Le RC Vannes choqué par la blessure de Tarance
Victime d'un écrasement de la moelle épinière lors d'un regroupement, Pierre Tarance a été évacué par le Smur. : Jean-Claude Le Boulicaut
Fédérale 1. Vannes - Limoges : 31-23. La grave blessure de Pierre Tarance a émaillé la rencontre. Et personne à Vannes n'avait le coeur à fêter la victoire.
« Si je pouvais, je changerai volontiers le résultat contre le fait de savoir Pierre en bonne santé ». Esteban Devich et les rugbymens vannetais n'avaient vraiment pas l'âme à fêter leur victoire, leur quatrième depuis le début de saison. « Tout le monde est sous le choc, témoigne le président Berthe. On ne parle même plus du match ni de la victoire. »
En fait, tous n'ont aujourd'hui pour seule préoccupation, Pierre Tarance. Victime, à la 67e minute de jeu, d'un violent choc au niveau des cervicales durant un « ruck ». Un premier diagnostic effectué sur le terrain a alors révélé une extension de la moelle épinière. Aussitôt évacué par le Smur, le trois-quart centre du RC Vannes a été transféré, dans la soirée, par hélicoptère à l'hôpital Pontchaillou de Rennes. Là, il a été opéré par des neuro-chirurgiens qui lui ont posé un greffon au niveau de la cervicale 5 et l'ont ensuite placé en état de sommeil artificiel pour l'empêcher de bouger.
Si l'opération s'est bien passée en elle-même, le communiqué de l'hôpital se voulait, lui, très mesuré. « Il ne faut pas oublier que cette blessure est très grave, » rappelle le médecin du club. « Même s'il semble ressentir des fourmillements au niveau des terminaisons, il peut rester paralyser. »
Deux accidents similaires se sont déjà produits à Vannes : le premier avait touché Thierry Picard, qui avait mis deux ans à s'en remettre ; le deuxième a cloué l'ancien espoir monferrandais Adrien Chalmin dans un fauteuil pour le reste de sa vie... Ce serait évidemment, là, le pire des scénarios : « On touche du bois ! Et on espère que son état s'améliore dans les prochaines heures. »
Une enquête de la fédération
En tout cas, de la patience, il en faudra. D'abord pour ses proches, ses partenaires et amis et, bien sûr, pour lui : « C'est le genre de blessure qui peut mettre deux mois, six mois ou deux ans à se résorber, » avertit le médecin. Mais à 31 ans, et après un tel traumatisme, il y a peu de chance que Pierre Tarance ait envie de rejouer au rugby. Ce serait évidemment terrible, surtout que selon le président Berthe, cet accident aurait pu être évité : « On ne connaît pas précisément les circonstances de ce choc. On cherche à recueillir des témoignages parce qu'on considère que les Limougeauds ont été très agressifs. La fédération va diligenter une enquête pour déterminer les responsabilités. »
Y avait-il, oui ou non, jeu dangereux ? C'est ce qu'elle va essayer de déterminer. Mais au fond, ça n'y changera pas grand-chose, Pierre Tarance a d'abord été victime de sa passion.
et Francis DERRIEN.
François LE DIFFON
Ouest-France