ; ensuite tu vins à l’USRP club où tu fis étalage de ta compétence, étant même sélectionné pour affronter les Blacks. Tes dernières saisons se sont déroulées au FCG et partout, sur les terrains de France tu fus reconnu et respecté.

Mais tes dernières années de joueur tu les as vécues à St Jean, en Rouge et Noir, lorsque le club tombé en première série était au plus bas. Pour la première saison il te fallut affronter le terrible club de Pont en Royans qui avait tout misé sur les matches contre St Jean et qui, hélas, d’un rien du tout les perdit tous les deux.

Cette année-là 83/84 la saison s’acheva en demi-finale contre St Pée sur Nivelle et l’accession en honneur. En compagnie de tes coéquipiers et avec la collaboration des entraîneurs Clément et Beyron on vit s’épanouir autour de toi de nouveaux talents, pur cru : les Planet, Dallon, Padilla, Villard, Soarès, Allard, Gauthier, Chinchilla (celui-là je l’ai oublié dans mon évocation des étrangers, hier)… Etc …

La deuxième saison 84/85 s’acheva encore mieux puisque tu parvins avec les gamins à la finale du championnat de France Honneur contre Miélan (encore des Gersois) à Montpellier où hélas, trois fois hélas, le succès ne fut pas au rendez-vous. A la fin de la rencontre tu versas toutes les larmes de ton corps, te reprochant de ne pas avoir réalisé le match que tu voulais. Tout çà par la faute certainement de l’entraineur adverse qui, sachant quel preneur de balles tu étais, monta une opération contre toi ? Je suis étonné encore aujourd’hui qu’aucun de tes coéquipiers ne se soit rendu compte de cette manœuvre, ton coach non plus ! Tu avais deux sauteurs en face de toi, le blond qui se chargeait de la prise de balles en touche et le brun qui, lui se contentant de te sauter dessus tout en disputant le ballon, sans jamais le toucher, mais en te déstabilisant dans la conquête. Alors oublie tes pleurs, tu as manqué de soutien, on n’en parle plus.

Mais le club retrouvait sa place en troisième division. Le but était atteint, les dirigeants jubilaient, les supporters satisfaits malgré tout, recommençaient à envahir le stade Ernest Chuilon.

Ta dernière saison fut donc 85/86 où après les départs de Duclos et autres, tu te retrouvas à la tête d’une équipe très jeune et manquant d’expérience, puisque à cause de cela elle perdit le premier match sur son terrain contre Six Fours. Malgré tout si elle ne parvint pas à se qualifier, terminant à une encablure derrière le quatrième, elle fit montre de belles qualités, notamment en coupe de France où elle élimina Montmélian, club de deuxième division et faillit bien faire toucher les épaules à la grande équipe de Montélimar. Ce jour-là le référé de service écourta la première mi-temps de 7 minutes et la seconde de 14. Sans doute la passion du match avait-elle gagné les rouages de sa montre, puisqu’il ne s’aperçut de cela que lorsqu’il rentra dans son vestiaire.

Bien sûr cette saison-là tu pris un peu de recul, préférant faire jouer les jeunes talents, mais à chaque séance d’entraînement tu étais là pour prendre en mains les avants et aider en cela J. Clément.

Ensuite parti à Romans en tant qu’entraîneur tu fis à nouveau ton retour à St Jean pour prendre en mains les destinées des Seniors.

Voilà résumé en quelques mots ton parcours St Jeannais. Il ne faut pas oublier ta gentillesse et ton engagement, qualités appréciées par ceux te côtoyant.

Cette année du centenaire on ne pouvait laisser passer l’occasion de t’adresser un petit clin d’œil pour ta participation à l’histoire du club qui fut la nôtre en même temps que la tienne.

Zébulon ! C’est ainsi que tu fus surnommé à tes débuts à Lyon et si le sobriquet prête à sourire je doute que tes adversaires aient eu souvent l’occasion de le faire lorsqu’ils te rencontraient sur le pré.

Donc mon cher Zébulon, merci pour tout, à bientôt pour le 27 Juin.

Salut Claude Rousset !

Pépé le Cent, 17 Juin 2009

#20

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  • 31/01/2011
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De Perrot à Pedro

Toute une époque commençant avec Henri Perrot, trouvant son deuxième souffle avec Jean Collomb, Auguste Corraro et d’autres, se poursuivant avec l’école d’arbitrage sous la houlette de Pedro Chinchilla, l’ancien arrière talentueux du SCR.

Comment tout ceci a-t’il débuté ? Eh bien les affaires St Jeanaises n’étaient pas au mieux avec le Comité des Alpes, celui-ci trouvait nos joueurs trop turbulents, voire plus, avec, il faut bien le dire, juste raison. Il y avait aussi pénurie en matière d’arbitres et souvent c’était un joueur d’un des deux camps qui officiaient avec toutes les insuffisances dues à un manque de connaissance des règles et parfois un attachement évident à son club.

Le Comité des Alpes demanda donc à chaque société de proposer des hommes susceptibles de remplir ce rôle difficile, sous son autorité et indépendamment de nos dirigeants.

C’est donc au sortir de la saison 1960/61, après la finale perdue, que le père Escoffier (Gaston) demanda à Henri Perrot d’enfiler la camisole de référé ; lui le deuxième ligne à l’esprit frappeur assuma cette responsabilité avec ma foi pas mal de succès puisqu’il gravit les échelons dans ce domaine.

Ensuite et si ma mémoire ne me fait pas défaut, il y eut Riquet Clot et Jean Collomb. C’est encore plus étonnant de voir le « Couige » endosser la tenue arbitrale compte tenu de son passé plus que sulfureux à l’égard des hommes en noir ; on se rappelle du match à Lancey, de son intervention envers un Voultain, ainsi que du geste vengeur sur un Vauclusien de Valréas. (Pour plus de détail demandez à ceux dont le poil est blanc, ils vous conteront en détail tout ceci).

Ensuite nous eûmes les frères Corraro, Alain Bagarre, l’excellent Frédérique Dallon, le fils Clot (Jean-Christophe), le Grand Brétière, tous ceux-ci chapeautés par Patrick Thomas originaire du Royans.

