xiberoa a écrit :Le rugby mauléonais est un rugby de gueux, de pauvres, de paysans. Mais qu’il est magnifique ce rugby fait de courage et d’abnégation! La « grinta mauléonaise » : on dirait presque que les joueurs seraient prêts à mourir devant leur ligne avec l’habit de lumière rouge et blanc, le lion sur le cœur. A Mauléon, le rugby n’est pas une religion, c’est bien plus : une culture, un art de vivre. Sans rugby, Mauléon n’est rien. Mais avec son équipe, elle devient une grande ville, dont le nom résonne dans les 3ème mi-temps de la France entière. Ici, les garçons ne naissent pas dans les choux, ils naissent un ballon de rugby dans les mains, et des pointes de 18 aux pieds. Les mauléonais sont au rugby ce que les gamins des favelas sont au football. La Soule est une petite Nouvelle-Zélande et ce que certains voient comme un loisir est pour nous comme une évidence, un appel des entrailles. Mauléon est ouvrière, besogneuse et c’est les fils d’espagnols, de portugais, mêlés aux basques qui ont fait sa force. Encore aujourd’hui, ce sont des maçons, des charpentiers, des éleveurs qui portent le fanion du club centenaire. Ils ne jouent pas pour le fric non, les maigres primes de matchs sont déjà envolées chez Jean-Pierre ou au Coucou les soirs de victoires. Ils ne jouent pas pour la gloire non plus : l’humilité y est plus forte que nulle part ailleurs. Ils jouent tout simplement parce qu’à Mauléon on joue au rugby, c’est comme ça et pas autrement. Depuis que nous savons marcher, le rugby coule dans nos veines. Nos équipes de jeunes font trembler le grand sud. Il n’y a pas de bonnes générations, elles sont toutes exceptionnelles et les innombrables boucliers de la salle de réception en sont un maigre témoignage. Cette ville, ce peuple qui a envoyé 7 de ses enfants à l’Ellis Park ou sur le mont Eden le maillot bleu blanc rouge sur les épaules… Cette ville, ce peuple qui se déplace en cohortes dans la chaleur des phases finales et qui colore de rouge et de blanc les stades croisés sur son chemin… Cette ville, ce peuple qui est capable d’attendre une équipe de cadets jusqu’à l’aube pour voir le bouclier qu’ils ramènent du fin fond du Languedoc… Cette ville, ce peuple est unique, insaisissable, et peu de privilégiés peuvent comprendre ce que c’est que le rugby de clocher, le vrai. Parlons un peu du jeu : le rugby made in Mauléon a du sang basque oui, car il repose sur la hargne et les tripes, parce que les consignes sont gueulées en euskara depuis le bord du terrain. Mais les points communs s’arrêtent là. Ici il n’est pas question de cocottes de 40m, de grandes chandelles et de charges au raz, un bandeau bicolore en guise de casque. Non, le rugby mauléonais est loin de tout ça, il est léché, élégant, cherche l’évitement et le beau geste. Vite! On écarte, on renverse, on croise, on tape par-dessus et surtout on court, on court encore et toujours. Ce rugby-là est fait pour les petits teigneux, malins et rapides. Ce rugby-là a couvert de gloire le grand Lourdes et a fait connaitre de tous le stade montois des frères Boniface. Ce rugby-là a disparu chez les pros et s’éteint doucement en amateur. La technique, elle, ne s’apprend pas dans une salle vidéo ou entre des plots et des piquets. La technique s’apprend les soirs d’étés sur le terrain de Jaï. Les gosses y font des touchés endiablés qui se terminent à la nuit tombée quand ils ne voient même plus le ballon entre leurs mains, ou que la faim devient trop forte pour continuer à faire les cons dehors. C’est là que se forgent l’instinct et la fougue, c’est là que les automatismes naissent, c’est là que les petits mauléonais deviennent des rugbymen. Mais le talent ne fait pas tout, surtout quand vous rendez 20kg et 10cm : il faut un public, et le public mauléonais n’est pas le moins bon dans son genre. Le public souletin n’est pas fair-play, non, il est moqueur, chauvin, siffle les buteurs et harcèle les arbitres. Mais qu’il est beau ce public, ce peuple qui gronde à chaque charge, trépigne quand la bascoï se prépare, hurle comme un seul homme quand l’arbitre tend le bras du mauvais côté. Marius Rodrigo est un chaudron, infernal pour l’adversaire et presque sacré pour ses protégés. Il faut les voir, et surtout les entendre, ces centaines de pieds battre les travées métalliques, ces centaines de bras frapper les talenquères du côté Chéraute. La cathédrale Rodrigo en a vu abdiquer plus d’un, et les grands noms du rugby français s’y sont cassés les dents. La messe commence à 15h, mais pas besoin d’orgue, la clameur de la foule porte jusqu’aux allées quand le vent descend des montagnes. Alors qu’importe si Goliath et sa légion étrangère a pris le bouclier à Béziers, qu’importe si des pros nous mettront 30 points tous les dimanches la saison prochaine, ce club est un grand club et le restera à jamais, en fédérale 1 ou en série. C’est un grand club car c’est la vitrine de tout un peuple fier et formidable.
la monté est acceptée alors? car en demandant apres la finale il devait y avoir une réunion ou jsais pas quoi!!! des recrues pour tenir en mélée?
tu y as mis la passion la!!! ![]()