le 04/04/2011 02:01
Rugby / Fédérale 1 : le maintien du Racing est en poche
Ils ont tenu parole
Ça y est ! Le Racing rejouera en Fédérale 1 la saison prochaine. Après une bonne entame, la dernière levée synonyme de maintien ne fut pas la plus emballante, malgré les quatre essais inscrits. Mais l’essentiel est acquis. Le capitaine Nicolas Tisané et les siens ont tenu parole.
Une haie d’honneur de l’école de rugby a salué l’entrée des Strasbourgeois sur le terrain – ici Gelantia, Giucal et Schoonbee – pour ce qui devait être le match du maintien. ( Photo DNA -Jean-Christophe Dorn)
RC STRASBOURG 31
CERGY-PONTOISE 13
Mi-temps : 17-0. 900 spectateurs. Arbitrage : M. Hand (Alpes).
RACING : 4 E Bronquard (14 e), Pauthe (24 e), Farmer (64 e) Tisané (78 e) ; 4 T Farmer ; 1P Farmer (35 e)
CERGY : 2 E Le Calvez (43 e), Jabr (69 e) ; 1 P Boinne (56 e),
Cartons : blancs à Heitz (68 e) pour le Racing, à Hamadache (12) pour Cergy.
RACING : Montoya ; Caro (Le Palud 55 e), Bonjean, Duvernois (Darleux 73 e), Pauthe ; (o) Farmer, (m) Satgé (Brisse 55 e) ; Tisané (cap.), Sallaberry, Bronquard (Douchin 80 e) ; Schoonbee, Giucal (Heitz 55 e) ; Gelantia (Holtzinger 60 e), Machu (Ammour 80 e), Kapseu (Fernandez 80 e).
CERGY : Herminier ; Sabliet, Guyou (cap.), Richardson, Le Calvez ; (o) Boinne, (m) Domin ; Bernard, Goncalves, Cheminet ; Machefert (Letellier 34 e), Boubekeur (Gros Desormeaux 34 e) ; Gabelle, Pedroza (Jabr 51 e), Hamadache.
Le mardi 29 juin 2010, deux jours après être devenus vice-champions de France de Fédérale 2, les joueurs avaient fait bloc devant l’hésitation compréhensible des dirigeants. « Oui, nous voulons monter en Fédérale 1, nous sommes prêts à nous investir pour que le club y arrive économiquement, et surtout, nous allons le maintenir à ce niveau. »
« J’ai mis trop d’émotion dans mon discours de la mi-temps »
Voilà qui est fait. Et de belle manière. En assurant le maintien à deux journées de la fin, en étoffant leur palette pour présenter un jeu séduisant, même si ce fut moins le cas hier, et en créant l’événement autour du club, comme le démontrent les près de 1000 personnes ayant convergé vers Hautepierre deux dimanches de suite.
Mentalement, une fois encore, les Strasbourgeois ont été fidèles au rendez-vous. Ils ont pris le match par le bon bout, concassant leurs adversaires durant la première demi-heure. Néanmoins, à trop vouloir en faire, ils ont laissé filer quelques occasions : mauvais choix de Farmer à la 7 e, relance de Farmer qui met sur orbite Montoya dont la passe croisée échoue (17 e), passe au pied de Farmer pour Bonjean qui arrive un poil trop tard (20 e), débordement rageur de Caro que ses coéquipiers ne peuvent convertir (37 e).
Par deux fois, les Franciliens ont tout de même cédé, sur un maul conclu par Bronquard (14 e), puis une action au large Bonjean/Duvernois voyant Tisané, le long de la touche, servir au pied (!) Pauthe dont la course s’achevait sous les poteaux (24 e).
Après une pénalité de Farmer, le 17-0 de la mi-temps n’était pas cher payé. Et surtout, il aurait pu s’avérer trop court. Car après le repos, on n’a pas reconnu les Strasbourgeois, broyés en mêlée, mous sur les placages, pris de vitesse. « Je suis le seul responsable, concédera Philippe Braem. J’ai mis trop d’émotion dans mon discours de la mi-temps. Je me suis planté. » On ne trouvera personne pour lui en vouloir.
Le contre de la mobylette Le Calvez sur un cafouillage de Montoya dès la reprise, suivi de la pénalité de Boinne (17-8, 56 e) ont instillé le doute, tout comme l’essai collectif, signé Jabr de la 69 e (24-13).
« Physiquement, psychologiquement, on est cuit », résumera Émile Bronquard. « Néanmoins, les gars ont su gérer, a souri Braem, en se ré-appuyant sur les avants. » De quoi permettre à l’inévitable Farmer, servi par Brisse derrière son pack, de voir l’ouverture et de s’y engouffrer (64 e), puis au capitaine, comme un symbole, de bonifier un dernier maul (79 e).
« Quel beau jour », a sobrement, mais la larme à l’œil, résumé et conclu Jean Orange, membre d’honneur du Racing et ex-vice président, tandis que l’euphorie gagnait le vestiaire. Joies partagées, joies légitimes.
Rémy Sauer
(merci les DNA pour cette photo ♥)