News RF

La pyramide des compétitions en rugby

Attention, ça va piquer !

par , le

On parle souvent de la pyramide des compétitions dans le sport et le moins que l'on puisse dire, c'est que personne ne sait à quoi elle ressemble. Comme tout licencié, j'ai reçu le RugbyMag de mai 2020 avec un dossier spécial Covid 19 où la fédération se félicite de la nouvelle organisation des championnats fédéraux. 

A la page 8, un dessin valant mieux qu'une explication, la nouvelle pyramide des compétitions est présentée. Il faut comprendre que dans l'inconscient collectif, une pyramide suit une logique avec une base solide et une pointe représentant le champion des champions ! Et donc, voici ce que la pyramide montre (nous avons rajouté les clubs professionnels afin d'étayer notre démonstration).

Comme vous pouvez le voir, c'est propre, logique et bien fait. Bref, c'est Khéops et tout le monde se réjouit de cette magnifique organisation. Mais bon, comme le soulignent des soutiens au président Laporte, nous sommes apparemment aigris et incompétents. Nous avons donc essayé d'être dans la compassion et compétents (en un seul mot) et nous avons ressorti nos travaux qui devaient nous mener à la réformer des séries territoriales. 

En fait, la pyramide des compétitions de rugby ne ressemble pas du tout à ça. Nous en sommes même bien loin et vous allez voir que les idées persistantes de poule d'accession vont transformer ce bout rouge en protubérance ressemblant plus à une excroissance honteuse qu'autre chose. Mais revenons à ce que la FFR a pondu et devrait mettre comme pyramide :

La base est fragile. En fait, nous avons affecté les clubs qui jouent dans des championnats regroupés au niveau le plus haut. Les seules quatrièmes séries uniques sont en PACA et Centre Val de Loire. Ce qui pose réellement problème, c'est la base qui sert d'évolution. Et donc, à chaque fois que l'on augmente les clubs en Fédérale 3, l'effet domino se répercute sur les plus petites divisions qui ont moins de clubs. Moins de clubs, c'est plus de distances, plus de distances, c'est plus de temps et surtout une motivation par défaut qui n'est pas la même que dans les divisions supérieures. Cela engendre des problèmes d'effectifs, des forfaits, voire des annulations d'engagement dans ces championnats. Il y avait donc urgence à modifier cela.

Mais voyons la pyramide suivante.

Et voilà notre protubérance qui ne change rien à la base, mais rajoute un niveau. Nous avons toujours le même problème dans les séries régionales. 

En 2017, nous avons travaillé avec Laurent Bourduge, aussi ex-membre de la commission des épreuves sur une expérimentation en ligue Aura avec une réorganisation des divisions et un resserrement de celles-ci. Il faut comprendre que les clubs à tous les niveaux veulent des poules géographique, de la Fédérale 1 aux séries. Notre analyse était simple. Nous avions positionné les clubs engagés dans les 6 divisions et étions arrivés à la conclusion qu'il fallait diviser par deux les compétitions si l'on voulait retrouver une base solide. Une base solide se caractérise par moins de distances entre les clubs et l'absence de contraintes afin de pouvoir se structurer. Au niveau national, la pyramide serait (enfin) la suivante :

Une évolution logique qui double à chaque niveau de la première division à la Fédérale 3. C'est lisible, logique dans un système qui prône les phases finales et qui dans ce cas ne souffre d'aucun déséquilibre. Sur les séries, les qualifications reviennent aux ligues en fonction du nombre répartis en Fédérale 3. Enfin, en régionale et district, nous répondons à la demande des clubs. 

Le point de vigilance reste les différences de niveau dans les regroupements. La première année, nous avions noté qu'il pouvait y avoir des soucis entre des clubs de deuxième série et quatrième série, mais que le niveau était assez constant au dessus. Il conviendrait d'effectuer une période de transition pour équilibrer les séries car d'une année à l'autre les fluctuations de niveau au sein d'un club peuvent être importantes.

Voilà, c'était le projet non-abouti de la commission normale des épreuves qui avait à c?ur de s'occuper des vrais problèmes de notre rugby : sécuriser la base des clubs. 

Autres news