Et ainsi nous en arrivons à Pedro Chinchilla ! Devenant arbitre au sortir d’une carrière de joueur plus que satisfaisante, il débuta dans son rôle d’arbitre avec le sérieux qu’on lui connaît. Ensuite il participa à la création de l’école d’arbitrage Royannaise dont le succès se dévoile chaque saison avec sa participation aux finales nationales.

Citoyen du Royans avait abordé le sujet avec son « aigre noir », j’ai voulu le compléter en y ajoutant quelques noms, j’espère ne pas en avoir trop oublié.

Rendons hommage à ses hommes qui ont décidé un jour de se munir d’un sifflet pour prolonger leur passion pour notre sport. Nous sommes encore dans l’année du centenaire, il fallait évoquer le mérite de ces hommes en noir.

A bientôt !

2009

#21

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  • 31/01/2011
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Campagne d’Italie

La première fois que nous avons rencontré une équipe transalpine ce fut encore à l’instigation de Monsieur Serve qui, avec le RCRP, avait eu un premier contact avec le club de Rhô, banlieue industrielle de Milan.

Le premier match eut lieu à St Jean le jour de Pâques 1967, la cravate offerte à l’occasion est un souvenir de cette année-là. Bien que nous ayons eu à faire à une équipe rugueuse nous avons rapidement pris le dessus. L’année suivante match retour à Rhô où là ce fut une autre histoire, encore plus motivés que l’année précédente les Italiens ont montré une opiniâtreté terrible et il fallut attendre « l’ultima minuta » et un exploit de Michel Collomb pour obtenir un résultat positif.

Bien entendu la réception d’après match fut éblouissante et nous fûmes pris en mains par les joueurs et dirigeants qui se sont multipliés pour nous faire plaisir.

Quelques personnes nous avaient accompagnés, d’abord le plombier de St Jean Frisquet Thomasi avait profité du voyage pour s’en aller trouver sa famille Piémontaise, il s’était muni d’un bidon de 20 litres d’huile de noix dont il avait brasé entièrement le couvercle pour éviter que les douaniers ne le lui fasse pas ouvrir, ensuite il y avait Palcoud habitant le Sert , lui nous fut bien utile au retour lorsque le car tomba en panne de courroie et qu’il plongea mains et bras dans le moteur pour effectuer une réparation nous permettant d’arriver à bon port avec beaucoup de retard quand même (peut-être était-ce le poids des achats chez « Zizi » qui avait contrarié la machine ?).

Cette année, en 1968, nous avions donc pris nos quartiers à Dormelleto, sur les bords du Lac Maggiore et Lulu Brau doit avoir un souvenir exact de l’architecture de l’hôtel puisque dans la nuit il visita même les toits, allez savoir pourquoi !

Ce fut donc des rencontres agréables et nos premiers matches « internationaux ». Nous avons répété ceci en 1969 à St Jean et retour en 1970 à Rhô.

Cette année 70 ce fut un match encore plus terrible, les supporters Italiens nous traitant d’assassins lors de contacts très durs. La personne criant ces insultes se trouvait être la patronne d’un bar, dans lequel nous sommes allés prendre un verre, guidés par nos «amis Italiens et accompagnés par nos épouses. Là ce fut une troisième mi-temps arrosée, même plus que çà, la patronne, celle nous invectivant durant le match se montrant d’une courtoisie et d’une gentillesse étonnantes, tînt à nous offrir la presque totalité de ce que nous buvions et ainsi quelques uns d’ entre nous durent subir les affres de la maladie du Vermouth.

Deux années en Italie, deux années fantastiques dont les souvenirs demeureront à jamais dans nos têtes et nos cœurs. Les Italiens nous avaient reçus avec un faste bien difficile d’égaler par St Jean.

Lorsque l’épidémie sera passée, pourquoi ne ferions-nous pas un pèlerinage à Rhô ?

Merci encore Titou d’avoir contribué à nous faire connaître autre chose.

#22

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  • 31/01/2011
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La première à Ugine

C’était je crois la première saison en Honneur et l’on devait se déplacer à Ugine pour le match aller, Titou Serve nous avait prévenus du tempérament robuste et rugueux des savoyards qu’il avait eus à affronter avec le RCRP. « Vous allez voir ce qui vous attend ».

Le vieux stade était comme Ernest Chuilon, en pente, mais dans l’autre sens ; c’est sur cette pelouse noire de la poussière des fonderies que nous allions nous échauffer, un peu de neige donnait de la lumière ci et là, car le temps était gris. Dès que nous sommes descendus du car nous avons été conduits aux abattoirs où là se tenaient les vestiaires, pas rassurant pour les Rouge et Noirs.

Finalement, comme prévu les Savoyards avaient des physiques impressionnants et malgré cela le coup de sifflet nous libéra, nous fîmes front sur tous les points d’impact et avons réussi le tour de force de faire le match nul devant un public nous paraissant houleux, en fait juste bruyant.

Cette année-là je jouais talonneur et je réussis à prendre quelques balles à mon vis-à-vis sur leur introduction, ne craignez rien je ne pris pas en retour une châtaigne vengeresse comme certains pense qu’il faut donner. Et le match fini je vis mon talonneur s’approchait de moi, main tendue, pour me féliciter et m’offrir un verre à la buvette, chose qu’il ne m’était pas encore arrivé de connaître.

Discutant un peu avec lui je pris un peu de retard sur mes co-équipiers et je dus traverser la foule des supporters Uginois qui à ma deuxième grande surprise me tapaient amicalement dans le dos, puis deux d’entre eux, des anciens, me prirent par le bras pour m’offrir un vin blanc chaud. Etonnant et même réconfortant !

Rassurez-vous le match fut dur et tous ceux que j’eus à jouer contre des Savoyards furent aussi tendus les uns que les autres, mais ce qu’il ressort de ces confrontations c’est ce sentiment d’amitié que l’on forgeait malgré les combats acharnés. Ainsi que ce fair-play montré par ce talonneur.

Plus tard ce fut sur ce même terrain que fut conquis de haute lutte le titre de champion des Alpes Honneur avec un débordement de Jean Dulieu suivi d’un coup de pied de recentrage avec une reprise de Michel Escoffier, pilier cette année-là.

