On voit un peu le club comme une start-up. Depuis la chute du LMR, le club vit une croissance accélérée grâce à la récupération des attributs du LMR (infrastructures, financements, joueurs, encadrement), ce qui enthousiasme tout le monde. On communique à outrance et sans fondement sur une ambition Pro D2 / Top 14 qui manque de bases solides... Cela crée énormément de déceptions, mais c'est normal.
Je trouve qu'on a perdu le sens de la valeur travail. Le club vit de ces financements mais ne crée pas ou peu de valeur : pas d'augmentation significative de partenaires ou de public. Pareil sur la formation : on a progressé grâce au recrutement mais pas à la formation et au développement de nos locaux. Et donc, l'un dans l'autre, on n'arrive plus à recruter des joueurs assez forts pour avoir un vrai impact sur l'équipe. Aujourd'hui tout le monde le voit, on ne peut plus se cacher et on n'est pas capable pour le moment de répondre au niveau d'exigence de la Nationale à tous les niveaux. Je serais même pour une descente du club afin de retrouver de l'oxygène (financièrement, sur la formation, etc.) et de pouvoir travailler de manière sereine sur du temps long. On le voit avec Rennes, qui est plus fort après une descente, sans changer en rien l'objectif à long terme.
Aujourd'hui, objectivement, en Nationale, vous avez des clubs qui sont professionnels dans leur approche depuis 30 ans (passage au professionnalisme en 1995) : Narbonne, Bourgoin, etc. Nous, c'est récent. Ces clubs ont créé de vrais actifs tangibles sur :
- La formation, avec un CDF structuré depuis longtemps
- La culture et la renommée au niveau local, qui permettent de structurer un modèle économique
- L'expertise sur toutes les strates du club (administration et partie rugby)
Aujourd'hui, on a juste posé les premières pierres de cela, mais on n'a pas encore de résultats car ça porte ses fruits sur du temps long. On ne peut pas compresser ce temps. On n'a rien sans rien, il n'y a qu'une chose qui paie : c'est le travail constant sur du temps long.
(Toulouse, La Rochelle, Bordeaux, Vannes ou même, plus à notre niveau, Massy à hauteur de ses moyens : c'est 20 ans à appliquer et travailler avec la même équipe, la même philosophie, la même stratégie.)
L'important, ce n'est pas le classement, c'est :
- La santé économique du club
- Le développement des jeunes
- La structuration du management
On le lit dans midol toutes les semaines des clubs qui sont aller trop vite, l'enthousiasme et l'énergie n'est plus là. Rouen encore la semaine dernière qui dit chercher de nouveau investisseurs (le président serait prêt à laisser le pouvoir), qui est à la peine dans les résultats, qui prévoit une grosse baisse de budget en cas de non monté cette année. A l'inverse d'un Club comme Vannes qui indépendant du classement ne cesse structuré et de progressé indépendamment du niveau. Aucune baisse de budget malgré la décente en prod 2, agrandissement du stade, délocalisation (+30k personne pour un match de prod 2), diffusion des match le dimanche soir etc. Mais avant ca 20 ans de travail pour construire un modèle robuste, avec des moyens restreint en gagnant systématiquement de l'argent et en réinvestissant tous les profits. Le budget à fait fois 10 en 10 ans est toujours à l'équilibre
Dernière modification par RuckMaster (05/11/2025 12:16:50)