On peut aussi porter le débat sur la pérennisation du modèle économique de ces Nationales (1 et 2).
Si on considère que le budget moyen d'un club de Nationale est de 3,5 millions et de celui d'un club de N2 (bien gonflé par les nouveaux venus cette année) avoisinne les 1,8-2 millions d'euros, on situe l'ensemble de l'économie Nationale autour de 90 millions (100 millions si on veut faire simple).
Je ne connais pas en profondeur le modèle économique des clubs mais il me semble qu'il y a tout de même une forte dépendance vis-à-vis de mécènes plus ou moins généreux et plus largement, de tissus de petites et moyennes entreprises locales qui font le gros des apports budgétaires.
On sait que dans tout cela, la dépendance aux collectivités territoriales est réelle pour beaucoup de clubs, notamment de N2 mais aussi de N1, car derrière les seules questions de budget, il y a des dépendances en matière d'infrastructure qui sont bien réelles et ne sont pas prises en compte dans les budgets.
Et il me semble (mais peut-être que je me trompe) que les apports propres de chaque club (billetterie, buvette, événements, etc.) sont relativement faibles dans les budgets.
Ma question est donc la suivante : dans un contexte de contraction budgétaire, de récession annoncée qui va d'abord impacter les PME et de restriction des capacités d'action des collectivités, comment est-ce qu'une économie comme celle du rugby de Nationale telle qu'organisée aujourd'hui a des chances de survie ? A plus forte raison dans des zones où il y a concentration de clubs (Sud ouest, Rhône Alpes).
Je crois que la réponse on la connait tous. Evidemment que des locomotives vont tenir, on voit par exemple mal le Servette s'effondrer. Néanmoins, 100 millions annuels (en croissance probable du fait de l'inflation des salaires de joueurs) à trouver dans un contexte où les affluences dans les stades stagnent (malgré les montées F1/N2 par ex.) cela semble compliqué. Le tout dans un contexte de concurrence avec les clubs des divisions pro et fédérales, de concurrence avec d'autres sports pour les ressources publiques et privées. Et le tout sans redistributions de droit télé pour oxygéner les clubs.
Certains clubs cherchent à accroître leurs financement propre (c'est le cas à Rumilly) mais cela repose aussi sur une économie là aussi fragile et précieuse : l'implication de bénévoles.
On peut appeler les responsables de clubs à être responsables. Mais il n'y a pas d'avenir très pérenne à rester à long terme en N2 par exemple : ça coûte très cher, et ce n'est pas hyper exposé . Il faut donc nécessairement se structurer pour la N1. Avec les risques que cela comporte et la fuite en avant me semble difficile à tenir. Néanmoins, 100 M€ à lever chaque année pour 36 clubs de 3e et 4e niveau d'un sport qui n'est pas le sport n°1 en Frnace, en cette période, on peut se dire que ça va être très compliqué.
Dans ce contexte, le retour en arrière aux 48 clubs de F1 pourrait être une solution car à première vue cela augmenterait les ressources propres des clubs (plus de derby, plus d'affluence). Néanmoins, rien n'est assuré. Et tout le monde sait la complication d'un retour en arrière (beaucoup plus difficile que lors de la première expérimentation de la poule d'accession) justement car les pressions économiques sont trop importantes pour ceux qui sont structurés pour la N1.
Moi je serais hyper preneur du modèle économique d'un club comme Langon qui semble particulièrement vertueux et pourrait inspirer.
Dernière modification par Jean Rumilly (09/10/2024 20:24:59)