Aussi au milieu de ce centenaire je n’oublierais pas ces joueurs mythiques des équipes du Val d’Arly qu’ils aient joué à Ugine ou Albertville et qui par leur opposition musclée et talentueuse nous ont permis de gagner ou perdre avec fierté : Doux, Bérot, Sandraz, Bolice, Anxionnaz, Mermet … et combien d’autres encore ?

Il y a sans doute aussi un épisode qui fit qu’Ugine nous aimât bien. Ce fut lorsqu’il y eut concurrence avec Aix les Bains, où jouait Husson le champion du lancer du marteau, pour le titre de champion des Alpes,

Ce dimanche là, dernière rencontre de la saison, St Jean se déplaçait au bord du lac avec une équipe remaniée du fait du renoncement de certains joueurs et pas des moindres. L’équipe montée à la va-vite avait triste mine, on s’attendait à subir le jeu adverse, ce qui se confirma lorsque dès les premières minutes l’ailier Jiménez déborda la défense St Jeannaise et marqua un essai transformé : 0-5.

Allions-nous subir tout le match ? Oui ou non ? Ce fut non, vous vous en doutez bien sinon je n’en parlerais pas.

Les joueurs jouant pour la première fois en première donnèrent tout ce qu’ils pouvaient, voulant montrer qu’ils étaient plus que des réservistes, défendant corps et âme devant la puissance Aixoise. Si bien qu’à la fin du temps réglementaire une pénalité, ajoutée à une précédente nous donna la victoire, 6-5. Cris de joie de la part des joueurs St Jeannais et de leur staff, certains entendirent même des applaudissements nourris, venaient-ils d’Ugine, nouveau champion des Apes Honneur ? Allez-savoir avec le vent ...

Malgré leur défaite les Aixois nous offrirent une sympathique réception d’après match, c’était à préciser, merci !

Le Cent, 23 Juin 2009

#23

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Emotions

Voilà ! Nous arrivons au terme de cent ans de vie en Rouge et Noir, cent ans d’histoires vécues, cent ans d’anecdotes cent fois racontées, cent odeurs ressenties, cent bruits écoutés, les sorties de vestiaires, les ovations de la foule, les cris de rage, le terrain sec, la terre boueuse, les déplacements à vélo, les trajets en car, les avant-matchs éprouvants, les troisièmes mi-temps reposantes ; cent joueurs connus, puis cent autres, des milliers de plaquages, de ballons donnés, de ballons gardés, d’occasions perdues, d’exploits réalisés, cent fois, mille fois ces gestes répétés, ces rêves imaginés.

  • Combien de villes et villages découverts, cent, mille ?
  • Combien de dirigeants construisant le SCR, cent, mille ?
  • Combien de joies, combien de déceptions : cent, mille ?
  • Combien d’entraîneurs : des dizaines, seniors, juniors, cadets, minimes, écoles de rugby, féminines, un cent ?
  • Combien de gosses courant dans l’herbe, combien de ballons usés : cent, mille ?
  • Combien de regards sur ces joueurs galopant : cent, mille ?
  • Combien de coups d’œil sur les spectateurs présents, combien de fois ces adversaires regardés subrepticement pour évaluer leur force : cent, mille, un million ?
  • Combien de coups de sifflets entendus, combien de « allez les Rouge » criés : des cents, des milliers, des millions ; combien d’arbitres, combien d’opposants, combien de règlements, combien de conseils, combien de stratégies préparées, combien échouées ou réussies, combien de coups de pied dans ce ballon fantaisiste, combien de poteaux dressés : des cents, des milliers, des millions ?
  • Combien d’eau bruissant dans la Lyonne, glissant dans le canal, combien de nuages passés, combien de flocons tombés, combien de nuits à songer, de matins à espérer : des milliers, des millions ?

Et encore, et encore ! Il faudrait cent ans de vie encore et encore pour se souvenir des cents premières ; je ne veux être ni honteux de mes bêtises, ni glorieux de mes exploits. J’ai vécu dans un sport collectif où chacun est au service des autres, tous les autres au soutien, c’est ce qu’on appelle une EQUIPE, un CLUB, c’est ce qu’on nomme le SPORTING CLUB ROYANNAIS.

C’était… C’est … Ce sera çà les ROUGE et NOIRS.

Enfin s’il me reste une dernière évocation, il n’en est qu’une à citer : AMITIE

En attendant, prenez soin de votre santé, à samedi !

Le Cent, 25 Juin 2009     wink

#24

  • MIDOL38
  • Membre
  • 11/05/2005
  • Msg : 1 106

Bravo et merci pour les récits. 

#25

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

MIDOL38 a écrit :

Bravo et merci pour les récits. 

Merci, c'est sympa

#26

  • ricard26
  • Membre
  • 17/04/2017
  • Msg : 55

Merci la raviole pour ces recits qui nous font chaud au coeur. Mais dits moi tu es le papa ou le tonton des  deux tullinois Pomme et Jocelin? 2 supers copains avec qui j'ai partagé les même bancs du lycee...

#27

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

ricard26 a écrit :

Merci la raviole pour ces recits qui nous font chaud au coeur. Mais dits moi tu es le papa ou le tonton des  deux tullinois Pomme et Jocelin? 2 supers copains avec qui j'ai partagé les même bancs du lycee...

Le Tonton de ces deux sacripants. Merci pour ton message, j'apprécie !  smiley

#28

  • DOLOJEAN26
  • Membre
  • 14/04/2020
  • Msg : 3

Bonjour la RAVIOLE

 

De retour sur le forum RF

Je suis de nouveau connecte

Ex dop

#29

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

DOLOJEAN26 a écrit :

Bonjour la RAVIOLE

 

De retour sur le forum RF

Je suis de nouveau connecte

Ex dop

C'est un plaisir de te retrouver

 

#30

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Je n’ai pu retrouver dans les archives le texte, en vers s’il vous plait, que m’envoya ce « drôle de Citoyen » et qui suscita la réponse ci-dessous. Maire de sa commune proche de St Jean, ancien joueur, aimant la troisième mi-temps, Yves est un de ses garçons attachants dont on regrette la disparition précoce.

