lavaupot a écrit :Ah ! Si seulement on pouvait revenir au rugby des années 50/60 avec l'amateurisme marron et les joueurs qui soit-disant ne touchaient pas un rond. Les excès actuels sont démoralisants pour les simples amis de ce sport dont je suis. Mais là où je ne suis pas d'accord avec toi,c'est de dire que les clubs du "nord" seraient responsables de tout. Le rugby est à la croisée des chemins . Se développer partout en France serait formidable pour notre sport. On peut aussi revenir à une 1ere division à 84 clubs et des "Béziers bat Monchanin 96-0" comme à la télé en noir et blanc (j'ai malheureusement l'age pour l'avoir connu). On peut aimer comme toi et moi le rugby de village, mais le rugby pro est vraiment un beau spectacle, et c'est tant mieux.
La vérité doit aussi être lue dans sa chronologie!
Et à cet égard montparnasse le rugby des 84 équipes de 1979(80 équipes en réalité) où l'on a commencé à voir des 96-0 n'appartient pas à la glorieuse époque du rugby amateur, mais à la phase de transition de 64 équipes vers 80 puis 96 où les tenants de rugby pro nous on amené en catimini, l'air de rien, au prétexte que la formule à 64 ne convenait pas, et où sous prétexte de clarifier la situation ils nous ont conduits à augmenter le nombre d'équipes, volontairement, pour pouvoir ensuite s'esbaudir "bien vous voyez il faut diminuer...". Ces 96-0 de l'époque 1980 appartiennent donc logiquement à l'ère hypocrite des mutations conceptuelles, et non à l'ère amateur. En aucun cas ces scores ne se sont produits pendant la phase précédente!
Au demeurant même si le nombre de 64 était un peu élevé il correspondait assez bien à la définition que l'on peut faire d'une division: un ensemble de clubs de niveau relativement homogène. Relativement signifiant ni 14 ni 96 mais un nombre de clubs dont les résultats sont assez proches pour pouvoir être mis en compétition sans sombrer dans le ridicule.
Autre point très important, tu dis: "On peut aimer comme toi et moi le rugby de village, mais le rugby pro est vraiment un beau spectacle". Mais le rugby de village doit être vu comme LE SPECTACLE, dans les petites bourgades, qui ont besoin d'une activité, d'un loisir, d'une cohésion, et ce spectacle le rugby amateur le leur a donné avant que les métropoles ne vampirisent à la fois les moyens financiers, les spectateurs, et les joueurs.
les difficultés actuelles ne trouveront de solutions que dans l'acceptation par nos responsables (sic) de la prise en compte du souci du bon sens:
- un retour à un rythme de montée-descentes non suicidaire en fédérale,
- une ouverture de la prod2 vers un nombre de clubs plus élevés, permettant une meilleure adaptation à cet échelon (20 à 24)
- un barrage inflexible sur le recrutement étranger, permettant d'une part aux joueurs formés chez nous de ne pas allez grossir les rangs des anpe, et d'autre part de limiter les masses salariales.
- une limitation des budgets de chaque club à un plafond fixé par division.
Toute velléité de séparer les amateurs des pros, via des franchises, ou des passerelles hypocritement trop étroites, est en fait un boomerang qui se retourne contre le sport lui-même, car rien ne peut empêcher les protagonistes amateurs de regarder béat d'admiration puis d'envie leurs copains pros, et de faire monter les enchères. La solution ne peut être que dans la sagesse, laquelle est une pyramide homogène, non discriminante pour les clubs amateurs. Dans cette discussion les gueguerres nord-sud n'ont pas de place. Tout le monde est perdant dans le schémas actuel, au nord comme au sud. Et ceux qui ont voulu réduire toujours plus le nombre de participants à l'élite, à 16, puis 14 et demain 12, puis 8, puis 4, et ceux qui veulent encore réduire les divisions fédérales, ne font que contribuer à créer cette course aux budgets.
Le rugby est physique, il demande des temps de récupération plus important que chez les fouteux. Pour exemple cette année l'équipe qui dispute la finale de la coupe d'europe ne peut défendre sa place en championnat, et doit faire un choix. C'est à l'image de toute la saison où les équipes pros engagées dans tellement de combats (championnats de france, europe, internationale) ne dispose pratiquement jamais de leurs équipes types. Ils ont besoin d'un championnat disputé en poules de 8, pour effectuer moins de matchs de qualif, mais sont incapables de le reconnaître, prisonniers qu'ils sont d'un dogme, et d'une pensée unique sclérosée qui veut qu'une poule unique est serait plus prestigieuse, parcequ'elle ressemblerait davantage à ce qui se fait dans d'autres sports. Mais ils ne sont pas ici dans d'autres sports, ils sont en rugby, avec les paramètres du rugby, paramètres que les données financières les empêchent de reconnaître....
Bon... restons calme.:)