Barack a écrit :MATDELAP a écrit :Jéhanno Florian a écrit :Un article qui fait plaisir à lire quand on voit que de nos jours on pointe du doigt le "trop d'étrangers" (tout comme Fred Michalak je n'aime pas du tout ce mot...) alors que leur présence apporte un plus, pas un moins...
Pour ceux qui n'ont pas accès à l'article :
Dans la mêlée. Hormis les Français, y compris Bretons et Wallissiens, l’effectif vannetais est riche de joueurs provenant de onze pays et de quatre continents. Et tout le monde communique.
« La langue n’est pas un obstacle entre nous. Les différences de langages ne sont pas une barrière à nos relations, ni un facteur d’isolement. »
Gwenael Duplenne, « le » Vannetais du RC Vannes insiste pour balayer le sujet qui, à ses yeux, ne fait pas débat : « La langue
n’est nullement un problème. Un nouveau joueur qui arrive vient pour ses qualités de rugbyman. Quelles que soient sa nationalité et ses origines, il va être intégré. Le jeu est déjà un langage à part entière. »
Il pousse même jusqu’à l’anecdote : « Les joueurs d’une même nationalité, en dehors du terrain, parlent entre eux leur langue natale. Mais parfois on les surprend à parler en français. »
Au regard de l’effectif et ses onze nationalités, on peut se demander comment les joueurs fonctionnent pour échanger, se comprendre. « Sur le terrain, il y a aussi des codes entre nous, propres au jeu, à la tactique. C’est le langage gestuel du rugby », ajoute l’ailier.
Cours de langue proposés
Ce melting-pot est un modèle. Des cours sont offerts par le club, à ceux qui le veulent, pour apprendre le français.
Le contingent de joueurs venus des quatre continents est pléthorique. Les Fidjiens sont les plus nombreux. Ils prient avant le match, et aussi après, sur la pelouse.
Manoa Vosavai est Fidjien d’origine. Il a épousé la nationalité italienne en ayant séjourné 8 ans chez nos voisins transalpins. Il a aussi conservé un lien avec les Gallois, en ayant joué deux saisons à Cardiff. Alors, pas étonnant qu’avec la richesse de ce parcours, il a été élu capitaine chez les Bretons du RC Vannes.
Éric Fry, et sa barbe blanche, est Américain. Il a également la nationalité allemande. L’Allemagne ? Ce pays n’est pourtant pas connu pour son rugby. Et pourtant, la charnière (demi d’ouverture, demi de mêlée) est constituée de deux joueurs (Christopher Hilsenbeck et Tim Menzel) qui ont appris à leur naissance la langue de Goethe.
Leur français, parfaitement parlé, et judicieusement distillé pratiquement sans accent, étonne.
Parmi les origines les plus exotiques, on retrouve le jeune Géorgien Nika Neparidze, arrivé à l’intersaison. On le dit plutôt timide. Cette retenue, en dehors du terrain, est trahie par un joli sourire.
Il est fier de pouvoir parler la langue de Molière : « Je suis arrivé de Géorgie en 2015. J’ai appris le français à Clermont-Ferrand. On m’a même délivré un diplôme. Si je ne le parle pas encore très bien, je comprends tout. »
« Si j’ai besoin, il traduit »
Et le coach, Jean-Noel Spitzer, comment fonctionne-t-il ? « Je parle français. Gérard Fraser, entraîneur des arrières est bilingue, Français-Anglais. Si j’ai besoin, il traduit. Ici tout le monde comprend le français ou l’anglais. »
Pour l’incontournable Jean-Claude Le Beller, intendant administratif, c’est parfois « techniquement un peu compliqué. Je suis un peu leur papa. Je me charge des dossiers et du suivi des visas des joueurs et de leur entourage. Je peux échanger avec eux en français et en anglais. Même si je ne suis pas pointu dans la langue de Shakespeare. Quand j’ai besoin, je trouve un interprète au sein groupe. »
Les joueurs constituant le groupe professionnel sont d’origines, de religions et de croyances différentes.
Mais le rugby et les liens humains qui en découlent constituent une unité sans faille.
Et pas que sur le terrain.
Le problème n'est pas CONCRETEMENT qu'il y ait trop d'étrangers. Personne ne leur en veut de nous apporter leur bonne humeur, leurs coutumes, leurs énergie et accessoirement leurs larges épaules.
Le problème est dans le corollaire : il n'y a pas assez de bons français à des postes clefs, sans quoi les Bleus seraient mieux classés.
Pourtant, l'alternance à un poste entre un étranger et un Français peut permettre une progression vertueuse (Wilkinson formant les petits jeunes au jeu au pied, Chalmers apportant sa science de la touche, ou tout simplement le charisme d'un Conrad Smith).
Mais trop souvent l'étranger est préféré : soit c'est une star et il est constant dans son niveau de jeu, soit c'est un inconnu et il est moins cher qu'un Français. Dans les deux cas, le risque est qu'au lieu de l'alternance vertueuse s'instaure une exclusivité dont les seules victimes sont finalement les Français.
Il faut arrêter de balayer le débat en l'étiquetant "raciste" ou "chauvin". Il n'y a pas trop d'étrangers dans nos championnats, mais ils ont la plus belle part du gâteau sur le temps de jeu.
Le problème ne se poserait pas si les joueurs français étaient meilleurs. Les étrangers ne sont pas un problème mais une excuse.
Je n'aurais pas mieux dit!