 

Réponse à citoyen du Royans

 

Citoyen du Royans par Dieu, quel verve !

Je ne te savais pas amateur de proverbe.

A tes souvenirs de mêlée

Ajoute un zeste de clarté,

Car pour certains cerveaux durs

Tes propos semblent obscurs.

Pour qui ne connais ce point de contact

La mêlée se comprend avec tact.

 

Et s’il faut choisir une mi-temps

Prenons celle nous plaisant tant,

Celle où les ennemis d’une heure

Autour d’un verre retrouve bonheur.

Et bien qu’ils fussent sans pitié

Entre eux se crée l’amitié.

 

Entre nous quelle est cette muse

Dont les vers inspirés nous amusent ?

Serait-elle cette unique merveille

Que l’on nomme dame bouteille ?

 

Car enfin cher citoyen

Je te croyais homme moyen

Et aujourd’hui je découvre

Un cerveau qu’une rime ouvre.

 

Hubert 20 Juin 2009

Ce jour-là, le 27 Juin 2009, tu étais là, tu nous fis admirer ton fameux et si particulier« Hakka ».

Tu vois Yves, onze ans après tu es encore avec nous.

#31

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

L’infidèle

La garce ! Je l’ai pourtant cajolée, bercée, serrée contre mon cœur, avec elle j’ai connu des aventures, même des mésaventures. Je lui ai tout donné, ma jeunesse, mon amour, ma santé, hélas, trois fois hélas, rien n’y a fait, jamais je n’ai pu avoir la faveur entière de son attention, toujours virevoltante, au gré du vent, elle passait de mains en mains.

Pourtant ce n’est pas faute d’avoir couru, sauté, poussé, bataillé, au point de revenir éreinté, blessé. Vous croyez la tenir, vous êtes doux avec elle, vous la serrez contre vous et hop ! Soudain elle s’enfuit la perfide !

Aurais-je jamais la chance de l’avoir pour moi seul ? J’en doute fort en constatant comment elle vous glisse entre les mains dès que vous l’attrapez. Il m’est arrivé en de rares occasions de la posséder, avec elle je n’ai pas honte de le dire, j’ai franchi la ligne et honteusement nous nous sommes vautrés dans l’herbe, instant furtif d’une extase, mais déjà elle s’enfuyait, repartant aux mains de jaloux qui la convoitaient.

Pourtant, après tant d’années j’ai gardé un peu d’affection pour elle, même lorsque je la vois toujours et encore passer des uns aux autres. Je me dis parfois qu’elle méritait bien ces coups de pied au cul que je lui donnais de temps en temps pour l’envoyer au loin, rebondir loin de ma personne.

A présent malgré son âge elle est toujours aussi attirante puisque tous se disputent encore ses faveurs. De mon côté je dois dire qu’avec la vieillesse je deviens indulgent et je trouve rassurant malgré tout d’avoir connu … vous l’avez deviné : cette BALLE magique qui emplît mes rêves d’antan et aussi d’aujourd’hui, et malgré cela je me pose la question : « pourquoi tant d’attirance pour une chose aussi difforme, difficile à maitriser, semblable à un œuf ?».

Serait-ce parce qu’il en sort autant de PASSION et d’AMITIE ……… » ?

Comment aurais-pu oublier de parler de cette balle, sans elle pas de jeu, pas de joueurs, ni supporters, ni arbitre, ni dirigeant ? Rien si ce n’est un dimanche vide.

Portez-vous bien !   yes

#32

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

L’adieu du Cent

Voilà, c’est terminé, ma fin est pour bientôt. Dimanche 27 Juin sera fêtée ma disparition et de même le début du règne de Cent le deuxième. Cent le premier est mort, vive Cent le deuxième !

Avant de disparaitre je souhaiterais faire mes adieux, bien que ma mémoire fasse un peu défaut après cent ans de vie, je vais m’efforcer de conter ce que j’ai vécu.

Ne soyez pas triste, je vous parais sans doute nostalgique, mais nostalgie ne veut pas dire forcément regret. La nostalgie n’est-elle pas le sentiment ressenti lorsqu’on a vécu toutes sortes d’émotions ? La nostalgie ne laisse pas d’amertume, les choses ont été vécues bien, moins bien ou mal et nous avons aimé.

Mon histoire a débuté avec quelques étudiants confrontés à ce jeu de Rugby, connu sous une autre forme dans les temps anciens et réglementé à leur manière par les Anglais, ceux-ci allant jusqu’à inventer le fair-play … pour les autres.

Je suis donc né à Romans avec ces jeunes aux moustaches en guidon de vélo, le cheveu gominé, au temps de la belle époque. Avec eux j’ai rejoint la vallée de Lyonne dans le Royans Drômois, le pays de la raviole. Le Sporting Club Royannais est issu des conciliabules de ces jeunes Royannais désireux de confronter leur talent naissant aux jeunes d’autres villes ou villages.

J’ai connu nombre de péripéties, les guerres assassines m’enlevant la jeunesse, jusqu’aux combats d’Algérie où je fus contraint de composer avec le club voisin, terriblement concurrent du Pont en Royans.

J’ai eu des moments de gloire, faciles à se rappeler, des joueurs de talent allant exercer fort justement sous d’autres couleurs, des dirigeants efficaces, des entraineurs réputés. De tous ceux-là on s’en souvient facilement. J’y ajouterais, si vous le permettez, les sociétaires restés au club lorsque tout allait mal, remettant l’ouvrage sur le métier lorsque la barque prenait l’eau. Gloire à eux aussi qui ont su malgré tout et contre tout redresser mon corps pantelant, souquant ferme, redressant la barre et tenant le navire à flot.

Mon histoire est faite de tout cela. On ne peut penser aux uns sans ajouter ces autres, les uns dans la gloire de la réussite, ces autres dans la peine de redresser le Sporting Royannais après la descente aux enfers. Ils peuvent être fiers tous ensemble, le Rouge et le Noir est toujours présent après ce premier cent.

