je suppose que allrugby les met là, parce qu'il faut les mettre quelque part. Pas forcément vrai (et les clubs concernés raleraient.
Ouest-France :
Jean-Noël Spitzer, l’entraîneur d’un RCV largement dépassé dans tous les secteurs de jeu par Provence vendredi, regrettait que son équipe ait souffert d’une certaine inexpérience, liée aux absences sur blessure de nombreux cadres.
Vous annonciez venir à Provence avec des ambitions. Comment expliquez-vous une défaite de cette ampleur ?
On sait très bien que l’équipe est extrêmement jeune. Surtout notre paquet d’avants, qui est aussi peu grand et pas très athlétique. On manque aussi de hauteur, et on a beaucoup de joueurs expérimentés à l’infirmerie, qu’on ne va pas récupérer tout de suite. On fait avec les joueurs disponibles, de bons éléments mais qui doivent gagner en expérience. Aujourd’hui, on paye cette jeunesse, mais pas que. Aussi un petit défaut d’engagement et d’agressivité sur l’entame de match, qui laisse trop facilement Provence Rugby prendre le score. C’est la responsabilité des joueurs, même si la situation est ce qu’elle est. C’est aussi un choix du club de prendre beaucoup de jeunes joueurs JIFF. Ils donnent satisfaction, mais aujourd’hui (vendredi soir), on a été pris comme des lapins dans les phares d’une voiture. C’était trop compliqué. Dès qu’on doit faire sans quelques leaders, on est fragile.
Avez-vous l’impression de toucher aux limites de votre effectif actuel ?
Oui, on touche aux limites. Mais on a aussi pris des tartes dans la gueule l’année dernière, avec des joueurs expérimentés. Ici (à Provence), Dan Tuohy, Hugh Chalmers ou Albert Vulivuli jouaient la saison passée, et ça ne nous avait pas empêchés de prendre quarante points. Mais clairement, il faut qu’on acquière de l’expérience, et ça passe aussi par le vécu. Les joueurs doivent tirer des leçons pour pouvoir progresser. Parce que ceux qui ont joué rejoueront. Je n’ai pas d’autres deuxième ligne, pas d’autres troisième ligne, et je ne peux pas faire toute la saison avec juste Christopher Hilsenbeck en numéro 10. Il faut que d’autres joueurs prennent de l’expérience. Mais toutes les équipes de Pro D2 prennent des claques, à part celles de haut de tableau.
Avez-vous senti, au-delà, un défaut d’engagement sur cette reprise de bloc, comme sur le premier avec la défaite à Carcassonne ?
Sur les dix premières minutes, il y en a. Sur les ballons portés, on ne doit pas subir comme cela. On a perdu les premiers duels défensifs. Après, les joueurs sont revenus dans l’engagement physique, se sont accrochés, se sont battus. Ils ont proposé quelques situations intéressantes. Mais lorsque le niveau d’engagement est revenu à un seuil satisfaisant, on a trop manqué de maîtrise. Sur les sorties de camp, le jeu au pied, des pertes de balles sur les situations d’avancée… Des choses qui doivent être maîtrisées malgré la jeunesse de l’effectif. On a rendu des ballons trop facilement à l’adversaire, sans mettre suffisamment de pression. On n’a pas tapé les nombreux renvois comme on avait prévu de le faire. Il faut aussi respecter un plan de jeu, les rôles de chacun, les zones de jeu. Mais c’est une équipe jeune, et c’est comme ça dans la constitution du club. C’était évident qu’on en devait passer par là. Aujourd’hui, j’ai plus de 50 % de ma masse salariale à l’infirmerie, donc je dois faire jouer les jeunes. Ils gagnent de l’expérience, tant mieux. Bonne ou mauvaise, elle doit nous servir plus tard.
Vous vous attendiez donc à vivre ce genre de déroute ?
Oui, je m’attends à vivre des moments difficiles comme ça. Ce que je veux, c’est qu’on arrive petit à petit à ce que les joueurs se révèlent, gagnent en expérience, en maîtrise. Ça va le faire, mais on ne part pas dans les mêmes temps que tout le monde. L’équipe d’Aix-en-Provence, si on calcule le nombre de matches en professionnels cumulés, si on regarde les différences athlétiques et de morphotypes… C’est le jeu, il faut qu’on trouve des solutions. Mais je ne suis pas inquiet. Il faut simplement s’accrocher. Ça nous est déjà arrivé de le faire.
Évidemment, ça rend les victoires à domicile, notamment contre Aurillac la semaine prochaine, encore plus nécessaires…
On aimerait prendre plus qu’une victoire à domicile. Mais oui, on va déjà se concentrer sur Aurillac, c’est un match important pour ne pas plonger dans le classement. Rester le plus longtemps possible invaincu à domicile, c’est déjà très sécurisant. En sachant que la réception suivante sera Grenoble, et que dans l’état actuel des choses, avec notre effectif, ça nous paraît compliqué de les jouer…