J’ai eu de la chance durant cette longue vie d’avoir avec moi un public fidèle. Tantôt vociférant, parfois insultant, souvent chaleureux, allant par les chemins lorsque le SCR dominait son sujet. De victoire en victoire, de défaite en déception, il a su avec moi ressentir ces émois au cours des décennies.

Je ne voudrais pas oublier ceux qui sont nés pendant la dernière partie du siècle et qui ont su à leur manière faire évoluer le club : les arbitres souvent chahutés par ceux-là même qu’ils voulaient améliorer, y parvenant malgré tout après force persévérance.

Nous avons vécu tous ensemble des moments heureux, des instants de honte, des combats rudes, du jeu étincelant. Notre stade mythique avec sa descente, les rires narquois des adversaires avant leur match contre ces paysans montagnards, déchantant vite dès les premiers contacts.

La renommée de ces hommes du terroir défendant leurs couleurs comme des morts de faim. Tout ce qui fait la gloire d’un club, moi le Cent, je l’ai connu, ressenti, j’en suis énormément fier et malgré cela il me reste un regret.

Oh ! Il s’agit d’une utopie, d’un rêve niché au fond de moi, qui allait s’amplifiant au fil des années, au tout début je n’y croyais pas du tout. Et puis … et puis au fil du temps serait-ce possible ? Serait-ce envisageable ? Nous avons bien tenté à moult reprises de réaliser ensemble ces exploits : CHAMPION DE FRANCE. Peu importe avec les juniors, les cadets, les seniors … peu importe !

Je ne sais si à l’heure de ma disparition j’aurais encore le temps de ressentir cette immense fierté, voir ces gamins brandir le « bout de bois », voir les yeux pétiller de bonheur humide, chez les hommes, chez les femmes, les anciens, les enfants, toute la population Royans et Vercors réunie. Tant pis si çà n’arrive pas à moi, je souhaite au nouveau Cent de connaître lui au moins cette émotion.

Ce jour-là je voudrais qu’on enduise le bouclier de cire, pourquoi pas d’or fin, pour que le premier rayon du soleil éclairant le Royans tombe sur lui, placez-le à la cime de la montagne, qu’on le voit jusqu’aux rives de l’Isère et au-delà, et le soir allumez près de lui des feux pour que pendant vingt quatre heures durant il brille de mille étincelles et qu’en quelque sorte il soit devenu, pour un instant de vie, notre soleil à nous. Pensez-y vous qui allaient débuter ce prochain siècle et gardez bien dans votre esprit le but à atteindre, nous croyions cela impossible auparavant, mais non ! Tout devient possible lorsqu’on se crée un esprit de vainqueur, n’ayez pas peur de porter votre rêve au-delà des nuages, redressez les épaules, haut les cœurs et en avant, cent ans de gloire vous attendent.

Pépé le Cent

Cent le deuxième n’eut pas à attendre longtemps puisque l’Equipe réserve St Jeannaise remporta deux titres, championne de France, en 2014 face à Marmande et en 2016 contre Salanque, deux très belles équipes, mais en finale peut-on trouver autre chose que cela ?

#33

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Et maintenant ?

Maintenant ! C’est fini, terminé, mon siècle s’est achevée et de quelle façon ! Mon histoire ? Ce fut un rêve parsemé de péripéties vécues par chacun et tous à la fois.

Maintenant nous allons savourer l’ultime journée du centenaire, de la première heure où l’on vit le rassemblement de tous ces gens venus de toutes parts, de tous âges, vêtus de Rouge et de Noir, partir telle une foule en liesse au cœur de ce village Royannais. Jusqu’à la dernière heure, celle où heureux jusqu’au tréfonds d’eux-mêmes les convives se sont séparés.

Le défilé des rugbymen fut précédé par l’école de danse et à chaque place (devant un bistrot évidemment) le cortège s’arrêtait pour admirer les évolutions des danseuses. (Se désaltérer aussi, il allait faire chaud).

Entre-temps ce furent les retrouvailles, les souvenirs revenus à la pelle et pêle-mêle ; les uns écoutaient le vieil homme parler avec émotion de son temps à lui, avec un tremblement dans la voix lorsque son souvenir allait rejoindre ses amis disparus. Les autres souriaient aux gentilles fanfaronnades des plus jeunes sûrs de leurs exploits à venir.

Mais hier quelle famille, quelle bonne humeur, quelles amitiés ! Tous semblaient heureux, à voir leurs rires, les yeux brillant tant et tant, il me semblait presque y déceler une larme, de bonheur je vous rassure. Les petits s’étonnaient de voir les parents, grands parents aussi émus, observaient les grands, les anciens se rouler dans l’herbe d’Ernest Chuilon pour y respirer encore une fois l’odeur particulière de cette terre de combats.

Les quadras et quinquas réalisant au cours de leur exhibition que la réalité de leur condition physique se mesure en années passées, ces années comptées par des rêves, s’empilant les uns aux autres pour ne garder que les plus forts, les bons, les terribles.

Et maintenant ? Maintenant ! Chacun s’en est allé, chacun gardera le souvenir de cette journée emplie d’émotion retenue. Les adolescents étaient là, à eux de perpétuer le souvenir de ce premier siècle. Demain, un autre jour, devenus hommes et femmes ils continueront de brandir la bannière Rouge et Noire comme leurs parents, comme leurs ancêtres, comme le feront leurs enfants et ainsi de suite ils parviendront à faire vivre cette vieille société.

Tout ceci avec HUMILITE, s’il est un sport où ce mot est sans cesse remis sur le tapis, c’est le nôtre, c’est le RUGBY. Combien de capitaines, combien d’entraîneurs ont égrené cette litanie : HUMILITE, HUMILITE, HUMILITE ! Vous débutant ce nouveau siècle gardez toujours ce mot à l’esprit, associez-le avec AMITIE, vous aurez là les deux élixirs de jouvence; à travers vous, au travers de ces deux mots le SPORTING CLUB ROYANNAIS poursuivra son histoire commencée il y a … cent ans déjà.

Et maintenant ? Maintenant, comme la maison clos ses volets pour la nuit, moi le Cent je referme la porte sur le chemin parcouru, mes yeux se ferment sur l’histoire chaotique de mes cent ans. Maintenant c’est fini et avant de passer le flambeau à Cent le Deuxième je veux transmettre à tous ce sentiment de fierté d’avoir connu des gens tels que vous.

Et maintenant ? Maintenant, pour les cent prochaines années, que la vie vous soit douce ! Adieu ! Le Cent s’en va … le Cent est parti …

Le Cent ! C’était qui ? Le Cent ! … C’était quoi ?

VIVE LE SPORTING CLUB ROYANNAIS !

26 Juin 2009

Peut-être de nos jours pourrions ajouter RESPECT ?

#34

  • La Raviole
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  • 31/01/2011
  • Msg : 359

La Raviole a écrit :

Et maintenant ?

Maintenant ! C’est fini, terminé, mon siècle s’est achevée et de quelle façon ! Mon histoire ? Ce fut un rêve parsemé de péripéties vécues par chacun et tous à la fois.

Maintenant nous allons savourer l’ultime journée du centenaire, de la première heure où l’on vit le rassemblement de tous ces gens venus de toutes parts, de tous âges, vêtus de Rouge et de Noir, partir telle une foule en liesse au cœur de ce village Royannais. Jusqu’à la dernière heure, celle où heureux jusqu’au tréfonds d’eux-mêmes les convives se sont séparés.

Le défilé des rugbymen fut précédé par l’école de danse et à chaque place (devant un bistrot évidemment) le cortège s’arrêtait pour admirer les évolutions des danseuses. (Se désaltérer aussi, il allait faire chaud).

Entre-temps ce furent les retrouvailles, les souvenirs revenus à la pelle et pêle-mêle ; les uns écoutaient le vieil homme parler avec émotion de son temps à lui, avec un tremblement dans la voix lorsque son souvenir allait rejoindre ses amis disparus. Les autres souriaient aux gentilles fanfaronnades des plus jeunes sûrs de leurs exploits à venir.

Mais hier quelle famille, quelle bonne humeur, quelles amitiés ! Tous semblaient heureux, à voir leurs rires, les yeux brillant tant et tant, il me semblait presque y déceler une larme, de bonheur je vous rassure. Les petits s’étonnaient de voir les parents, grands parents aussi émus, observaient les grands, les anciens se rouler dans l’herbe d’Ernest Chuilon pour y respirer encore une fois l’odeur particulière de cette terre de combats.

Les quadras et quinquas réalisant au cours de leur exhibition que la réalité de leur condition physique se mesure en années passées, ces années comptées par des rêves, s’empilant les uns aux autres pour ne garder que les plus forts, les bons, les terribles.

Et maintenant ? Maintenant ! Chacun s’en est allé, chacun gardera le souvenir de cette journée emplie d’émotion retenue. Les adolescents étaient là, à eux de perpétuer le souvenir de ce premier siècle. Demain, un autre jour, devenus hommes et femmes ils continueront de brandir la bannière Rouge et Noire comme leurs parents, comme leurs ancêtres, comme le feront leurs enfants et ainsi de suite ils parviendront à faire vivre cette vieille société.

Tout ceci avec HUMILITE, s’il est un sport où ce mot est sans cesse remis sur le tapis, c’est le nôtre, c’est le RUGBY. Combien de capitaines, combien d’entraîneurs ont égrené cette litanie : HUMILITE, HUMILITE, HUMILITE ! Vous débutant ce nouveau siècle gardez toujours ce mot à l’esprit, associez-le avec AMITIE, vous aurez là les deux élixirs de jouvence; à travers vous, au travers de ces deux mots le SPORTING CLUB ROYANNAIS poursuivra son histoire commencée il y a … cent ans déjà.

Et maintenant ? Maintenant, comme la maison clos ses volets pour la nuit, moi le Cent je referme la porte sur le chemin parcouru, mes yeux se ferment sur l’histoire chaotique de mes cent ans. Maintenant c’est fini et avant de passer le flambeau à Cent le Deuxième je veux transmettre à tous ce sentiment de fierté d’avoir connu des gens tels que vous.

Et maintenant ? Maintenant, pour les cent prochaines années, que la vie vous soit douce ! Adieu ! Le Cent s’en va … le Cent est parti …

Le Cent ! C’était qui ? Le Cent ! … C’était quoi ?

VIVE LE SPORTING CLUB ROYANNAIS !

26 Juin 2009

Peut-être de nos jours pourrions ajouter RESPECT ?

Et bien voilà! J'en ai fini avec le centenaire, demain je vous mettrai la colère d'un supporter lors de cette saison 2019/2020 et puis j'arrêterai. Merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire ces écrits, vous étiez de 104 à 251 par jour, bravo !

#35

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Dimanche le tournant de la saison ?

Le cri du cœur d’un supporter en colère

A St Marcellin demain ou vous poursuivrez vos errements ou ce sera le réveil que l’on attend.

Allez-vous continuer à jouer de la sorte ? N’y a t’il pas parmi vous un leader capable d’orienter le jeu suivant le déroulement de la partie. Lorsque vous passez d’interminables minutes à tenter d’enfoncer votre adversaire sur sa ligne, sans y parvenir, vous n’avez personne qui vous dit que les points au pied sont bons à prendre ? Steeve et Romain savent passer un drop, non ? Sans compter que lorsque c’est réussi le coup d’envoi qui suit vous offre une balle d’attaque.

Et où en est votre défense ? Pour s’être fait trouer de telle manière face à Voiron je me demande où est passée cette équipe de l’an dernier, c’était il a seulement deux mois. Vous avez les mêmes visages et vous n’êtes plus les mêmes.

Et ces ballons gâchés par en-avant ou faute de clairvoyance, les ailiers qui prennent froid à attendre toujours un ballon que l’on ne donne jamais, sont-ils des handicapés mis en retrait ? D’autre donnés trop tard, à la demi-seconde, le tempo vous savez ce que sait ? J’en doute parce que vos entraineurs connaissent ce mot et je suis persuadé qu’ils vous rabâchent sans cesse qu’un ballon se transmet au bon moment, saurez-vous trouver l’instant précis ? Ne dites pas non vous le faisiez il y a peu de temps, alors … ?

Toutes ces fautes sans cesse répétées qui offrent à l’adversaire l’occasion soit d’aggraver le score, soit de se dégager. L’arbitre se trompe peut-être mais ce n’est pas lui le responsable, c’est vous et personne d’autre. Maitrisez vous, ne soyez pas des gamins répondant à la moindre provocation et çà il y en aura, ils vous connaissent …

Alors demain vous allez être confrontés aux Bleus St Marcellinois, vous aurez une rencontre musclée, âpre et ainsi de suite … mais ce n’est rien comparé à ce qui vous attend. Et eux vous attendent de pied ferme et à voir comme ils ont su vous contrer devant au match aller, imaginez que demain ce sera l’enfer auquel il faudra répondre par le jeu, la vitesse du jeu. Et pour arriver à faire cela vous devrez être en parfaite possession de votre technique individuelle, sans quoi la collective sera en défaut. Ce qui implique de votre part une motivation sans faille, une concentration de tous les instants, une réaction à la seconde près, je ne rigole pas !

Serez-vous capables de faire tout cela ?

En serez-vous capables ? … Merde ! Répondez saurez-vous puiser en vous pour parvenir au résultat ?

Capitaine Gontier Guillaume tu as du pain sur la planche, on compte sur toi.

Je suis en colère ? Oui ! Je vous critique ? Oui et encore oui ! Mais qui aime bien châtie bien alors je dois vous aimer beaucoup, même encore plus que çà.

Samedi 29 février 2020

Le résultat fut au-delà de nos espérances: 41 à 14 +BO en poche.

#36

  • lud
  • Membre
  • 18/01/2009
  • Msg : 1 478

De superbes récits . Bravo 

#37

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

lud a écrit :

De superbes récits . Bravo 

Merci Lud, j'apprécie

#38

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

Ce n'est plus le premier centenaire, mais pourrais-je attendre la fin du deuxième ? Alors en avance je voulais parler du premier titre de champion de France acquis par le club avec la B de F2

SPORTING CLUB ROYANNAIS – SAISON 2013/2014

Après la finale de Fédérale B

Ode aux champions

Je veux à vous conter cette longue épopée,

Pour cette équipe à la pointe de l’épée forgée.

Son long périple débuta en ce mois d’Avril,

Mais ne croyez pas qu’elle vainquit sans péril.

 

D’abord ce dernier match contre Fréjus-St Raphaël

Où la qualification fut un fait réel.

Dès lors commença l’histoire sans détour

De cette horde qui s’appliqua jour après jour.

 

Rencontrant à chaque fois un plus fort adversaire,

Elle s’engagea dans la pratique d’un jeu téméraire,

Plaquant sans relâche, jouant tous ses ballons,

Dans une valse qui, peu à peu, lui donna ses galons.

 

Le premier qui se présenta fut le puissant Villeurbanne,

Mais, fi de cette force, l’adversaire fut mis en panne.

Le second : Montmélian, la belle joueuse,

Malgré ces attaques ne fut pas plus heureuse.

 

Le troisième, Rumilly, possédait un beau palmarès,

Qu’à cela ne tienne, les St Jeannais firent en sorte,

Qu ‘après un combat âpre, intense, sans paresse,

Les Savoyard, usés, dépités prennent la porte.

 

En quatrième le PUC, au silence fut réduit

Au bout d’un match d’une inquiétante incertitude,

Pour St Jean : la lumière, pour Paris la nuit.

Après cette terrible bataille ce fut la béatitude.

 

Puis vint l’heure de jouer l’indécise finale,

Face à un adversaire sans nul doute redoutable.

Dame victoire une fois encore se montrerait-elle vénale ?

Le Royans-Vercors dans son entier, lever le bouclier serait-il capable ?

 

Ce fut le sommet de l’effort, de la souffrance,

Tour à tour chacun montrait sa puissance,

Et enfin dans une escarmouche ultime

St Jean, malgré les blessures, malgré les douleurs, encaissa la dime.

 

La foule des suiveurs explosa dans les rires et les larmes

Le bouclier, le « bout de bois » fut conquis,

L’adversaire valeureux avait rendu ses armes,

Le trophée dans la douleur et la joie, enfin, était acquis.

 

Que soient remerciés grassement tous ces preux chevaliers,

Les capitaines, les soudards, les mécènes, les rouliers !

Pour notre plaisir à tous résonne le chant de la clique.
Adversaire, qui que tu sois, dès à présent tu dois te méfier,

Au SPORTING CLUB ROYANNAIS qui s’y frotte s’y pique !

Ecrit en ce mois de Mai de l’an 2014 par

Hubert 

 

 

 

#39

  • La Raviole
  • Druide
  • 31/01/2011
  • Msg : 359

LES CHAMPIONS DE FRANCE

Avant de refermer la saison 2013/2014 je voulais citer le nom de tous les joueurs ayant participé à cette chevauchée fantastique qui les a conduits à la victoire finale, ramenant le Brennus à St Jean, leur Brennus … notre Brennus … mon Brennus. Ils ont été nombreux à œuvrer dans cette équipe aussi l’évocation sera plus longue que d’habitude prenez vos aises, abreuvez-vous, lisez en plusieurs fois mais prenez le temps de connaître tous ces jeunes héros du Sporting Club Royannais.

 

D’abord la première ligne : Didier Agu retrempé dans la fontaine de Jouvence aussi dur que le pays qu’il habite, Fabien Gilibert avec sa jeunesse souriante mais rugueux envers l’adversaire, Mathieu Couraud le talonneur, révélation de la saison à ce poste, avec eux Loïc Borel et Yannick Bouchet chacun d’eux eut à suppléer l’un ou l’autre mettant autant d’envie dès leur entrée ; Victor Duchamp le talonneur volant et Anthony Monnier le pilier trois-quarts aile qui ont œuvré durant toute la phase de qualification et furent un soutien important pour leurs camarades, bien sûr ils ont parfois confondu : la troisième mi-temps c’est après le match pas avant, on ne leur en tiendra pas rigueur.

 

La deuxième ligne : Norbert Luya la surprise à ce poste, véritable tôlier du paquet, avec sa puissance il fit avancer le groupe ; que dire de Simon Odeyer sinon l’imaginer encore s’échapper à grandes enjambées, semant la panique chez l’adversaire ; et que croyez-vous que faisait Olivier Canals lorsqu’il effectuait sa rentrée : la même chose, au four, au moulin, son expérience du niveau supérieur apporta beaucoup durant ces rencontres difficiles, si on lui avait dit qu’il serait champion de France pour sa première saison chez nous, l’aurait-il cru ?

 

La troisième ligne avec l’autre « jeune » : Stéphane Gomez le capitaine toujours aussi virulent en défense, devenu encore plus adroit lorsqu’il se saisissait du ballon ; Rémi Valenti l’homme qui caresse les nuages avant de hausser les bras pour se saisir des ballons, mais aussi joueur opportuniste, prévoyant où l’action se déroulerait, le métier en quelque sorte ; Manuel Saillo que je n’avais jamais vu à un tel niveau, a-t-il le don d’ubiquité pour être partout à la fois ? D’un coin à l’autre du terrain, soutien permanent, défenseur infatigable ? Alexandre Bergeron avec les bras en forme de cisaille il découpe tout ce qui est debout et qui ne porte pas le Rouge et le Noir, défenseur hors pair et malin comme un diable notamment sur l’essai contre le PUC.

 

Les demis : Richard Prestal à la mêlée, lui aussi catalyseur des avants, l’aiguillon en même temps qu’il distribuait le jeu et sut à la dernière minute du dernier match voir le côté délaissé pour un essai assurant le succès. Clément Liottard, placé à l’ouverture à son avantage il sut trouver les solutions pour contourner l’adversaire, jouant sur une patte le dernier match il a réussi malgré tout à remplacer son cousin dans les tirs au but.

 

Le cousin au centre Alexis Bourron il a grandi en maturité et sa sûreté éclaboussait le stade, il dut sortir sur blessure et en larmes. Ils ont ramené le bouclier à leur grand-père, lui qui attendait cet évènement depuis cinquante trois ans après la défaite à … Pézenas contre Mirande. L’autre centre, mais aussi ailier ou arrière Régis Derbier la sûreté à l’état pur dans tous les domaines, encore un qui a grandi lors de cette épopée ; à l’aile Aurélien Challancin le beau cheval à la crinière frisée, aux courses rapides et incisives ; puis les deux frères Valenti, Flavien le jeune et Jérôme le vieux, j’ai un faible pour eux, ce sont de véritables bijoux que je prends plaisir à voir évoluer, défenseurs intraitables, relanceurs insatiables, adroits sur les chandelles, rapides comme le vent, quel bonheur de les avoir dans le groupe ; même chose pour Romain Vorano impeccable lors de cette finale et même avant, sûr sous les chandelles, il a fait du bien soit ailier, soit arrière; Fernet-Mangione tantôt à l’aile, tantôt au centre, puissant, véloce il fut l’impact player de service, le dernier essai de la finale il aurait pu y aller à reculons.

 

Arnaud Combet le métier, la sûreté, le relanceur, le plaqueur, l’adresse, le jeu au pied, il sait tout faire et nous avons eu de la chance quelque part qu’à cause d’ennuis physiques il dut intégrer la réserve. Vraiment un excellent joueur, dommage qu’il fut contraint de laisser ses partenaires le jour de la finale avec une sérieuse blessure au poignet. Soigne-toi bien et reviens-nous aussi talentueux.

Mais encore Clément Barois, première année chez les seniors et déjà une volonté de jouer tous les ballons à l’aile de l’attaque, je ne sais si comme son père, il sait cuire le pain mais bouger ses grands compas à toute vitesse çà il sait le faire. Thimotée Chaléon que j’ai connu à l’école maternelle, eh bien ma foi il a grandi, devenant un espoir à son poste de deuxième ligne, toujours junior il a commencé cette saison à tâter du senior. Etienne Clot dont la réputation n’est plus à faire (je parle de jeu de rugby pas d’autre chose) celui que ses copains nomment le « divin chauve », sans ses ennuis physiques il aurait pu avec talent jouer lui aussi ces parties finales. Et les autres que je connais moins et pour lesquels je ne saurais quoi écrire, mais vous peut-être ? Alors ne vous gênez pas ils méritent vos compliments et vos éloges, allez-y, il s’agit de Daniel Coelho, Kévin Eynard, Florent Fernandes, Jérémy Lambert et les frères Scalvini Damien et Fabrice. Ils ont oeuvré toute la saison dans ce groupe de rêve, un ensemble de copains qui se sont appréciés au fil des rencontres.

Bravo à tous, je ne sais pas si vous vous rendez compte de l’exploit que vous avez accompli, vous avez déverrouillé la porte si difficile à ouvrir derrière laquelle se cachait le bouclier de Brennus, vous êtes devenus l’exemple à imiter et depuis ce fameux dimanche j’y crois, il reviendra encore dans le beau pays du Royans. Il se passera peut-être du temps, je l’ignore mais ce qu’il faudra c’est ce que vous avez montré durant ces dernières semaines : la croyance en vos capacités, la pugnacité, la volonté de forcer le résultat, le travail qui amène plus de sûreté dans le jeu, je n’oublierais pas ce qui semble avoir été un des atouts de cette épopée: la création petit à petit d’un groupe soudé, qui vit bien ensemble, des amis ? Sans doute mais surtout des complices. Je vous remercie pour ce bonheur qu’il m’a été possible de connaître grâce à vous, je n’oublierai jamais !

Voilà j’en termine, je n’ai parlé ni des entraîneurs, ni des dirigeants, tous vous ont couvés à leur façon et tous vous ont soutenus. Je souhaitais qu’il n’y ait que vos noms dans ce texte, qu’on sache comment s’appelaient tous les cavaliers de la « horde sauvage »

Mercredi 4 Juin 2014

Nous n’avons pas eu longtemps à attendre car en 2016 ils renouvelaient leur prestation face à Salanques, très belle équipe qui maintînt le suspense jusque dans les arrêts de jeu, bravo et respect à tous ces jeunes et à leurs entraineurs.

#40

  • lud
  • Membre
  • 18/01/2009
  • Msg : 1 478

Quel plaisir a lire . Bravo 

Fédérale 2